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[CRITIQUE] – The Free World (2016)

[CRITIQUE] – The Free World (2016)

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affiche the free world

Réalisé par : Jason Lew

Avec : Boyd Holbrook et Elisabeth Moss

Sortie : Prochainement

Durée : 1h40min

3D : Oui – Non

 

Synopsis :

« Après avoir été relâché de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Mo est déterminé à s’adapter à la vie dehors. Lorsque son monde se heurte à celui de Doris, une mystérieuse femme au passé violent, il est décidé à risquer sa liberté retrouvée afin de la garder dans sa vie. »

2/5

The Free World aurait pu être bon mais il se perd dans un scénario beaucoup trop candide. Le nouveau film de Jason Lew souffre vraiment de son scénario complètement basique et pataud. Pourtant, il n’est pas complètement irréfléchi. Ce film regorge de thèmes plutôt bien traités, comme la question du choix de la religion. « L’islam ne m’a jamais demandé de me confesser » dira le personnage principal, Mo, interprété par Boyd Holbrook (le flic blondinet de la série Narcos… qui se retrouve ici en cavale !).

La religion est un des sujets les mieux traités de The Free World. Avec simplicité, émotion et subjectivité finalement presque objective, Mo exprime à plusieurs reprises les raisons qui l’ont poussé vers l’Islam. D’un point de vue extérieur, le public assiste en définitive, au témoignage d’un homme lambda dont la religion l’a aidé à garder la tête hors de l’eau. Intéressant, poignant et touchant,The Free World pointe du doigt de façon très pertinente un autre sujet : la capacité des policiers américains à obtenir absolument tout ce qu’ils veulent, de la part de qui ils veulent, quand ils veulent.

DU TOUT OU RIEN

En dehors de cela, de très nombreuses métaphores sur la vie sont beaucoup trop explicites. Vous en jugerez (peut-être) par vous-même en salles mais les symboles sont tout autant abusés. L’environnement du personnage est souvent construit en fonction de son état d’esprit à l’instant T. S’il est énervé, les lumières viennent diviser son visage en deux : une partie du visage est sombre, l’autre est éclairée, comme pour nous rappeler « n’oubliez pas que ce personnage est gentil même s’il est énervé, mais… qu’il peut s’énerver quand même, attention ! ». Quelle originalité et quelle subtilité… Et cet exemple n’est pas le pire.

Pourtant, paradoxalement, d’autres plans sont magnifiquement éclairés et les techniciens lumière sont, apparemment, vraiment très doués. Mais si certaines mises en scènes sont douteuses et exagérées, il est tout de même possible de souligner les efforts pour d’autres séquences. The Free World est toujours à double tranchant. Soit le film est parfait pendant un bref délai, soit il est quasi-catastrophique. Les deux sont possibles à seulement quelques secondes d’écart. Que ce soit à l’écriture comme à la technique, le réalisateur Jason Lew semblait plein d’ambition, mais beaucoup de choses sont simplement maladroites voire ratées.

Avec ce duo, formé par Boyd Holbrook et Elisabeth Moss, Jason Lew tente de transmettre le maximum de valeur humaine. Mais il essaie également d’exposer une histoire d’amour atypique. Est-ce d’ailleurs de l’amour ou un simple besoin de puiser du courage et de la force grâce à quelqu’un d’autre uniquement pendant une période éreintante ? Leur situation est ambiguë et révèle la complexité de la formation d’un couple/binôme. Leur relation est à la fois très belle, pure et presque innocente. En même temps, le spectateur tombe très vite dans une sorte de tutoriel « apprendre à se connaitre et à faire confiance à autrui ». Encore une fois, ce duo passe ou casse.

Trop niais, pourtant appréciable par des efforts (souvent vains), The Free World est une jolie histoire oubliable.

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Estelle Lautrou 22ans, Normande, étudiante en journalisme à Paris.