Réalisé par : John Crowley


Avec :
Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emory Cohen,.Jim Broadbent, Emily Bett Rickards


Sortie :
9 mars 2016


Durée:
1h53min


Budget: /


Distributeur :
20th Century Fox France


3D:
Oui
Non

 

Synopsis :

Interdit aux moins de 12 ans

« Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes. »

3.5/5

Aucune déception, mais aucune surprise face à Brooklyn. Le film de John Crowley est bien. Juste bien. Il n’est ni mauvais, ni très bon. Il comporte pas mal de petits défauts, entièrement rattrapés par d’autres atouts. Nommé aux Oscar dans 3 catégories, le film n’est heureusement pas reparti avec la statuette d’or. Et c’est normal. Loin d’être raté, Brooklyn reste basique.

On y était presque !

Si vous ne le saviez pas déjà, cette réalisation est une adaptation du roman éponyme, de Colm Tóibín, publié en 2009. John Crowley a retranscrit l’âme du livre en l’adaptant le plus fadement possible aux codes cinématographiques. Le réalisateur s’applique surement à ne pas dénaturer le livre, mais on n’y retrouve pas sa patte, son « quelque chose de spécial » qui nous avait tant fait aimer son film Boy A en 2007. Par conséquent, Brooklyn reste assez creux. Le scénario n’est pas dramatique, loin de là. On se plait à passer près de deux heures devant le film. Il n’y a pas trop de longueurs, mais il n’y a pas non plus de moments époustouflants. On a l’impression d’assister d’un point de vue très externe à la mise en beauté de l’exode d’une jeune femme. Dans la première partie du film, tout est très poétique : les textes, la mise en scène, les musiques, … On croirait presque à un rêve éveillé, où les couleurs sont douces, où le vent vous décoiffe juste pour vous rendre encore plus belle. Vous voyez le genre ? C’est beau à voir, ça fait du bien, on sourit bêtement, … mais ça ne nous transporte pas. Heureusement, et c’est un des bons points du film, on ne tombe pas dans le sentimentalisme à outrance. Là où les émotions auraient pu être utilisées à tord et à travers, Brooklyn dose remarquablement bien la part entre les duos « tristesse et nostalgie » et « bonheur et humour ». Cela permet aussi au film de garder un bon rythme, et de redonner le sourire au spectateur au moment où il aurait pu tomber dans un trop plein de pathos.

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Saoirse, Ô Saoirse …

Un seul Oscar aurait pu être attribué au film sans être volé : celui de la meilleure actrice. Mais bon, Brie Larson fut encore meilleure. En effet, Saoirse Ronan (vue dans l’incontournable Lovely Bones, The Grand Budapest Hotel, et plus récemment dans Lost River), est absolument fa-bu-leuse ! C’est incontestablement la raison majeure pour aller voir Brooklyn. L’actrice joue le rôle principal, celui de Eilis Lacey. D’un naturel et d’un charme fou, Saoirse Ronan nous livre une prestation, à nos yeux, sans défaut. A travers son personnage, Brooklyn traite de l’immigration vers les Etats-Unis dans les années 50. Dans le film, la jeune irlandaise retranscrit très bien l’adaptation à de nouvelles coutumes, mais également le mal de son pays d’origine. On y voit son émancipation, à la fois familiale et professionnelle ainsi que toutes les difficultés surmontées pour arriver à un résultat bien effectif. Saoirse Ronan a très justement su interpréter toutes ces nouveautés auxquelles une nouvelle immigrée lambda de l’époque devait faire face. 

Deux amants n’en valent pas mieux qu’un

Heureusement pour elle, elle est aidée par de très bons seconds rôles. Il y a tout d’abord les deux amants du personnage. L’américain, joué par Emory Cohen, et l’irlandais, interprété par Domhnall Gleeson. Très souvent, quand deux personnages se battent pour la même fille, on a toujours notre petite préférence, le petit espoir qu’elle aille avec l’un plutôt qu’avec l’autre. Ici, les deux acteurs jouent très équitablement des personnages intéressants et … complètement adorables. On comprend alors sans encombre la situation très inconfortable de la jeune irlandaise face à ces deux hommes. Cela nous immerge dans les méandres de ce qui forme le fil conducteur du film : les dilemmes. Sur ce point, le film est bien réussi.

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De la légèreté et de l’humour sont apportés par d’autres seconds rôles. Des copines « miss gossip » à l’adolescente pleine de stéréotypes complètement assumés, certains personnages sont à mourir de rire. Le père Flood (joué par l’excellent Jim Broadbent ) vaut lui aussi le détour ! Aucun humour potache, tout est en finesse. Les blagues sont de courtes durées. L’équilibre est parfait, il ne réduit pas la crédibilité de l’histoire de la jeune Eilis Lacey.

Brooklyn est poétique, il est simplement beau. Saoirse Ronan y est réellement exceptionnelle. Mais la simplicité de la réalisation nous offre un film trop basique.

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