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[CRITIQUE] Kill your Friends (2015)
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[CRITIQUE] Kill your Friends (2015)

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Kill Your FriendsRéalisé par : Owen Harris

Avec : Nicholas Hoult, Craig Roberts, James Corden, Joseph Mawle, Ed Skrein et Georgia King


Sortie :
2 décembre 2015 (
1h43min)


Budget: /


Distributeur :
Chrysalis Films

3D: Oui – Non

Synopsis :

Londres, 1997. Les groupes pop comme Blur, Oasis et Radiohead règnent en maîtres sur les ondes. Steven Stelfox, 27 ans, producteur de musique et chasseur de talents, écrase tout sur son chemin. Poussé par sa cupidité, son ambition et une quantité inhumaine de drogues, il recherche le prochain tube. C’est l’époque d’un business où les carrières se font et se défont. A mesure que les tubes se font plus rares, il tente de désespérément de sauver sa carrière.

4/5

Kill Your Friends est le premier long métrage d’Owen Harris, grand habitué du petit écran avec déjà certains épisodes de The Misfits, Journal Intime d’une Call-Girl ou encore de Black Mirror à son actif. Le réalisateur ne perd pas de temps son deuxième film a été diffusé en septembre dernier sur la BBC : il s’agit de The Gamechangers, biopic sur Sam Houser, le célèbre créateur de Grand Theft Auto, avec Daniel Radcliffe et Bill Paxton. Kill Your Friends est l’adaptation cinématographique du roman de John Niven (également scénariste du film) publié en 2008.

Kill Your Friends

Le film nous plonge dans la vie d’un producteur et découvreur de talents : Steven Stelfox (Nicholas Hoult), un personnage hautain, légèrement narcissique, très fier et glacial. Tellement égoïste qu’il s’approprie l’espace cinématographique en rompant le quatrième mur : le personnage de Nicholas Hoult utilise l’aparté de la même manière que Kevin Spacey dans la série House of Cards. Ce qui rapporte au personnage encore plus de charisme, de franc parlé et d’audace. Ce procédé fournit davantage sur les pensées du personnage ainsi que ses intentions mais ferait également presque passer le film pour un reportage sur la vie de son personnage. Le spectateur se retrouve dans le cercle intime de Stevel Stelfox. L’aparté démontre également toutes les ressources de Nicholas Hoult, qui tient enfin un premier rôle, pourtant grand habitué aux seconds comme dans X-Men, Mad Max : Fury Road ou encore Dark Places.

Mouvementé dès les premières scènes, le film possède l’une des plus belles dernières parties que nous ayons vues cette année. Centré sur la vie d’artiste et plus particulièrement des producteurs et de DA (Directeur Artistique), le spectateur découvre dans Kill Your Friends un monde tordus et des personnages encore plus vicieux les uns que les autres. On se retrouve au coeur de ce qui pourrait être l’un des métiers les plus cool, mais ç’en est sa plus mauvaise face qui est montrée à l’écran, celle qui oscille entre drogue, mensonge, manipulation et sexe. Avoir un personnage aussi intelligent, mauvais et avide que celui de Nicholas Hoult pousse carrément le film à perdre en intensité. Seul un coup magistral viendra redonner le rythme auquel Kill Your Friends avait débuté. Ce qui nous donne pour le coup un final aussi intense que son introduction, mais qui ne parvient pas complètement à combler le rythme décousu de l’ensemble. Les personnages trouvent malgré tout le temps de se développer et d’évoquer leurs intentions, encore heureux ! Principalement construit comme un thriller à l’humour noir et morbide, Kill Your Friends apporte une touche pop et charmante sur un sujet fragile et tabou.

Nous ne pourrions conclure sans évoquer la bande originale du film, qui nous ramène sans aucune difficulté vers l’année 1997, avec les compositions de Junkie XL (déjà à l’oeuvre sur Mad Max : Fury Road, 300 : La Naissance d’un Empire ou encore Matrix Revolutions et Reloaded), et d’entraînantes chansons signées Radiohead, Prodigy, Blur ou encore Oasis.

Porté par un excellent Nicholas Hoult, ce thriller dramatique à l’humour noir porte un charme pop et nous plonge dans une quête démesurée du professionnalisme.

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