Humour à mort


Réalisé par :
Emmanuel Leconte, Daniel Leconte


Avec :
Elisabeth Badinter, Gérard Biard, Cabu etc…


Sortie :
 16 Décembre 2015


Durée: 
1h30min


Distributeur :
Pyramide Distribution


 

Synopsis :

Le 7 janvier 2015, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo est victime d’une attaque terroriste qui coûte la vie à douze personnes dont les plus grands dessinateurs de presse français, Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré. Le lendemain, une policière est tuée dans la rue. Le 9 janvier, une nouvelle attaque vise des juifs de France. Quatre otages sont assassinés. Ce film est un hommage à toutes ces victimes.

1.5/5

Il a fallu qu’ils se mettent à deux pour réaliser L’humour à mort, puisque c’est bien connu, plus on est de fous, plus on fait un mauvais film. On les entend de loin crier au scandale de l’oublie, et à la nécessité de faire ce film. Sur le mode de la reconstitution, Les Leconte extirpent de façon malsaine la moindre émotion des caricatures aux premières loges du massacre, les obligeant à réinvestir cet épisode terrible.

Leur outrage le plus grand, c’est l’absence de point de vue. Ils finissent par ne rien dire, pointant eux même du doigt la vulnérabilité de leur entreprise. Preuve qu’ils sont conscient du creux de l’entreprise, ils intègrent les entretiens de 2007 où Charb et Cabu conscients de l’inévitable, engage déjà le deuil. Le jeu de la neutralité est ici inefficace, dans cette foisonnante d’informations sur ces événements tragiques, un tel film se doit d’être éclairant. Incorporant à leur pâte déjà bien grasse l’épisode de l’hyper Cacher, ils abandonnent définitivement leur ambition, épousant la vulgarité des chaines d’information. Et voilà toute l’absurdité de L’Humour à mort, qui au départ se voulait être un film hommage, et qui se retrouve à alimenter la bulle de spéculation et de peur du terrorisme.

« J’entends les armes et c’est vraiment un bruit de merde »

Sans aucune pudeur, ils remuent le couteau dans une plaie béante, et récoltent le sang de Coco, de Riss et tous les autres. Partant du principe que succède à l’événement l’oubli, les deux réalisateurs s’arment main gauche du devoir de mémoire et main droite de la carte de la non prise de position politique. Mais peut ont réellement justifier la violation d’intimité par la ( fausse ) nécessité ?

Finalement, maigre est la chaire intéressante de ce documentaire. Nous n’en tirons que la satisfaction de voir que ces caricaturistes restent les moins conventionnalistes de la nation, et qu’encore debout, ce sont eux qui fabriquent et portent la mémoire des disparus de Charlie.

Ce grand déballage amène Emmanuel et Daniel Leconte à nous servir un tire-larmes sans réflexion dont on se serait bien passé.

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