[AVIS] Pupille, l’émotion de cette fin d’année !

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Synopsis:
Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous X. La mère a deux mois pour revenir sur sa décision…ou pas. Les services de l’aide sociale à l’enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s’occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice et cela fait dix ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l’histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans et Théo, trois mois.

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Le drame social à la française est le genre de film que nous rechignons toujours à voir et qui ne fait pas forcément rêver les foules ; mais qui, contre toute attente, est en mesure de nous laisser sa marque, une fois la salle aux sièges rouges derrière nous.

Présenté au Festival du film francophone d’Angoulême, le film Pupille, a su toucher les internautes dès sa première bande-annonce. Oeuvre au sujet fort et rarement traité au cinéma, Pupille est un long métrage de Jeanne Herry, (fille de miou-miou et Julien clerc) qui signe ici son deuxième film en tant que réalisatrice après “Elle l’adore” où Sandrine Kiberlaindonnait la réplique à Laurent Lafitte. La réalisatrice nous propose un scénario bien différent de son premier film, lui permettant déjà, d’élargir son spectre d’auteur/réalisatrice.

Pupille est une porte ouverte sur l’univers complexe de l’adoption en France. La caméra de Jeanne Herry parcourt le circuit administratif français, ses défauts et ses qualités avec humanité à travers l’histoire des individus qui en sont les acteurs. Nous suivons le destin de Théo, nourrissons issu d’une grossesse non désirée, jusqu’à sa rencontre avec sa mère adoptive, Alice, audiodescriptrice pour le théâtre, joué par Élodie Bouchezqui nous offre ici, une performance sensible et authentique.

Nous avions peur de nous retrouver face à un sujet très lourd, mais force est d’avouer que Pupille frappe en plein coeur, d’une part grâce à une narration non linéaire impliquant constamment l’attention du spectateur et d’autre part grâce à un casting plus que convaincant. Nous noterons notamment un Gilles Lellouchequi parvient à se démarquer en homme sensible et droit, dans peut -être, l’un des rôles les plus touchant de sa carrière (un homme capable de s’occuper d’enfants, sonne enfin 2018, bravo) ainsi qu’une Sandrine Kiberlainjouissant d’un personnage fait sur mesure qu’elle aborde avec l’élégance naturelle que nous lui connaissons. Les seconds rôles ne sont pas en reste, nous pensons notamment à Olivia Côte, pouvant paraître un peu froide et neurasthénique au premier abord, mais qui parvient à épouser les traits d’un personnage ébranlé par sa profession, qui se doit de montrer force et autorité ; ce qui sied parfaitement à ses épaules.

La caméra reste très proche des acteurs, laissant la part belle aux mots et aux dialogues qui font du bien. Parfois, un simple regard suffit. Les émotions parviennent à trouver leur ton sans déborder, le tout, rythmé par quelques notes de piano qui savent se faire discrètes. On ne peut s’empêcher de faire le lien avec “Réparer les vivants” (2016) de Katell Quillévéréqui nous avait déjà pris aux tripes en retraçant le parcours d’un don d’organe.

En conclusion, pour son second film, Jeanne Herrynous offre une perle sensible, juste et ludique qui ne tombe pas dans les travers d’un genre aux traits parfois trop “documentarisés”. Ici les personnages ont une épaisseur, c’est un regard, nous aimons.

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