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[CRITIQUE] Crimson Peak (2015)
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[CRITIQUE] Crimson Peak (2015)

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Crimson Peak

 

Réalisé par : Guillermo del Toro

Avec : Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston et Charlie Hunnam

Sortie : 14 octobre 2015 (1h59)

Distributeur : Universal Pictures International France

Budget: 55 000 000 $

3D: OUI / NON

Synopsis:

Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : « Prends garde à Crimson Peak ». Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse « imagination », Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance et le docteur Alan McMichael.

4/5

Avec Crimson Peak, Guillermo del Toro entend bien sauver sa fin d’année : entre l’annulation du jeu Silent Hills (qu’il co-créait avec Hideo Kojima pour Konami, avant le renvoi de ce dernier) et le retard indéterminé de Pacific Rim 2, le réalisateur espagnol n’a pas hésité à manifester sa colère dans les médias. Qu’il se rassure, ses escapades funestes dans le manoir de Thomas Sharpe réveillent pleinement la puissance de son cinéma : tension, sadisme et épouvante sont les maîtres mots de Crimson Peak

Le synopsis de Crimson Peak a le mérite de ne pas dévoiler la première partie de l’intrigue, menant la jeune Edith Cushing (Mia Wasikowska) au manoir de Thomas Sharpe (Tom Hiddleston). Une exposition peut-être un peu longue (environ une trentaine de minute) mais nécessaire pour présenter les personnages et leurs enjeux : se dessine alors un triangle amoureux autour du personnage d’Edith, partagée entre son ami de toujours, le docteur Alan McMichael (Charlie Hunnam) et Thomas Sharpe (Tom Hiddleston), cet inconnu provenu du fin fond de la campagne britannique. Car Crimson Peak est avant tout une histoire d’amour, et non un film basculant dans l’horreur outrancière.

Crimson Peak 2

C’est bien ainsi que Guillermo del Toro présente son film : « il s’agit d’une histoire d’amour avec des fantômes dedans ». Une sorte de roman gothique à côté duquel nous serions passés jusqu’à le voir adapté à l’écran. Il est donc impossible de passer à côté de quelques éléments d’épouvante, mais le réalisateur-scénariste la suscite de la manière la plus naturelle possible : c’est à travers ses personnages que l’horreur naîtra à Crimson Peak. L’histoire d’amour entre Edith Cushing et Thomas Sharpe aurait très bien pu se dérouler s’il avait été possible d’oublier Lucille (Jessica Chastain), la soeur de Thomas. Glaçante, son personnage nous remémore aisément celui de Mrs Danvers, la machiavélique gouvernante de Rebecca (né de Daphné du Maurier, porté à l’écran par Hitchcock). Si le scénario de Crimson Peak est signé de la main de del Toro, on ne pourra nier l’inspiration puisée dans l’oeuvre de du Maurier

Tout comme Manderley, la propriété des Sharpe, Allerdale Hall, s’impose comme un personnage à part entière du film. Immensément sombre, délabrée, imposante, la demeure ne fera qu’accentuer l’angoisse d’Edith, qui peu à peu se mettra à voir des fantômes errer dans la maison, comme elle le fait depuis toute petite. La majesté des décors est à l’image de l’esthétique entière de Crimson Peak : Guillermo del Toro marque ici un sans faute. L’image de Dan Laustsen (déjà à l’oeuvre sur Mimic, second long-métrage de del Toro), trouvera le moyen de sublimer cette demeure qui, peu à peu, tombe en ruine. La volonté du réalisateur est simple : halte aux effets numériques à gogo. Seuls les fantômes (interprétés par de véritables acteurs et non créés numériquement) passeront sous un filtre assez efficace pour ajouter cette touche de « glauque » à laquelle nous sommes habitués.

Crimson Peak

Alors oui, peut-être que l’on verra venir certains des rebondissements du film, tout comme le don de voyance propre à Edith sortant un peu de nulle part, mais l’on pardonnera aisément ces petits manques face à la prestation du trio Wasikowska/Hiddleston/Chastain. Si l’on chipote même un peu, on irait jusqu’à dire que ce sont avant tout Thomas et Lucille Sharpe qui portent le film. Quand Jessica Chastain affirme qu’elle aimerait incarner une méchante dans un James Bond, on la comprend : son personnage est ici si menaçant que l’on préfèrera éviter de vouloir être sa belle-soeur à l’avenir…

Sombre, grinçant et effrayant, Crimson Peak a tous les éléments pour vous torturer. Une réussite pour del Toro, et encore un très beau rôle pour Jessica Chastain !

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Gabin Fontaine Rédacteur pour Silence Moteur Action, Hollywood Rapporteur et Super assistant web Forum Des Images.