Home Critiques [CRITIQUE] Big Bad Wolves (2014)
[CRITIQUE] Big Bad Wolves (2014)
0

[CRITIQUE] Big Bad Wolves (2014)

0

Big Bad Wolves

Réalisé par : Aharon Keshales & Navot Papushado


Avec :
Lior Ashkenazi, Rotem Keinan et Tzahi Grad


Sortie le :
2 juillet 2014 (1h50min)


Distributeur :
Metropolitain FilmExport

Budget :

 

Synopsis :
Interdit aux moins de 16 ans
Une série de meurtres d’une rare violence bouleverse la vie de trois hommes : le père de la dernière victime qui rêve de vengeance ; un policier en quête de justice qui n’hésitera pas à outrepasser la loi ; et le principal suspect – un professeur de théologie arrêté et remis en liberté suite aux excès de la police. Forcément, ça ne peut pas donner une enquête classique…

4/5

Ce n’est pas la première fois que les deux réalisateurs Aharon Keshales et Navot Papushado s’associent pour nous livrer un film d’un genre nouveau. Ils avaient déjà fait leurs preuves pour Rabies en 2010 où épouvante et horreur se retrouvaient dans une course poursuite mortelle entre un tueur et un groupe d’adolescents.

Big Bad Wolves, le titre sonne comme un air de déjà-vu. Nous nous remémorons les contes de Perrault et de Grimm où la figure de cet animal féroce et diabolique a hanté notre jeunesse. Quelques années plus tard, vous revoilà sur votre siège de cinéma, et le loup grogne pas plus loin que sur l’écran.

Big Bad Wolves

Le film peut être séparé en deux parties bien succinctes mais dans tous les cas complémentaires. L’intrigue se fonde autour d’un principal suspect qui aurait commis une série de meurtres de jeunes filles, retrouvées violées et sans tête. Un spectacle loin d’être humain, presque mystique où la police peine à trouver les moindres indices. Cette dernière utilisera donc les grands moyens et nous accueillera dans un sous-sol pendant la seconde partie du spectacle. Ainsi, ne vous étonnez pas de vous retrouver face à un cinéma d’une extrême violence à la limite d’une pure décence. On essaye alors de s’attacher à l’espoir nettement bien mis en scène par un scénario d’un grand mérite.

Au cinéma, la musique est un facteur essentiel. Celle de Frank Hayim Ilfman est juste exceptionnelle. Elle nous transporte au sein de cette série d’angoisse, nous fait valser, espérer, sursauter. La musique nous accompagne de la scène d’ouverture jusqu’aux événements finaux et sait surprendre le rire du spectateur mais aussi le trancher jusqu’aux mains moites et angoissées. Car toute bonne musique aide à relever des émotions. Ici, il n’est pas question d’ennui à moins que vous ne soyez insensibles tant à la qualité de l’image qu’à cette bande originale saisissante.

Outre la musique, vous serez surpris par l’ironie et l’absurdité de ce film. Des moments tout à fait surprenants qui permettent de garder un rythme entrainant durant 1h50. L’apparition de personnage curieux comme le cavalier (Kais Nashef) à l’accoutrement plus que douteux et surprenant, divise les clichés et tient le spectateur en haleine sur la suite des événements.

Big Bad Wolves

Quel goût à ce film iranien ? Prenez un plat de Tarantino accompagné de son doux mets de Coen, d’une agréable sauce d’hémoglobine, le tout pointé d’une sauce d’humour épique. Ce n’est pas pour autant que ce plat vous sera familier. En effet, les deux réalisateurs vont plus loin qu’une apparence pastichée. Avant tout, Big Bad Wolves est un film contemporain qui s’inscrit dans l’histoire d’aujourd’hui. Cette noirceur, cette angoisse qui vous saisit à chaque nouveau plan ne sortent pas de nulle part. Tout ceci rejoint une agitation quotidienne que connaît Israël depuis déjà de nombreuses années. Les thématiques abordées telles que le kidnapping, le terrorisme, le machisme et l’intolérance ne sont qu’un miroir d’une société en ébullition. Le cinéma est un excellent médium pour faire passer ces histoires qui ne dépassent la fiction que de très peu. Il s’agit donc d’un cinéma réfléchi, au décor social jusqu’à la destruction des personnages.

Ce film ne fera pas l’unanimité. Au fond, ce n’est pas ce qui est recherché. Si Aharon Keshales et Navot Papushado ont choisi ce terrain de torture et climat de violence, c’est pour donner une vision qui leur est propre de la société israélienne. Noire et sombre où tous les personnages sont dénués de sens moral.

Le mot de la fin : je n’ai pas eu la chance de voir Reservoir Dogs (1992) au cinéma, sur écran. Un chose est sûre : je suis ravie de voir que le cinéma poursuit sa lignée novatrice en nous offrant chaque année des films qui nous surprenne, qui nous attache. De là, à faire de Big Bad Wolves un grand classique, les décennies nous le dirons mais il advient aussi à vous, spectateurs, de nous dire ce que vous en pensez. Quentin Tarantino dit qu’il s’agit du film de l’année, je ne préfère pas m’avancer pour voir ce que le deuxième semestre nous réserve.

Un thriller saisissant qui prend vos tripes jusqu’à vos zygomatiques pour une expérience cinématographique renversante.

Image de prévisualisation YouTube