Réalisé par : Noah Baumbach Mistress America

Avec : Greta Gerwig, Lola Kirke, Matthew Shear, Heather Lind, Michael Chernus

Sortie : 6 janvier 2016

Durée : 1h24

Budget : /

Distributeur : Twentieth Century Fox France

3D : Oui – Non

Synopsis :

Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

3.5/5

À peine six mois après la sortie de While We’re Young dans les salles françaises, le réalisateur et scénariste Noah Baumbach revient en compagnie de Greta Gerwig, qui fut déjà sa muse trois ans plus tôt, dans Frances Ha. S’il avait misé sur des valeurs fortes, en recrutant Naomi Watts et Ben Stiller au casting de son précédent film, Baumbach s’offrit également la jeune Amanda Seyfriend, mais surtout notre nouveau Sith favori, aka Adam Driver. Rebelotte dans Mistress America, dans lequel Lola Kirke s’offre son premier grand rôle : Tracy, perdue dans son université new-yorkaise, se prête à voir tout ce qui l’entoure d’un oeil nouveau lorsqu’elle rencontre sa demi-soeur, Brooke, incarnée par Greta Gerwig. Brune et blonde, le jour et la nuit. Quand deux caractères radicalement opposés se trouvent, cela fait des étincelles…

Le succès à l’excès : Greta Gerwig à la folie

Qu’il s’agisse de Tracy ou de Brooke, toutes deux ont des rêves plein la tête : être acceptée auprès du club de littérature hautement sélect de son université pour l’une, ouvrir son restaurant pour l’autre. Dit comme ça, rien ne sort de l’ordinaire. Mais Tracy partait plutôt défaitiste, un peu renfermée, tandis que sa future demie-soeur Brooke est une véritable pile d’énergie. Pour elle, la vie est un rêve, dans lequel elle ne s’arrête jamais de faire un millier de choses à la fois. Et c’est bien cette opposition qui porte le film de Noah Baumbach : à partir du moment où Brooke débarque, le rythme du film s’accélère énormément. Il est d’ailleurs plutôt difficile d’échapper à l’ouragan Greta Gerwig, qui a le malheur (ou le bonheur) de séduire dès ses premières minutes à l’écran. On a de la compassion pour Tracy, qui accumule les mauvaises surprises en son début d’année . Elle pensait pouvoir filer le parfait amour avec Tony (Matthew Shear), mais le pauvre est déjà casé avec la colérique – et encore, ce n’est qu’un euphémisme – Nicolette (Jasmine Cephas Jones), qui s’amuse toujours à pointer le bout de son nez quand il ne faut pas… Aveuglée par l’optimisme sans faille de Brooke, Tracy voit en elle un modèle à suivre : la « Mistress America », c’est elle ! Enfin, si seulement toute cette joie employée n’avait pas le malheur de retomber aussitôt que le premier petit incident survient.

Baumbach : Woody Allen 2.0 ? Non !

L’intrigue de Mistress America se stabilise davantage pendant une seconde partie semblable à un bon petit théâtre de vaudeville, alors que Brooke se décide à trouver le moyen d’acquérir un financement pour l’ouverture de son resto-bar-épicerie-fourre-tout utopique. Rien de mieux que d’aller chez sa meilleure ennemie, Mimie-Claire, perdue au coeur de son club de lecture pour femmes enceintes (on ne vous avait pas prévenu que Baumbach appréciait les situations loufoques ?), pour aller demander de l’argent ! Enfermés dans cette demeure pourtant immense, les personnages se chamaillent, se crient dessus, jusqu’à l’éclatement. Tous ont leur rôle à jouer pendant cette géniale séquence, et c’est tant mieux. Malgré tout, le scénario de Mistress America laisse tout de même une sensation de déjà-vu, en particulier si l’on a été spectateur de While We’re Young. Il y a un moment où l’on déchante, comme les personnages, mais où il ne faut pas se laisser abattre. Parfois comparé à Woody Allen, on souhaite avant tout à Noah Baumbach de ne pas tomber dans la facilité, en agitant trop facilement les mêmes ficelles de film en film. Soyez tout de même rassurés : on se prend facilement au jeu de Mistress America malgré tout, grâce au grand charme de son duo principal. Mais ce qui nous a le plus charmé, c’est bien la bande originale du film, qui nous fait replonger avec joie dans l’univers des années quatre-vingt. Décidément, Noah Baumbach aura toujours un esprit nostalgique…

Avec Mistress America, Noah Baumbach offre à Lola Kirke un joli premier rôle, dans une comédie savoureuse où Greta Gerwig fait aussi des merveilles…

Image de prévisualisation YouTube

Related Article