[AVIS] Le Monde est à toi, haut en couleur.

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Synopsis : François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêlent, rien ne va se passer comme prévu !

3.5

Huit ans ont passé depuis le premier film de Romain Gavras. Notre jour viendra, sorti en 2009 était une oeuvre coup de poing. Reflétant une certaine rage du réalisateur, qui dès son premier long-métrage avait la volonté de s’extraire de l’ombre paternel (Costa-Gavras). Le film mettait en scène Patrick (Vincent Cassel) et Rémy (Olivier Barthelemy), deux “roux”, errant au gré du vent dans une société qu’ils rejettent impétueusement. Le film était passé inaperçu, mais reste une oeuvre brute et pleine de vie.

Le Monde est à toi, en sélection cette année à Cannes, est moins tranché que son prédécesseur et sans doute plus accessible. Cependant, si le film s’offre à un public plus large, il y perd en authenticité. Globalement, nous passons un bon moment et le film peut se targuer d’offrir une heure et demie de comédie criminelle spectaculaire avec une direction artistique soignée. Le passé (et l’avenir) de Romain Gavras dans l’univers du clip lui ont permis de bâtir une identité visuelle propre et de parfaire sa fascination pour les anti héros aux projets de vie voués à l’échec.

Néanmoins, quelques détails gênants viennent alourdir la recette habituelle ; notamment certains personnages qui dans leur désir d’excentricité peinent à nous convaincre. Le duo mère/fils, (Karim Leklou/ Isabelle Adjani) en première ligne qui n’est pas des plus crédible ; La mère surtout, dont le comportement ne trouve pas d’explication à ses marques de traîtrise, de castration et d’abandon permanentes à l’égard de son fils. L’évolution du duo aurait pu mériter plus d’attention et moins d’arabesques spectaculaires. D’autres personnages s’échinent à trouver leur utilité, comme Vincent Cassel, dans une quête illuminati amusante au premier abord mais inintéressante sur la longueur pour un personnage qui aurait mérité une plus grande mise en lumière.

Gavras nous surprend toujours dans sa recherche d’esthétique et de mise en scène de la banlieue avec une direction artistique superbe. Même si certains arcs narratifs et personnages manquent un peu de rigueur, c’est une comédie criminelle punchy et haute en couleur, une plongée délirante dans la culture street que le réalisateur nous offre. Le film reste une bouffée d’air frais sur une sélection cannoise en manque de belles  comédies.

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