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[CRITIQUE] En Mai, fais ce qu’il te plaît ! (2015)
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[CRITIQUE] En Mai, fais ce qu’il te plaît ! (2015)

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En Mai, fais ce qu'il te plaîtRéalisé par : Christian Carion

Avec : August Diehl, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Alice Isaaz, Matthew Rhys, Joshio Marlon et Laurent Gerra


Sortie :
4 novembre 2015 (
1h54min)


Budget:


Distributeur :
Pathé Distribution

3D: Oui – non


Synopsis :

Mai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l’Angleterre…

4/5

En Mai Fais Ce Qu’il Te Plait est un projet personnel pour Christian Carion. Comme il l’explique lui même, sa famille a vraiment été marquée par cet exode de mai 1940 et sa genèse a quelque peu été plus compliquée que son long-métrage « Joyeux Noël« .

C’est avec un film intime et totalement différent de ce qu’il a l’habitude de nous livrer, que Christian Carion mêle souvenirs et anecdotes dans un « road-movie d’époque ». L’histoire nous plonge dans l’exode d’un petit village près d’Arras, contraint de fuir suite à l’invasion des nazis. Porté par le maire du village (Olivier Gourmet) et sa femme (Mathilde Seigner), ce petit village emmène avec eux un enfant allemand dont le père (August Diehl), emprisonné, est un opposant au régime allemand. Alors qu’il recherche son fils qui est sous la tutelle d’une jeune institutrice (Alice Isaaz), Hans est aidé par un soldat écossais (Matthew Rhys).

C’est une double aventure qui se dessine à chaque minute du film avec d’un côté des villageois abandonnant leurs origines et cherchant à survivre au début de la guerre qui s’annonce périlleuse, et de l’autre un homme fort, avec des convictions dangereuses de par sa nationalité et qui a pour but de retrouver son fils. Christian Carion développe dans la continuité du film des personnages différents avec un Olivier Gourmet calme et autoritaire, une Alice Isaaz forte et touchante, un August Diehl déterminé, un Matthew Rhys courageux et revanchard, un Laurent Gerra drôle et bon vivant ou encore une Mathilde Seigner charismatique mais cependant peu mise en avant. On n’oubliera pas non plus Thomas Schmauser qui interprète ici un réalisateur allemand du nom d’Arriflex qu’on croirait voir sortir d’un film de Quentin Tarantino.

Alice Isaaz

Christian Carion nous plonge donc dans une immersion profonde sur un thème historique et réel à travers une panoplie d’acteurs aussi bon les uns que les autres et d’un scénario – certes basique – d’une puissance et d’une émotion emblématique. C’est par son scénario que le réalisateur nous propose une collaboration entre un allemand, un écossais et un français durant la Seconde Guerre Mondiale qu’il nous fait parcourir en même temps que la fuite des habitants. Il nous offre même lors d’une attaque allemande une scène terrorisante et qui pour une fois emprunte une route inédite par rapport à tout ce qu’on a pu voir dans les différents films sur ce sujet. Tout au long du film, on obtient une certaine tension sur le fait de savoir si oui ou non Hans retrouvera son fils. En plus d’avoir une photographie magnifique de Pierre Cottereau (Bébé Tigre et bientôt Rosalie Blum), Christian Carion nous offre un des plus beau cadeau de l’année, une bande-originale d’un des compositeurs les plus célèbres au monde: Ennio Morricone.

Christian Carion nous plonge dans un film poignant, une exode cinématographique immergée dans une sublime bande-son signée Ennio Morricone.

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