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[CRITIQUE] – La Fille du Train (2016)
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[CRITIQUE] – La Fille du Train (2016)

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Réalisé par : Tate Taylor

Avec : Emily Blunt, Haley Bennett, Rebecca Ferguson, Luke Evans et Justin Theroux

Sortie : 26 octobre 2016

Durée : 1h53min

Distributeur : Metropolitan FilmExport

Synopsis :

Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite… jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.

4/5

Le réalisateur Tate Taylor est de retour à la tête d’une nouvelle adaptation de roman à succès : après La Couleur des Sentiments (The Help), qui a vu les carrières d’Emma Stone, Octavia Spencer (Oscar de la meilleure actrice pour un second rôle), Viola Davis et Jessica Chastain se (re)lancer, Taylor s’attaque à La Fille du Train. Succès international signé Paula Hawkins, ce thriller se situe à mi-chemin entre Gone Girl (pour son mode de narration et l’objet principal du récit : la disparition) et une sorte de Blue Jasmine sous adrénaline (pour son personnage principal, Rachel, complètement névrosée et paranoïaque).
Une fois encore, Tate Taylor s’entoure d’un casting ultra-bankable, avec l’actrice Emily Blunt, notre future Mary Poppins, en tête d’affiche. Une étape désormais quasiment nécessaire et inévitable pour toute bonne adaptation de best-seller littéraire à la sauce US. Qu’en est-il donc du travail d’adaptation ? La Fille du Train, quand on le lit, c’est plutôt déroutant. Les points de vue se mélangent et nous perdent petit à petit. Le réalisateur et son scénariste sont-ils parvenus à retranscrire ce sentiment de malaise et de confusion dans ce film ? Verdict.

ZAZIE RACHEL DANS LE MÉTRO TRAIN-TRAIN

Rachel (Emily Blunt) prend le même train deux fois par jour, matin et soir. À la même place, dans la même locomotive. Toujours. À chaque fois, elle ne peut s’empêcher d’observer ce qu’il se passe à l’extérieur, surtout à un arrêt spécifique. À cet endroit, Rachel observe son voisinage de la banlieue new-yorkaise (et non à Londres comme dans le roman). La vie rêvée s’offre à elle, devant ses yeux. Megan (Haley Bennett) et Scott Hipwell (Luke Evans), le couple parfait, qu’elle surprend chaque jour dans leur quotidien. De quoi se remettre de son divorce avec Tom (Justin Theroux), désormais en couple avec Anna (Rebecca Ferguson). Du voyeurisme ? Non, si peu. Mais cette paranoïa se veut finalement utile le jour où Megan disparaît dans d’étranges circonstances… et où Rachel se rend compte qu’elle a peut-être quelque chose à voir avec cette affaire. Car elle a vu Megan quelques secondes à peine avant sa disparition. Le problème ? Elle ne se souvient de rien. Car Rachel est complètement l’inverse de ce qu’elle paraît. Une fois encore, Emily Blunt impressionne. On n’oserait en dire plus pour ne pas trop en dévoiler sur l’intrigue.

RÉCITS DE FEMMES

Tout comme l’avait fait Paula Hawkins dans son roman, Tate Taylor se plaît à semer la confusion chez son spectateur à travers cette structure narrative totalement éclatée. Déjà que l’esprit de Rachel à lui tout seul suffit à rendre chèvre, qu’en est-il lorsque s’ajoutent les points de vue d’Anna, la nouvelle femme de Tom, et même de Megan, la disparue ? Passé et présent se mélangent, pour mieux expliquer la situation et les comportements de chacun. À force, on se retrouve presque autant paumé que ne l’est Rachel, complètement amorphe, qui souhaite absolument bien faire mais qui ne sait par où commencer. Si ce n’est par ces quelques secondes pendant lesquelles elle a vu Megan, dans un tunnel, juste avant sa disparition. Ce tunnel, c’est le lieu d’une grande partie des hallucinations de Rachel, et là où Tate Taylor se fait le plus plaisir visuellement.

L’histoire de La Fille du Train pourrait se dérouler n’importe où puisque, selon Taylor, « tout se passe dans la tête de ces femmes ». Ce sont bel et bien elles qui dominent cette histoire, à travers trois portraits complètement différents les uns des autres. L’une est dépressive, l’autre une parfaite mère de famille, et la disparue, une jeune aimante qui, pourtant, semble cacher quelques secrets. La tension est grande, dans cette histoire. Le dénouement, lui, est finalement assez attendu – et c’était déjà le cas à la base dans le roman. Reste pourtant un très grand sentiment d’anxiété et de perversité face à cette disparition et à tout ce qui en découle. Le dernier acte est aussi tordu et perturbant que possible et son climax, un délice d’humour noir…

Emily Blunt porte avec talent ce drame empli de perversion. Il ne vaut mieux pas trop rester dans le champ de vision de cette Fille du Train…

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Gabin Fontaine Rédacteur pour Silence Moteur Action, Hollywood Rapporteur et Super assistant web Forum Des Images.