517554.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxRéalisé par : Michael Bay

Avec : John Krasinski, James Badge Dale, Max Martini

Sortie : 30 mars 2016

Durée : 2h24

Budget : 50 millions de dollars

Distributeur : Paramount Pictures France

3D : Oui – Non

Synopsis :

Benghazi (Libye), 11 septembre 2012. Face à des assaillants sur-armés et bien supérieurs en nombre, six hommes ont eu le courage de tenter l’impossible. Leur combat a duré 13 heures. Ceci est une histoire vraie.

 

2.5/5

Bim boum badaboum en Libye

Michael Bay est comme ça : entre deux volets de Transformers a.k.a les machines à billets volantes de près de 200 millions de dollars de budget chacune, le réalisateur américain se permet une incursion dans des histoires vraies. Après l’étrange No Pain, No Gain, Bay s’attelle à un événement bien plus récent, marquant dans l’histoire américaine (évidemment) mais surtout dans notre actualité : l’attaque de l’ambassadeur John Christopher Stevens à Benghazi (Libye),  survenue le 11 septembre 2012. Attention, il s’agit d’une histoire vraie (argument lourdement martelé dans la promotion et à l’ouverture du film)… mais comme il s’agit d’un film d’action, et surtout d’un Michael Bay, cela donne prétexte à de lourdes scènes d’action, de démolition, et d’explosions. Bref, le maître des explosions n’a pas perdu la main, mais qu’en est-il du regard adressé par le réalisateur envers son propre pays ? Verdict.

Un élan pas si patriotique que cela ?

Oui, 13 Hours comporte son lot de plans sur le drapeau américain (serait-ce réellement vous spoiler que dire que l’un des derniers plans en est un, à l’instar d’un certain San Andreas ?). Oui, 13 Hours comporte aussi beaucoup de musiques ronflantes signées Lorne Balfe, mettant irrémédiablement en valeur l’héroïsme et la bravoure de nos six soldats parés à faire face à une armée d’islamistes. Oui, l’accroche du film est particulièrement glorifiante pour eux – puisque c’est le cas : survivre à une telle attaque pendant aussi longtemps relève de l’impossible. Sous couvert de ses têtes d’affiche (inconnues au bataillon) testostéronées et prêtes à se balancer de la bonne vanne masculine (on pense aussi au sympathique Boon – David Denman – qui accumule les références aux films du genre comme La Chute du faucon noir), 13 Hours n’oublie pas pour autant de pointer du doigt la responsabilité des services secrets américains concernant la mort de l’ambassadeur Stevens (incarné par Matt Letscher) : que faut-il attendre pour prendre une décision ? Doit-on être prêt à rompre un secret d’état pour sauver une vie ? Si 13 Hours n’est pas non plus un festival d’action et d’explosions du début jusqu’à la fin, ce à quoi l’on s’attend en allant voir un film de Michael Bay, c’est bien parce que cette équipe de soldats est confrontée à un temps de latence. Un temps perdu, pendant que l’horreur et la violence s’abattaient à quelques centaines de mètres d’eux à peine.

Malgré tout, le film tombe dans les poncifs du genre et véhicule trop facilement le cliché des « gentils américains prêts à descendre les méchants terroristes ». Il ne manquerait plus que Donald Trump sorte d’un buisson pour risquer un amalgame foireux, que Michael Bay s’empresse tout de même de balayer à la fin de son long-métrage. Ouf, on a échappé de peu à la controverse… Quoique ? La décision d’appuyer le marketing du film auprès de l’électorat conservateur aux US, alors que le long métrage de Bay se veut neutre de tout engagement, c’est… étrange. Tout comme de choisir de mettre en valeur les grandiloquentes critiques américaines sur les affiches françaises du film : « LE MEILLEUR FILM DE MICHAEL BAY ! », nous dit-on, carrément ! On tiendrait presque le nouveau « Ma vie ce film est une dinguerie ! »…

Notre quota d’explosions annuel a été atteint : merci Michael !

Nous sommes quand même un peu mauvaises langues. Quand il s’agit de passer à l’action, Bay ne lésine pas sur les moyens (malgré un « faible » budget de 50 millions de dollars), et ça envoie, malgré quelques scènes captées en GoPro ou similaires un peu foireuses. 13 Hours réserve donc une bonne heure d’action, de mitraillages excessifs (n’oubliez pas vos boules Quies comme l’un des soldats !), d’explosions et de flammes partout, de jolis ralentis avec plein d’étincelles, mais surtout quelques petits moments gores. Car oui, il en fallait. À la guerre comme à la guerre, soyons fous. Malgré un conflit essentiellement statique (les attaques et contre-attaques exercées à l’encontre de la mission américaine), 13 Hours sait faire ce qu’il faut pour occuper son spectateur entre deux vagues de rafales. Si seulement ce n’était pas aussi cliché, cela aurait été superbe : tout soldat se doit de pleurer sa famille (que l’on verra bien évidemment dans des couleurs fantasmatiques, beaucoup plus chaudes, lumineuses et oniriques. Michael Bay, quoi.), mais aussi d’encaisser l’échec face à des situations parfois un peu tire-larmes. Tout comme glorifier une montagne d’hommes était un peu trop facile, il fallait tout de même que Bay se force presque à mettre en avant un personnage féminin : Sona Jilliani, une agent infiltrée sur place, incarnée par la française Alexia Barlier. Malheureusement pour elle, 13 Hours est un film de bonhommes, puisqu’elle n’a droit qu’à quelques secondes de gloire – et encore, on se remet difficilement de la petite humiliation qu’on lui fait subir lorsqu’elle monte sur un toit… Ne t’en fais pas Michael, un jour, on est sûr que tu arriveras à avoir un personnage féminin en dehors de stéréotypes pompeux (qui a dit Megan Fox dans le fond ?) !

Malgré son enfermement dans de nombreux poncifs du genre, Michael Bay se fait plaisir avec 13 Hours, qui demeure un agréable divertissement.

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