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[CRITIQUE] Jimmy’s Hall (2014)
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[CRITIQUE] Jimmy’s Hall (2014)

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Jimmy's Hall

Réalisé par : Ken Loach


Avec : Barry Ward, Simone Kirby et Jim Norton

 

Sortie le : 2 Juillet 2014 (1h50min)


Distributeur : Le Pacte


Budget :

Synopsis :

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

5/5

Lorsque le tournage de ce « Jimmy’s Hall » débutait, Ken Loach avait entrepris l’idée qu’il serait son tout dernier film-original. Depuis, le réalisateur britannique a émis l’idée qu’il n’en resterait pas là, pourtant, ce film, étant l’histoire d’un personnage aux pensées et aux traits (de caractère) proche de ceux du réalisateur, serait un bel hommage pour un homme aux multiples engagements et volontés.

Ce personnage, celui de James Gralton, revient en Irlande après un exil aux USA. Nous sommes au début des années 30, dans une Irlande en état de reconstruction tant morale que physique, avec une société qui subit une transition tant voulue qu’imposée. Militant dévoué, incorruptible, bref le vrai communiste, Jimmy pensait sans doute se poser un peu en retrouvant son village, sa famille et ses terres, mais la volonté de toujours aller vers le meilleur (ici la reconstruction du Dancing du village) va se heurter à quelques obstacles.

Jimmy's Hall

Les obstacles sont nombreux, physiques mais aussi moraux, en la personne du clergé, qui ne voit pas d’un très bon oeil qu’un lieu dit « de plaisirs » réouvre. Il faut comprendre par là que danser, rime avec une certaine forme de matérialisme de la culture étagère vraiment nuisible aux populations.

On prend alors un vrai grand plaisir à suivre les différentes confrontations entre les camps, les convaincus et les prêcheurs de bonne-parole. Les limites de la société capitaliste en devenir sont également abordées ici, puisque le fameux Père Norton se range en fait du côté des plus riches (propriétaires) et fermant sérieusement bien les yeux lorsque ces-derniers mettent les plus pauvres à la rue.

Derrière la fable morale qu’on nous soumet ici, le vrai combat de son réalisateur est de parvenir à mettre en avant que, depuis tout-temps, l’injustice et la morale règnent en maître dans les sociétés.

Par delà son côté historique vraiment intéressant, « Jimmy’s Hall » est aussi le dernier film britannique tourné en 35mm. il ne manque donc pas de raisons pour qu’on s’y intéresse de plus près.

Ken Loach est une fois de plus de tous les combats. Ce film nous offre une histoire d’une force extraordinaire et poétique.

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