463085Réalisé par : Justin Kurzel


Avec :
 Michael Fassbender, Marion Cotillard, Sean Harris, Jack Reynor, David Thewlis


Sortie :
 18 novembre 2015


Durée: 
1h57


Budget:


Distributeur :
 StudioCanal


3D:
Oui – Non

Synopsis :

11ème siècle : Ecosse. Macbeth, chef des armées, sort victorieux de la guerre qui fait rage dans tout le pays. Sur son chemin, trois sorcières lui prédisent qu’il deviendra roi. Comme envoûtés par la prophétie, Macbeth et son épouse montent alors un plan machiavélique pour régner sur le trône, jusqu’à en perdre la raison.

3/5

Après l’étonnant Crimes de Snowtown, adaptation d’un fait divers, Justin Kurzel revient avec l’adaptation d’une oeuvre devenue classique au cinéma, Macbeth. L’attente était grande, sur la nouvelle version moderne de l’oeuvre de Shakespeare. Entre inspiration lointaine ou adaptation fidèle, de grands noms du cinéma ont déjà été posés sur la pièce, Orson Welles, Roman Polanski, Akira Kurosawa… Est-ce maintenant au tour de Justin Kurzel de les rejoindre ?

Le film interroge sur l’utilité ou non de multiplier les adaptations, et fait poindre la nécessité de trouver un chemin innovant pour y arriver. Il reste problématique, tant il ne justifie pas sa sélection à Cannes en se satisfaisant d’une adaptation juste et fidèle au lieu d’assumer une inventivité. Et quand bien même le réalisateur se laisse aller à l’originalité, cela s’avère peu pertinent. Le recours abusif aux ralentis lors des scènes d’action produit l’effet inverse, ne souligne pas l’intensité du geste accentue les défauts. Le réalisateur manque d’élan, et n’atteint pas la fraîcheur offerte par la liberté de la réécriture, à l’image du réalisateur japonais Akira Kurosawa et son classic-moderne Château de l’Araignée. La domination de l’espace, enjeu fondamental de la pièce, n’est que très peu exploitée par le réalisateur. Par conséquent, le film manque de grandeur et d’ouverture.

Ici, Macbeth n’a pas la majesté des plans de Welles ni la virtuosité de la mise en scène de Polanski. Mais il semble être un compilation des deux. En effet, le réalisateur opte pour l’écran brumeux d’Orson Welles, mais pour le voyeurisme de Polanski. Le meurtre sanglant est montré dans son intégralité à l’écran, mais ne constitue en rien le noeud dramatique du film. Il est cependant représentatif du ton avec lequel Kurzel interprète l’oeuvre shakespearienne. Il choisit de mettre en scène l’assassinat du roi dans une tente, l’espace est maintenu ouvert par l’élastique tendu entre Michael Fassbender et Marion Cotillard, qui est la seule source de courage de son geste. Mais c’est dans cette séquence où se révèle aussi toute l’hypocrisie du réalisateur australien, qui fait de Macbeth un quasi parfait idiot, marionnette de Lady Macbeth, au point où il revient avec l’arme du crime entre les mains. Crime qui n’est alimenté que par le courage et la soif de pouvoir de cette dernière.

Malgré tout, Michael Fassbender fait son chemin et incarne avec justesse la folie, un naturel qui ne tue pas le propos. Une fois de plus, il ne s’agit pas d’un choix très risqué. L’acteur n’a plus à faire ses preuves dans le domaine de la folie, le bouleversant Shame, du réalisateur Steve McQueen, servant d’argument. Mais ces têtes d’affiches sont se seuls chevaux de bataille. L’heure n’est plus à l’attaque de ces grands classiques, nous avons le sentiment que le cinéma est passé à autre chose. Et c’est peut être l’une des raisons pour lesquelles il a fait un tel vide à Cannes.

Sans être franchement mauvais, mais auréolé d’un vide cannois, il n’est pas certain que cette nouvelle adaptation de Macbeth signée Justin Kurzel marque l’histoire du cinéma.

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