Réalisé par : Joyce A. Nashawati


Avec : Ziad Bakri, Louis-Do de Lencquesaing, Gwendoline Hamon


Sortie :
20 avril 2016


Durée:
1h28


Budget: /


Distributeur :
Pretty Pictures


3D:
Oui – Non

 

Synopsis :


« Grèce. Futur proche. Une station balnéaire frappée par une vague de chaleur. L’eau se fait rare et la violence est prête à exploser. Ashraf, immigré solitaire, garde la villa d’une famille française en son absence. Dans ce paysage aride, écrasé par le soleil, il est arrêté par un policier pour un contrôle de papiers… »

1/5

La nouvelle réalisation de Joyce A. Nashawati s’inscrit dans la continuité de 3 courts-métrages de plus en plus long. Blind Sun est donc le premier long métrage de la réalisatrice Joyce A. Nashawati. Elle explique que ses courts-métrages étaient une sorte d’exercice avant d’arriver à un plus gros projet. Malheureusement, les exercices n’ont, à priori, pas énormément servi. Blind Sun est raté.

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La réalisatrice Joyce A. Nashawati avait en tête de créer un cauchemar solaire. Un point est ici respecté : le soleil. Presque présenté comme un personnage sadique, on mange de cette grosse étoile rouge à toutes les sauces. De la saturation par-ci, de la luminosité à outrance par-là, … cette partie du contrat est tenue. Le résultat donne une photographie pas trop mal si on se contente de peu. La présence du soleil doit être pesante pour Ashraf, le personnage principal, mais également pour le spectateur. Bilan mitigé sur ce point. En effet, on voit que Ashraf galère littéralement sous cette chaleur, mais aucun ressenti côté spectateur et la sensation d’oppression n’a pas pointé le bout de son nez. D’ailleurs, on ne compatit même pas avec Ashraf. Sa situation n’a pas l’air évidente, certes, et alors ? Oui, Blind Sun est lumineux, oui il a l’air de faire chaud, mais non, ça ne marche pas. Cette oppression causée par la chaleur est censée être un des points principaux de la réalisation, mais elle n’est pas assez poussée à son extrême. Il ne suffit pas de montrer des rayons de soleil et des marques de transpiration sur un t-shirt pour être transcendé.

Vous avez dit « fantastique » ?

Blind Sun se veut être, il parait, un film en partie fantastique dans lequel s’ajoute de l’épouvante et de la frayeur … Ah bon ? Bien sûr, le débat sur ce qui est fantastique ou non est assez complexe. Mais il suffit de rechercher rapidement sur internet ou dans vos bibles de cinéma quelques critères du cinéma fantastique pour voir que Blind Sun ne tient absolument pas sa promesse, encore une fois. A quels f***ing moments on nous présente des éléments fantastiques ? Si vous avez la réponse, faites-en nous part, parce que c’est encore un très grand mystère pour nous. Les éléments qui auraient pu se dirent fantastiques, sont en réalité, seulement des bribes d’hallucinations. Si les hallucinations les plus simples font désormais tomber un film dans le genre fantastique, on en finit plus !

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On nous promet un film plein de frissons et d’angoisse… On est encore en train de chercher l’un ou l’autre. Tout est trop plat pour ressentir le moindre frisson. Le personnage principal, Ashraf est incarné par Ziad Bakri. On ne peut pas lui mettre tous les tords du monde sur le dos, mais son rôle est raté (encore ce mot ? Décidément). Ashraf n’est ni bavard, ni très actif. Autant vous dire qu’on ne s’attache pas à lui, et qu’en plus on se moque un peu de ce qui lui arrive. Donc, par engrenage, pas de frissons ni de moments de suspense pour le spectateur.

Fil conducteur perdu

Les intentions du film auraient pu donner quelque chose de très original. Mais on a la désagréable (et réelle ?) sensation que le scénario n’est même pas construit. Joyce A. Nashawati essaie de garder un fil conducteur à travers un méchant policier qui embête Ashraf. Ouh le vilain ! On oublie cette canaille la moitié du temps. Etrange pour ce qui devait être le fil conducteur. Outre ce nouveau faux-pas, le scénario nous fait danser dans tous les sens sans qu’on ait le temps de poser le pied à terre. C’est épuisant pour le spectateur d’essayer de trouver un appui, sans succès. Trop de sujets évoqués sans être précisés, trop d’éléments sortis de nulle part et non-élucidés, bref, on lâche très vite le morceau trop lourd qu’est Blind Sun.

Pour la sonorité, les musiques plutôt bien choisies et les bruitages assez efficaces, nous accordons un bon point pour la réalisation de Joyce A. Nashawati, qui devra s’en contenter de peu.

Blind Sun n’est ni captivant, ni intéressant et sa mise en scène est mauvaise. Un échec pour le premier long métrage de Joyce A. Nashawati.

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