[AVIS] Overlord, les méchants nazis !

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Synopsis:

À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes.

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La scène d’ouverture d’un film de guerre est souvent sa partie la plus mémorable, le but du réalisateur étant bien précis ; immerger le spectateur dans une époque et un conflit. Overlord n’échappe pas à la règle.  Nous y sommes ; la nuit du 5 Juin 1944 :

Vous êtes dans un avion militaire à la carlingue ballottée par les vents, prêt à être parachuté à 1000 mètres d’altitude, dans un trou paumé occupé par des soldats Nazis armés jusqu’aux dents. Vous êtes entouré de vos potes soldats un peu bourrus (et américains) qui décident de se vanner et de déconner entre eux pour décompresser, pendant que d’autres se pissent dessus dans des pantalons kakis trop grands en espérant que personne ne le remarque. Vous, c’est l’envie de vomir qui vous assaille l’estomac et aussi le fait de savoir que votre cul est posé sur un tas de ferraille qui vous envoie tout droit en enfer. De toute façon, en admettant que vous réussissiez votre saut, hier, aura sûrement été la dernière fois où vous aurez vu le soleil se lever.

Ajoutez à cela les effets d’une séance en 4DX, où vous vous faites venter, arroser, enfumer et malmener par votre siège (parfois tout cela en même temps) ; et vous obtenez une scène d’ouverture de film de guerre plutôt réussie. Cependant, baser notre ressenti sur l’expérience 4DX ne serait pas juste. Et sur une scène d’ouverture encore moins. Pour en savoir plus, suivez le guide.

Overlord fait suite à de nombreux films de série B au rendu discutable, ayant placé les expériences scientifiques Nazies et les zombies, au centre de leur trame. Entre autre, Dead snow, Outpost, Frankenstein’s Army, The Bunker, War of the dead pour ne citer qu’eux. Pardon ? Ces films ne vous disent rien ? C’est tout à fait normal, car aucun de ces “chefs-d’oeuvre” n’a pu bénéficier de promotion, voire d’exploitation en salle. Bad robot, boîte de production dirigée par le non moins connu J.J. Abrams, prend donc ici un pari étonnant en décidant de développer un projet au public très ciblé entre deux franchises à succès ; un sixième Mission impossible plutôt réussi et un neuvième Star Warsque l’on attend avec appréhension.

Nous suivons donc Boyce (Jovan Adepo), Tibbet (John Magaro), Chase (Iain De Caestecker), Rosenfeld (Dominic Applewhite) et le commandant Ford (Wyatt Russel), qui ont pour mission de s’infiltrer dans un village français, tenu par une cinquantaine de soldats Nazis sous les ordres de Wafner (Pilou Asbæk) et d’y détruire le clocher de l’église sous lequel est installé un poste de transmission radio. La destruction de ce poste empêcherait ainsi les Nazis d’apporter un soutien aérien lors du débarquement Allié qui est sensé avoir lieux le lendemain.

Évidemment, les braves soldats américains découvriront que l’église abrite un sous-sol où un savant fou (et nazi), mène des expériences sur les pauvres habitants (français) du village afin de créer des soldats immortels au service du Troisième Reich. Rien de nouveau sous le soleil scénaristiquement parlant, surtout que le personnage du savant fou est, contre toute attente, extrêmement transparent.

Mais d’ailleurs les personnages, parlons-en. Concrètement, les rôles manquent de relief et nous offrent des identités assez peu travaillées. Ce qui est dommage quand on s’intéresse à un petit groupe d’individus, mais parait sensé au vu du genre du film (guerre/horreur). Entre le vilain soldat qui se découvrira une âme de baby-sitter sur le tard, le lâche que la chasse aux nazis transcende et virilise soudain, on peut dire qu’on est servis niveau vulgarisation des archétypes. Heureusement l’apparition du méchant haut dignitaire nazi, joué par l’acteur Danoi Pilou Asbaek (Game Of Thrones) sauve un peu les meubles, mais reste limité à “je suis méchant et je suis prêts à tout pour étaler ma méchanceté sur le monde.”

Côté performance d’acteur, on n’est pas trop mal logé pour un film qui comme nous le disons, ne semble pas mettre l’épaisseur des personnages au coeur de ses priorités. Les blagues et les dialogues font rarement mouche, mais restent recevables sans être trop poussifs ; les pics oraux visant le public français se limitant à une vanne sur la tour Eiffel qui fera sûrement beaucoup rire le public américain.

Le film sait montrer d’autres qualités, propres au genre qu’il propose : quelques effets gores surprenants avec des maquillages réussis ainsi que des scènes d’actions jouissives sans plan de caméra hasardeu ni d’effets spéciaux bas de gamme. On reprochera cependant à Overlord un aspect un peu trop “numérique”, surtout dans les scènes de nuit. On peut dire que nous sommes dans le haut de gamme de la série B.

En conclusion, Overlord est un film… fun. Car oui, on s’amuse devant cette production, on prend même parfois son pied avec un rythme qui ne fléchit jamais. Le mythe du zombie nazi n’a rien de nouveau, cependant Overlord s’émancipe de ses prédécesseurs en offrant un film au scénario qui reste tangible face à l’univers qu’il met en place, sans prendre la peine de nous éclabousser de son patriotisme.

Overlord ; un film sûrement pas pour toute la famille, mais qui devrait ravir les fans du genre tout comme les néophytes.

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