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[CRITIQUE] – Instinct de Survie (The Shallows) (2016) !
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[CRITIQUE] – Instinct de Survie (The Shallows) (2016) !

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affiche the shallows

Réalisé par : Jaume Collet-Serra


Avec :
Blake Lively, Angelo Lozano Corzo


Sortie :
17 août 2016


Durée:
1h27min


Distributeur :
Sony Pictures Releasing France


3D:
Oui
Non

 

Synopsis :

« Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats ; »

3/5

The Shallows est attendu au tournant. Les films de requins avec une jolie fille dont la sortie est prévue pendant vos grandes vacances, on connait. Finalement, la nouvelle réalisation de Jaume Collet-Serra avec Blake Lively comme protagoniste principal fonctionne bien.

La présence du prédateur n’est pas occasionnelle, contrairement à beaucoup de films de ce genre. Les jumpscares ne sont pas la raison d’être de The Shallows. Cette facilité est évitée très rapidement. La présence du requin tueur est presque constante. Cela installe un climat particulier. Comme Nancy, jouée par Blake Lively, le spectateur s’habitue à la bête. L’enjeu n’est plus ici, il n’est plus simplement dans le danger représenté par le requin. Le réalisateur insiste bien plus sur la survie pure et dure de la jeune femme. L’angle est intéressant. Mais il aurait pu être beaucoup mieux traité.

Blake Lively ne profite pas de son aspect poupée parfaite. Les caméras n’en exagèrent pas non plus. Evidemment, comme prévu, impossible d’échapper à quelques plans sur la morphologie divine de l’actrice. Mais une fois ces quelques images passées, on ne revient plus dessus. Ici, le corps féminin n’est pas constamment mis en avant, tout du moins, pas autant que prévu. Ouf ! S’il faut être moche, paraître cadavérique et au bord de la mort, Blake Lively le fait. Et ça rend plutôt bien. La souffrance physique est assez bien jouée par l’actrice (récemment vu dans Cafe Society en mai dernier au côté de Jesse Eisenberg). Mais le côté psychologique du personnage avait de quoi être plus développé. 

La belle surfeuse garde son calme là où une personne avec une réaction plus crédible aurait été prise d’une panique sans nom. Mais pour expliquer cela, rien de telle qu’une petite facilité scénaristique. Eh bien oui, Nancy a heureusement fait des études de médecines avant de tout jeter pour partir à la conquête des plus belles vagues du monde. Par conséquent, qu’importe ce qu’il lui arrive, Blake gère. Du sang ? Même pas peur. Gros, gros flop sur l’aspect psychologique du personnage, vraiment traité avec banalité. The Shallows aurait pu marquer de nombreux points en le développant mieux et avec plus de crédibilité.

De même que le décors finalement peu exploité. La facilité l’emporte sur le reste, proposant des actions faciles et téléphonées. Mais c’est bien fait, c’est joli, c’est estival et ça fait du bien! Quelques scènes de surf, quelques méduses colorées, une photographie réussie, il nous en faut pas beaucoup plus pour être captivés malgré toutes ces facilités.

Autre souci dans la réalisation de Jaume Collet-Serra : depuis quand on capte sur une île perdue dont quasiment personne ne connait le nom ? Petit Skype entre Nancy et sa famille entre deux dunes de sables, et ça n’a choqué personne au moment de l’écriture du scénario ? Et puis, d’ailleurs, toute la vie privée et familiale de Nancy, est-ce que cela importe vraiment au spectateur ? Cela apporte-t-il quelque chose au film ? L’équipe de The Shallows aurait peut-être pu se poser la question.

Certes, il faut connaitre un minimum le personnage principal pour s’y attacher, pour pouvoir s’identifier ou au moins le prendre en sympathie. Mais ici, c’est du surplus total. La jeune femme qui appelle son père pour lui dire comme elle l’aime, blablabla… Non, c’est non et encore non ! Le film a déjà un peu de mal à tenir debout, alors ce genre de niaiseries, le public s’en passe. Ces scènes ridicules ne font que susciter le rire. Les sourires fusent aussi dans une métaphore filée installée rapidement dans le film : la mouette. Nancy se retrouve presque prise d’amitié de cet oiseau. Le reste est à découvrir par vous-même….

The Shallows n’est pas en dessous des autres films de requins. Il fonctionne assez bien mais manque cruellement d’un scénario mieux écrit. Blake Lively tient la route. On l’oubliera assez vite.

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Estelle Lautrou 22ans, Normande, étudiante en journalisme à Paris.