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[CRITIQUE] Horns (2014)
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[CRITIQUE] Horns (2014)

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Réalisé par : Alexandre Aja


Avec :
, Max Minghella, Joe Anderson et Juno Temple


Sortie :
1er octobre 2014 (1h59min)


Budget: /


Distributeur :
Metropolitan FilmExport

3D: Oui – Non


Synopsis : 

Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

3/5

Alexandre Aja est un peu le réalisateur français attaché au gore qui nous a habitué à de beaux films où l’horreur et le trash s’unissaient de façon remarquable. On se souvient de Haute Tension (2003), La Colline a des yeux (2006) ou encore Piranha 3D (2010) qui avaient déjà retournés le public. Enfant prodige du cinéma, si cool qu’il vogue entre Paris et Hollywood, scénariste, réalisateur et producteur, ce dernier a plus d’une ficelle dans sa poche.

Horns

C’est donc sans surprise qu’on lui propose d’adapter le roman Horns de la fantastique plume de Joe Hill. Ce dernier accepte sans hésiter et nous livre ici un film très fidèle à l’oeuvre littéraire. Un film sombre où le gothique est retranscrit de façon sublime par le décor riche, verdoyant et inquiétant. Il est difficile de le ranger dans une case de genre, il ne s’agit pas d’un film à « étiquette ». Même si nous pouvons affirmer qu’il est davantage question d’un thriller sous une histoire romantique.

Encore une fois, Alexandre Aja s’attache à nous dévoiler l’Amérique moderne sous un angle pas tant flatteur. En effet, les moeurs sociétaires en prennent un coup. Cette fois-ci notre hypocrisie est mise à l’épreuve et dévoilée de la façon la plus sale qui soit. Quand toutes les vérités les plus blessantes sont mise à nues, il ne reste plus que la violence pour combattre l’injustice. Les excès sont montrés sans complexe nous questionnant alors sur l’identité de l’individu et son autodestruction. Un film qu’on peut dès lors qualifier de rock’n roll.

Horns

Le réalisateur a eu recours à un choix judicieux pour le casting de Daniel Radcliffe. Ce dernier est déjà bien loin de la saga Harry Potter après d’autres rôles convaincants dans le cinéma comme Kill your darlings. Il n’en reste pas moins, l’icône d’une génération. Rien de mieux pour s’en servir de cobaye d’une jeunesse désabusée qui n’hésite pas à vaciller entre alcool, drogues et violence. Le personnage de Ig interprété par Radcliffe est l’image propre de l’anti-héros. Un jeune homme sensible, éperdument amoureux et totalement rejeté par la société après le drame passé. Les cornes sur la tête, il va vite changer en devenant manipulateur et charmeur pour découvrir les vérités qui se cachent derrière ce drame. A ses côtés, se trouve le personnage de Merrin interprétée par la jeune et délicate Juno Temple. Elle incarne la dualité et s’oppose totalement à Ig par sa pureté et lumière. Ce duo colle magnifiquement bien et la force des acteurs est suffisante pour porter le film sur leurs épaules.

Dans ce décor sombre et gothique, le comique ressort de façon burlesque. Il est plaisant de voir que ce dernier ne se plonge pas dans une satire désabusée mais les quelques réflexions humoristiques sonnent lourdes. Le comique de situation est parfois de trop, ajoutant une touche kitsch non nécessaire au déroulement du film.

Un film purement gothique qui repose sur un très bon casting. De très bons éléments (musique, photographie) qui ne font pas toujours le poids face aux quelques longueurs et éléments burlesques superflus.

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