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[CRITIQUE] Bird People (2014)

[CRITIQUE] Bird People (2014)

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Bird People

Réalisé par : Pascale Ferran


Avec :
Anais Demoustier, Josh Charles et Roschdy Zem

 

Sortie le : 4 juin 2014 (2h41min)


Distributeur : Diaphana Distribution


Budget : 6 900 000 euros

 Synopsis :

En transit dans un hôtel international près de Roissy, un ingénieur en informatique américain, soumis à de très lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Quelques heures plus tard, une jeune femme de chambre de l’hôtel, qui vit dans un entre-deux provisoire, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel.

3/5

En guise d’avant propos, je vous recommande de jeter un oeil attentif à la bande-annonce (voir ci-dessous) de ce film qui lui ressemble assez bien, inexplicable, flou mais riche en idées. Face à une caméra méticuleuse comme rarement… Bird People est un film qui joue énormément de son style très peu utilisé.

Dans une époque ou plus personne ne se parle et dans laquelle chacun est écrasé par les nombreuses tâches qu’il se doit d’accomplir, une certaine forme de recule semble nécessaire afin de ne pas s’écraser contre un mur. Ce film est une respiration observée, dans le parcours de deux de ses personnages qu’il met en scène, originalement.

Gary et Audrey sont les deux personnages du film. Ils ne se connaissent pas, mais, le temps du voyage (prolongé) de notre premier, ils vont vivre dans le même lieu. Lui voulant changer de vie pour mieux recommencer celle-ci sur un autre continent, elle étant chargée de faire le ménage dans un grand hôtel de transit pour mieux payer ses études. Leurs vies ne sont pas traitées avec la même subtilité. On passe de très longues scènes à le découvrir, quand, pour elle, on ne s’attellera qu’à son quotidien de femme de chambre et trop peu d’étudiante. Le tout, quand même, avec une certaine finesse.

Anaïs Demoustier

Cependant, le film est bien plus qu’une plongée dans la vie de deux personnes en perdition. L’aéroport dont nous sommes près géographiquement voit s’envoler et atterrir bien des avions, alors qu’eux, attendent justement quelque chose qui n’arrive pas forcément.

Beaucoup de longs moments à méditer pour, au final, quelque chose de très déstabilisant… Si le film tend assez bien à se découvrir à mesure qu’il s’insère dans la vie de ses personnages, vient alors quelque chose d’inattendu, ou plutôt de malheureusement attendu mais dont-on-ne-voulait pas, une sorte de délire étrange. En l’espèce, il s’agit de la réincarnation momentanée de Audrey en moineau, laissant pour le coup le spectateur assez mal en point.

Sorte de point de non-retour par-delà l’imaginaire, cette faiblesse très légère sans violence ni échappatoire, est assez périlleux. Il est encore trop tôt pour dire si c’est une réussite ou un petit ratage, mais, quoi qu’il en soit il a le mérite d’être délicatement foufou…

Beaucoup de longs moments à méditer pour, au final, quelque chose de très déstabilisant… Ce film réussit son pari, faire parler de lui.

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Laetitia Chatillon Le cinéma sous tous ses angles.