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[CRITIQUE] – Detour (2016)

[CRITIQUE] – Detour (2016)

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Réalisé par : Christopher Smith

Avec : Tye Sheridan, Emory Cohen, Stephen Moyer et Bel Powley

Sortie : 2017

Durée : 1h20min

Distributeur : UFO Distribution



 

Synopsis :

Harper, un jeune étudiant, déteste son beau-père, responsable d’un accident qui a plongé sa mère dans le coma. Un soir, alors qu’il noie son chagrin dans l’alcool, il élabore un plan avec un voyou et une stripteaseuse pour l’assassiner. Le lendemain, à peine remis de sa cuite, Harper n’a pas le temps de se souvenir de sa rencontre qu’il se retrouve embarqué dans une virée vengeresse, contraint d’assumer ses choix…

4/5

Christopher Smith, visionnaire du cinéma indé tel qu’on le connait, n’a pas manqué d’originalité et de talent pour cette nouvelle oeuvre. Après avoir envahi de peur le métro londonien dans Creep et après avoir été primé à Gerardmer pour Triangle, le réalisateur britannique s’attaque à un scénario simple qui gagne en complexité grâce à une maîtrise rare de la narration. À première vue, l’histoire n’a rien d’original, mais ce pseudo road-trip camoufle une quête de vérité bien plus complexe pour le spectateur. Sans jamais nous perdre ou nous abandonner, Detour est le fantasme de tout réalisateur : nous guider vers les chemins qu’il souhaite tel un magicien sans qu’on en devine les secrets.

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Au delà d’une maîtrise narrative, Detour s’entoure d’une très bonne équipe, à commencer par le casting. Le jeune acteur Tye Sheridan, aperçu récemment dans X-men Apocalypse, s’offre le rôle principal avec face à lui Emory Cohen, approché pour jouer Han Solo jeune dans le prochain Spin-off Star Wars, mais aussi la méconnue Bel Powley. Trio efficace de jeunes acteurs qui démontre la prise d’assurance du réalisateur quant à sa mise en scène. Il faut aussi souligner la performance de John Lynch : l’acteur de seconde zone s’offre ici un très bon rôle de méchant. Quant à vous, fans de la série True Blood, vous retrouverez l’acteur et maintenant réalisateur Stephen Moyer (Bill Compton) dans un second rôle.

Si le film s’offre un style inspiré des thrillers noirs de l’époque d’Edgar George Ulmer dont il a d’ailleurs repris le nom du film Detour, il s’offre en revanche une bande originale et une image dynamiques, colorées et très jeunes en inéquation avec le reste. On y retrouve dans le film la pureté de l’image, mais surtout de la narration.

Raconté de manière originale, Detour vous plongera dans une quête de vérité. Que s’est-il vraiment passé ? Quand on croit savoir, Christopher Smith nous envoie un nouvel indice qui prouve le contraire, ou du moins qui nous ramène à autre chose. Sans se perdre, on navigue dans une narration parfaite, largement amenée et maîtrisée par le montage. Car oui, le montage est un outil que finalement très peu de réalisateurs utilisent. Il retrouve ici toutes ses lettres de noblesse et donne au film un nouveau sens, une nouvelle dimension qu’il n’aurait surement pas eu sans.

Ainsi avec DetourChristopher Smith nous dévoile son oeuvre la plus maîtrisée, film indépendant ou expérience narrative pour le réalisateur, il vaut le détour!

Divertissement indépendant, Detour est l’exemple d’une certaine maîtrise narrative. 

 

Hugo Leclerc Fondateur du site, j'ère aussi bien dans les salles de cinéma que sur les plateaux.