Une Belle Fin

 

Réalisé par : Uberto Pasolini


Avec :
Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury


Sortie :
15 avril 2015

Durée : 1h27min


Distributeur : 
Version Originale / Condor

3D: Oui – non

Synopsis : 

Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

4/5

Une belle fin est le titre français de Still Life, dernier long-métrage d’Uberto Pasolini, réalisateur qui n’est qu’autre que le neveu de Luchino Visconti. Ce titre laisse donc une double interprétation évoquant à la fois le côté statique d’une vie mais aussi de façon plus méliorative, le fait d’être encore en vie.

La vie, voilà de quoi parle ce long-métrage. Prétentieux ? Ambitieux ? Non ici, la réflexion est menée toute en finesse sur des thématiques pourtant substantielles. John May effectue avec rigueur et implication son travail, original, qui consiste à rechercher les proches des défunts abandonnés. Il se plonge dans les vies d’autrui avec une considération qui ne peut forcer que le respect. May a toutes les qualités d’un citoyen honnête, d’un bon collègue, d’un ami fidèle et pourtant sa vie est morne et triste comme le témoigne l’usage de la caméra fixe. Ici, pas d’artifices, la caméra ne représente que la vision du monde du héros, limitée.

Uberto Pasolini suit la vie de son héros en évoquant des thèmes sociales non négligeables. Londres est triste, les couleurs de la ville sont sombres, un brassage de gris et de vert où on attend que la lumière apparaisse au coin de la rue. Il montre alors de manière subtile l’isolement de son personnage principal.

May vit à travers les vies des autres, le reste n’est qu’une monotonie ambiante avec le son de l’horloge qui tourne inlassablement. Les minutes passent et les âmes des individus trépassent. Le film met donc en avant l’individualisme sociétal de façon délicate et raffinée sans jamais tomber dans un pathos expiable. La présence de la jolie Joanne Froggatt (Downton Abbey) offre une ondée de lumière dans la vie de ce fonctionnaire. May avance ainsi dans la vie et sa vision s’élargit captant alors les délices de l’existence. Les couleurs deviennent moins grises, le cadre s’élargit. Le spectateur vit à travers le regard du personnage, puis se laisse envoûter par les prestations incroyablement justes des acteurs offrant une légitimité certaine aux faits abordés. 

Uberto Pasolini nous livre un film subtil et raffiné. Des vies des autres jusqu’à assumer la sienne, l’épopée du héros est filmée avec une justesse salutaire. 

 

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