American SniperRéalisé par : Clint Eastwood


Avec :
Bradley Cooper, Sienna Miller


Sortie : 
18 février 2015

Durée: 2h15


Budget: / 


Distributeur :
Warner Bros. France

3D: Oui – non

Synopsis :

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Parallèlement, il doit mener un autre combat, mais sur le plan personnel cette fois : tâcher, coûte que coûte, d’être un mari aimant et un bon père à des milliers de kilomètres de distance. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais lorsqu’il retrouve sa femme Taya Renae Kyle (Sienna Miller) et ses enfants, Chris prend conscience que la guerre continue de le hanter.

4/5

En course pour les Oscars, American Sniper fait déjà un carton au box-office américain, avec plus de 300 millions de dollars de recettes depuis sa sortie en décembre. Rassurant pour un Clint Eastwood réalisateur qui renoue enfin avec le succès après un J.Edgar en demi-teinte et un Jersey Boys passé aux oubliettes l’été dernier. « Film de propagande » pour certains, « le meilleur Eastwood » pour d’autres, qu’en est-il réellement ?

American Sniper

Retour au biopic pour Clint Eastwood après Invictus et J.Edgar : difficile de se faire une place parmi les quelques films du même genre sortis depuis ce but d’année, comme Imitation Game ou Invincible. Il s’agit ici de revivre la guerre en Irak, sous l’œil d’un seul homme : Chris Kyle, considéré comme le Sniper le plus redoutable de l’histoire américaine. Si le scénariste Jason Hall et Bradley Cooper étaient présents dès l’origine du projet, Eastwood a repris le flambeau de Steven Spielberg, décidant de quitter la réalisation à cause d’un budget trop limité.

Et il a bien fait, car American Sniper prend aux tripes. Le « budget trop limité » de Spielberg suffit largement pour produire un film juste. La caméra d’Eastwood se place au plus près des soldats pendant les scènes de guerre, toujours avec une grande stabilité d’image. Le montage sonore marque par son efficacité : les tirs et explosions fusent tout autour du spectateur, perdu au milieu du champ de bataille. L’immersion est maximale, si bien qu’Eastwood ne cherche pas à éviter les atrocités vécues par les soldats. Certaines scènes sont dures, mais elles vont jusqu’à dépasser certains tabous cinématographiques : si Kyle dit avoir dû tuer une femme et un enfant lors de son premier jour d’intervention, alors Eastwood le montre. Il n’y a pas de détour possible à l’image.

American Crime

Le film d’Eastwood suit la même construction qu’une tragédie antique, rythmée par les quatre interventions de Chris Kyle en Irak, suivies de son retour au pays. Les bases sont posées avec l’engagement de Kyle dans l’armée. Vient la découverte du front et des figures à abattre : le Boucher, tyran sanguinaire et Mustapha, un Sniper terroriste. La mission de Kyle se complète par un désir de vengeance envers ces deux figures de tortionnaires animant sa dernière sortie. Enfin, l’acmé, le retour au pays : comment retrouver une place après des années de combat ? Un dernier acte qui laisse de marbre.

À l’atrocité de la guerre se mêle une tension permanente, exacerbée par un grésillement sonore caractéristique de la crainte éprouvée par Kyle. Une tension qui le poursuit même lors de ses multiples retours en Amérique. Tout bruit étranger entendu en hors-champ devient symptomatique des combats pour le personnage de Cooper.

Un Bradley Cooper presque méconnaissable pour le rôle de Kyle, d’ailleurs. En piste pour l’Oscar du meilleur acteur, on comprend désormais pourquoi : il incarne avec une grande justesse ce soldat torturé par les combats jusque dans sa vie familiale. La relation du couple Bradley Cooper/Sienna Miller est centrale, et l’alchimie fonctionne. Les passages de la vie quotidienne du couple ne basculent pas dans une dramatisation poussée. Il y a certes quelques petites répliques un peu graveleuses, que ce soit dans le couple ou entre les soldats, mais elles font le charme des personnages.

Émerveillés, c’est le mot. Nous sommes émerveillés de revoir Clint Eastwood au sommet de son art, offrant ainsi à Bradley Cooper l’un des plus beaux rôles de sa carrière. La tension et la peur permanente sont restituées avec justesse dans un film haletant.

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