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[CRITIQUE] – Dog Eat Dog (2016)

[CRITIQUE] – Dog Eat Dog (2016)

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Dog eat dogRéalisé par : Paul Schrader


Avec :
Nicolas Cage, Willem Dafoe, Christopher Matthew Cook


Sortie :
 /


Durée:
1h37


Distributeur :
Metropolitan Film Export


 

Synopsis :

Lorsque trois ex-détenus désespérés se voient offrir un boulot par un chef de la mafia mexicaine, ils savent qu’ils feraient mieux de refuser, mais l’appât du gain les empêche de tourner les talons. Tout ce qu’ils ont à faire est de kidnapper l’enfant d’un homme qui cherche à mettre le chef de la mafia sur la touche.

4/5

C’est une histoire des bas-fonds d’une grande ville américaine qui nous est raconté là. Une de ces petites histoires de sales truands qui rêvent de voir grand mais qui sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. L’histoire d’un trio de bras cassés qui finissent par s’en prendre plein la gueule à force de rater tout ce qu’ils entreprennent.

Dog Eat Dog c’est ça, l’histoire de trois types paumés mais expérimentés qui veulent en finir avec leurs petits coups minables. Ils se font alors rencarder par un ponte du milieu mais bien évidement, ça tourne mal. Paul Schrader, scénariste américain de renom, adapte ici le roman d’Edward Bunker avec panache. Les trois antihéros ne s’appellent pas Michael, Trevor ou Franklin mais ils en ont pourtant toutes les caractéristiques. Brillamment interprétés par Nicolas Cage, Willem Dafoe et Christopher Matthew Cook, ils représentent parfaitement cette Amérique pauvre et désabusée, contrainte d’échouer en permanence. Parfois sensibles, souvent transcendants mais toujours dans l’excès, ils revêtissent tous trois un des aspects différents de cette société. Bien que leur personnage respectif s’avère être très stéréotypé, ils ne tombent jamais dans le cliché gnian-gnian et bas de gamme ce qui alimente parfaitement l’histoire dans laquelle ils évoluent individuellement.

Dog eat Dog

Profondément méta dans son approche, usant aussi bien du ralenti lourdingue que d’association d’images improbables, Dog Eat Dog est une œuvre décomplexée. Assumant pleinement son aspect bordélique et chaotique, ce n’est pas pour autant qu’il s’apparente à un film popcorn stupide et gratuit. Revendiquant avec fierté son mauvais goût et ses blagues douteuses, il devient un film noir contemporain tout en lorgnant sans vergogne sur Pulp Fiction de Tarantino ou  Snatch de Richie. Mieux encore, il dépoussière le genre au moyen d’une bonne dose d’excentricité. Cette folie et cette subversion que revendique allègrement Schrader passe ici par un storytelling nerveux mais également par une mise en scène si outrancière que l’on peut se demander si l’ensemble du film n’a pas été conçu sous coke.

Malgré l’agitation permanente, on sent la lourdeur du film, comme si de beaux orages d’été menaçaient d’éclater au dessus de nos têtes. Et puis tout d’un coup, ça explose. Les scènes de violence s’enchainent avec quelques intelligentes accalmies scénaristiques, histoire de calmer le jeu et de se refaire une petite ligne. C’est finalement dans cette ambiance moite et sale que Dog Eat Dog prend son envol, au détour de  ses savoureux échanges. Lorsque l’improbable bande-son se tait, on savoure enfin les dialogues raffinés, percutants et toujours aussi déplacés. Chacun y va de son petit commentaire sur l’action en cours ou de sa crise d’angoisse lorsque les personnages ne sont pas occupés à insulter la terre entière.

Paul Schrader fait son retour derrière la caméra avec un brillant film noir sous coke où l’ultra-violence est la reine de la nuit. Entre images chocs et amour du verbe, Dog Eat Dog ne laissera personne insensible et en surprendra plus d’un avec son esthétique aussi provocante qu’intrigante.

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Simon LeSauvage Étudiant en cinéma et stagiaire au Daily Bugle. J'aime Star Wars, les petits chats et les avions de chasse.