[AVIS] Room, terrifiant mais grandiose !

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Room

Synopsis:

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Room

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Auréolé de l’Oscar de la meilleure actrice en 2016 pour Brie Larson, Room suit l’histoire d’une mère et de son fils, âgé de 5 ans, emprisonnés dans une cabane depuis 7 ans. Leur combat pour s’évader, et leur reconstruction suite à ce traumatisme, est adapté du livre éponyme.

La première chose qui frappe, c’est la force et la puissance du récit ! Comme quoi, la fiction se suffit à elle-même, et il est inutile de se référer à une  » histoire vraie« . Mais Room n’est pas un film réaliste. Sortons-nous cette idée de la tête, le cinéma n’est pas, par essence, la réalité dans la mesure où le cadre reste un élément de pure subjectivité, enfermant notre regard. Cependant, cette réalité semble émaner de la psychologie, particulièrement bien traitée, des personnages. Comment réagirions-nous après 7 ans d’enfermement ? Pire, comment peut-on s’en remettre ? L’innocence troublante du jeune garçon nous frappe de plein fouet, et vient nous rappeler ce qu’est la vie, grâce à une mise en scène époustouflante.

Le rôle du metteur en scène est de nous donner à voir sur le monde, de nous montrer. Une bonne mise en scène donne une place au spectateur, l’inscrit dans le récit. En cette définition, Lenny Abrahamson signe une mise en scène plus que réussie ! L’idée du film, et ce qui fait qu’il se détache des autres, c’est la place à laquelle il nous positionne, c’est à dire à travers les yeux du jeune garçon. La caméra ne part pas dans un délire d’omniscience illogique, et se met à hauteur de ce (jeune) homme. Il se dégage alors du film une innocence particulière, car nous découvrons le quotidien terrible de cette famille, par les yeux de quelqu’un qui n’a connu que cette vie. L’empathie prend, et tout de suite les enjeux sont plus profonds car nous nous identifions plus que jamais aux personnages. L’usage de cette voix off renforce cette douceur, en contraste avec l’horreur du contexte, comme si nous étions l’ami imaginaire,ou le journal intime, du personnage.

Room

Par le biais de ces deux personnages principaux gravitent quelques autres personnages, tous parfaitement incarnés. Rendons cependant à César ce qui appartient à César, Brie Larson est la révélation du film. Habituée des petits rôles, celle que nous avions découverte dans State of Grace, signe une performance magistrale, digne de son Oscar. Jacob Tremblay inonde et envahit l’écran, et participe activement à la douceur, mêlée de pathos, du film. Faire jouer des enfants est un pari risqué au cinéma, mais Abrahamson réussit à le diriger de la manière la plus juste possible. Un acteur à surveiller, promis à une belle carrière. Joe Allen et William H Macy brillent aussi de leur talent, aidés par des rôles sur-mesure.

À défaut de diversité, cette année, les Oscars ont donc prouvé qu’ils sont encore capables de récompenser des vrais films.Room brille d’une aura terrifiante, par son sujet terrible. Magnifiés par une mise en scène réussie – et qui raconte quelque chose – les acteurs livrent une performance hallucinante dans ce qui alterne thriller psychologique et film sur l’amour maternel. Une réussite !

Lorsque l’innocence de l’enfance rencontre la cruauté de l’être humain, cela donne un film terrifiant mais grandiose.

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