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Réalisé par : Gavin O’Connor

Avec : Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan McGregor

Sortie : 27 janvier 2016

Durée: 1h38

Budget: /

Distributeur : Mars Distribution

3D: Oui – Non

Synopsis :

Jane Hammond est une femme au caractère bien trempé mariée à Bill, l’un des pires bandits de la ville. Lorsque celui-ci se retourne contre son propre clan, les terribles frères Bishop, et qu’il rentre agonisant avec huit balles dans le dos, Jane sait qu’il est maintenant temps pour elle de troquer la robe contre le pantalon et de ressortir son propre pistolet. Le meilleur espoir de Jane n’est autre que son ancien amour Dan Frost, dont la haine envers Bill n’a d’égal que son amour pour Jane.

1.5/5

Difficile de ne pas évoquer le calvaire que fut la production de Jane Got a Gun : Gavin O’Connor ayant dû remplacer au pied levé une réalisatrice faisant ses cliques et ses claques la veille d’un début de tournage, des rôles qui se sont échangés, des acteurs qui se sont succédés… Il aura donc fallu trois ans pour sortir ce film, après un ultime report suite aux évènements de novembre : mauvaise surprise pour Mars Distribution, pour qui la campagne publicitaire avait déjà commencé. Une malchance qui colle à la peau, mais atteindra-t-elle aussi Natalie Portman, sur qui repose essentiellement la communication autour du film ? Le rôle de Jane Hammond est-il à la hauteur de nos espérances ? Soyons directs : Jane Got a Gun mais elle manque le tir (badumtss).

Le postulat de départ est avant tout assez classique : Jane Hammond doit défendre son mari (Bill, incarné par Noah Emmerich), gravement blessé, et sa fille face à l’horrible Colin McCann, incarné par un Ewan McGregor plutôt méconnaissable avec sa petite moustache. Lui et sa bande arrivent, c’est tout ce que l’on sait. L’ennui, c’est qu’on ne sait pas quand, car eux non plus n’ont aucune idée d’où se trouvent Bill et sa femme. Pas de souci, ça laissera un peu de temps à la jeune femme de se préparer et d’aller demander de l’aide à un Joel Edgerton lui aussi perdu en plein désert, et c’est là que les choses se gâtent : Joel, c’est Dan Frost. Et Dan Frost, c’est l’ex de Jane. On sent venir le coup foireux à plein nez, et dans cette banale histoire de vengeance personnelle vient s’entraver un triangle amoureux dont la naissance s’explique via divers flashbacks.

Comme il ne se passe pas grand chose en attendant que les méchants se ramènent, il faut bien combler un peu le vide, alors les flashbacks s’enchaînent, ponctués par de longs dialogues métaphysiques entre Frost (qui ne veut pas aider Jane pendant cinq minutes mais qui change évidemment d’avis, question de principes) et Jane. Cela aurait pu être plutôt sympa, mais les flashbacks sont assez mal imbriqués, faute à un montage confus et des transitions pas très agréables à regarder. L’ensemble ne parvient pas à nous faire éviter l’ennui monstre que l’on ressent face au film, malgré toute la bonne volonté des acteurs, et surtout de Natalie Portman. Ce n’est pas pour autant son rôle dans Jane Got a Gun qui révolutionnera la représentation de la femme au cinéma : si l’actrice déclarait que les femmes ne devaient plus avoir des rôles de potiches, difficile de dire que le rôle Jane Hammond soit profondément nouveau. Car elle a besoin d’un homme pour être aidée, et n’a droit qu’à quelques vraies minutes de gloire et de supériorité. Grosso modo, elle et Joel Edgerton passent les trois quarts du film à papoter de la vie, de la mort, de l’amour, du passé, tout ça. On vous le donne en mille, Jane Got a Gun bascule dans le romantisme à l’eau de rose, avant de laisser place à une quinzaine de minutes d’action, tellement mal filmées qu’on ne voit pratiquement rien de bien intéressant. Quitte à vous décevoir, ces rares moments d’action sont quasiment tous dans la bande-annonce, qui a d’ailleurs le mérite de spoiler elle-même le scénario, mais surtout son twist final qui ferait presque passer les scénaristes de Prison Break pour des génies. On n’a d’ailleurs jamais vu une fin aussi bâclée depuis bien longtemps : le tout est si vite expédié et invraisemblable que l’on ne peut se retenir de rire en pensant à un épisode de la Petite maison dans la prairie sous coke…

Malgré tous les efforts de Natalie Portman et Joel Edgerton, Jane Got a Gun est un ratage complet : scénario bâclé et ridicule, esthétique et montage parfois douteux… au secours !

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