Guillaume La jeunesse du conquérantRéalisé par : Fabien Drugeon

Avec : Jean Damien Detouillon, Geoffroy Lidvan, Thomas Debaene, Eric Rulliat, Gauthier Battoue et Thiesay Deshayes


Sortie :
6 mai 2015 (1h30min)


Budget:
65 000 €


Distributeur : 
Cartel Distrib

3D: Oui – non

Synopsis :

1066. Guillaume Le Conquérant est sur le point d’embarquer depuis Dives-sur-Mer pour la conquête de l’Angleterre. Dans l’éventualité où il ne reviendrait pas vivant, Guillaume présente son fils Robert à ses fidèles barons pour recevoir le trône ducal en héritage. Wilhelm, bras droit de Guillaume, raconte à Robert la jeunesse de son père.
Trente ans plus tôt, Robert le magnifique, père de Guillaume, est sur le point de se rendre en pèlerinage en Palestine. Il présente Guillaume au parlement de Normandie comme son héritier. Malgré l’opposition de Renouf, un baron normand, et la bâtardise qui entache la réputation du petit Guillaume, le parlement normand accepte. Robert annonce que durant son absence, Gilbert de Brionne prendra la tête de la Normandie.
Un an plus tard, la nouvelle arrive en Normandie : Robert est mort. C’est la panique. Osbern, Sénéchal du duché, vient chercher le petit Guillaume, car des barons félons, ayant pourtant juré fidélité, veulent tuer le petit duc et s’emparer de la Normandie. Guillaume et Osbern prennent alors la route pour fuir, mais aussi pour reconquérir le titre qui lui revient de droit.

3/5

Mardi, nous découvrions en petit comité au cinéma du Brady le premier long métrage de Fabien Drugeon, Guillaume La Jeunesse Du conquérant. Assis parmi l’équipe du film, nous nous sommes laissés happer par l’un des seuls, pour ne pas dire l’unique film, sur Guillaume le conquérant. Compte rendu d’une épopée bancale mais prometteuse.

Fabien Drugeon sort de la Femis, section image, et ça se voit. S’il n’est pas un directeur d’acteurs de génie, il est sans conteste un chef opérateur aguerri et met en beauté les paysages normands, créant une esthétique froide et bleutée. Il offre une belle résurrection à Guillaume, Dan Bronchinson incarnant un personnage majestueux que l’on voit malheureusement peu à l’écran. Le réalisateur s’est entouré d’historiens qui ont validé la véracité historique du film, mais le scénario a totalement été développé par ce dernier, essayant de combler les blancs historiques par des éléments cinégéniques. Seulement, le film rate le coche et sombre dans les conventions, il ne propose aucune approche novatrice , ce qui aurait pu être le fer de lance de l’oeuvre. En effet, si la proposition esthétique ne manque pas, l’angle d’approche historique reste académique.

Guillaume La jeunesse du conquérant

Le paris est audacieux, peut être un peu trop. Avec 65 000 euros en poche, recréer une grande fresque historique relève du miracle. Comme le note son producteur, tant qu’il y a ce qu’il faut sur le plateau, ce qui change d’un film à gros budget, c’est ce qu’il y a autour. Malheureusement, la matière plateau n’était pas parfaite. Le jeu d’acteur atteint vite sa limite, et des erreurs de montage sont trop souvent laissées passer. L’ancrage des personnages dans le décors demeure en surface, ils n’arrivent pas à s’ancrer dans cette époque. Faute de moyens et donc de temps, une exigence plus pointue sur ces points auraient permis au film de gagner en qualité. En effet, il reste des écueils impardonnables même pour les plus petits budgets. A l’ère de Game Of Thrones, qui invite très vite à la comparaison, et où ce genre d’univers est impeccable, le publique sera d’autant plus exigeant. Mais si nous donnions à Fabien Drugeon les moyens financiers nécessaires, il n’aurait certainement rien à envier aux gros requins du cinéma. Un jeune réalisateur plein de talent, que l’on vous invite à découvrir et à garder à l’oeil d’ici les prochaines années.

Drugeon ouvre la brèche à toute une partie encore non exploitée de l’histoire, et envisage même une suite, sur la conquête de Guillaume.

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