[AVIS] Arès, maladresses pardonnables !

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Synopsis:
« Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en oeuvre pour les sauver : elle et ses filles. »

3.5

Quand le cinéma français s’essaie au cinéma hollywoodien, souvent, on se plante ! Sorti des grandes comédies populaires ou de ses stéréotypés mélodrames, on peut penser que le septième art français ne sait rien faire d’autre. Alors oui, nous avons Besson. Mais écartons tout de suite ses budgets ahurissants et ses acteurs bankable (pour rappel, son prochain film Valerian possède un budget de 197 millions d’euros). Nous parlons ici principalement des films dans l’hexagone ne dépassant pas un budget de 10 millions d’euros.

Et puis tout à coup débarque Arès, le nouveau film de Jean-Patrick Benes. Les premières images avaient fait peur à pas mal de monde. « Pourquoi cela serait-il réussi ? », « Vous avez vu, ils copient Hollywood », « encore un truc français qui veut faire original »… Sauf que cette fois et contre toute attente, Arès fonctionne très bien ! Cette réalisation n’est absolument pas prétentieuse. Elle ne se définit pas comme un blockbuster et n’essaie pas d’en être un. Avec un budget fixé à 5 millions, le réalisateur, le producteur Matthieu Tarot et toute leur équipe vont prouver qu’il est possible d’offrir quelque chose de bien.

Mélange de film d’anticipation, de drame et d’action, Arès possède beaucoup plus de codes cinématographiques américains que français. Mais étant conscient de ce que leur budget leur impose, Arès construit sa force sur la crédibilité du récit. Le réalisateur n’a pas tenté de faire des séquences ultra impressionnantes ou pleines de cascades à la Mission Impossible, à l’échelle de leur budget. Cela aurait été catastrophique. Donc, Jean-Patrick Benes s’est a priori concentré sur des choses plus faisables, et a préféré les améliorer au maximum pour un rendu très convaincant. Et Arès possède quand même de quoi vous rassasier visuellement (accompagné d’une bande originale vraiment adéquate).

Arès peut parfois sembler un peu mal interprété. Pas pour tous les acteurs, ni de façon constante. Mais la majorité des personnes a, à un moment où à un autre, sa petite phrase pas crédible, sa réplique de trop. Ces quelques faux pas dans les dialogues font sourire le temps d’une poignée de seconde, puis le film replonge le spectateur dans ce qu’il possède de plus sérieux. Oui, certaines répliques passent bizarrement mais les punchlines en français sonnent toujours étrangement dans nos oreilles (quel que soit l’art, en musique par exemple, ça rend toujours mieux en anglais !). Et finalement, cela donne presque un charme à Arès. Bref, les conversations entre les protagonistes dans la réalisation de Jean-Patrick Benes se placent tout de même bien au-dessus de celles entendues dans de nombreux autres films français. Ces maladresses ne plombent pas la qualité de ce film à 5 millions d’euros.

En plus de cela, les personnages et leurs traits de caractère sont eux, bien écrits. Ils évoluent ensemble dans un Paris hostile et complètement futuriste. Jean-Patrick Benes a éteint de ses mains la Ville Lumière pour en faire un round géant où toutes les dépravations sont possibles. Et on peut dire que le rendu est satisfaisant.

La mise en place du cadre du film est un trop longue. En réalité, elle ne dure peut être que quinze, voire vingt minutes grand maximum. Arès part sur des bases stables, mais un peu trop alambiquées. La contextualisation est un peu lourde et le public peut avoir du mal à accrocher à l’histoire au début. L’intrigue est très attrayante mais la manière d’y plonger le spectateur est un peu lourde. De plus, les personnages ne sont pas tout de suite attachants. Peu d’enjeux et peu de compassion pour le public derrière l’écran. Ceci dit, cela peut être un mal pour un bien. En effet, une fois ces premières minutes passées, boum ! Jean-Patrick Benes offre le film tant attendu.

Le développement des personnages et la création de leurs liens, de leur relation, sont d’autant plus captivants que le spectateur était un peu mis à l’écart au début. Le monde dans lequel ils évoluent a été posé pendant les premières minutes et désormais, tout est limpide et le film captive énormément jusqu’à ses dernières secondes. Après l’effort donc, le réconfort ! Il faut s’accrocher au début pour pouvoir apprécier Arès à sa juste valeur par la suite, parce qu’il le vaut !

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