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[CRITIQUE] Zootopie (2016)
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[CRITIQUE] Zootopie (2016)

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280851Réalisé par : Byron Howard, Rich Moore


Avec :
Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Shakira, Idris Elba, J.K. Simmons (VO)


Sortie :
17 février 2016


Durée:
1h48


Budget: /


Distributeur :
 The Walt Disney Company France


3D:
Dans certaines salles

Synopsis :

Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia ! Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque…

 

5/5

Il n’y a pas à dire : 2016 est l’année des animaux dans le cinéma d’animation ! Avant de retrouver la nouvelle création originale d’Illumination Entertainment, Comme des bêtes, et le cinquième volet de L’Âge de Glace chez Blue Sky Studios l’été prochain, c’est Disney qui s’y frotte avec Zootopie. Walt Disney Animation Studios, vous savez, ceux qui nous ont fait les immanquables que sont La Reine des Neiges et Les Nouveaux Héros ! Il est préférable de le préciser, car avec Zootopie, on se demanderait presque s’il ne s’agissait pas plutôt d’un Pixar, et vu la présence de John Lasseter à la production, on ne peut qu’en douter encore plus. Si la recette Disney se retrouve bel et bien dans l’univers idyllique de Judy Hopps et Nick Wilde, on a tout de même l’impression que Zootopie se permet d’aller plus loin que la morale habituelle made by Mickey et ses amis, offrant ainsi une pépite d’animation à ne manquer sous aucun prétexte et voici pourquoi !

Ce qui frappe d’entrée, lorsque l’on découvre Zootopie, c’est la richesse monstrueuse de son univers : du terrier natal (Bunnyburrow) de Judy, qui se démarque par sa population irrémédiablement croissante, jusqu’au coeur même de Zootopie, il y a tout plein d’autres quartiers spécifiquement adaptés à chaque type d’animal : un territoire désertique, un autre complètement glacial, une jungle hautement humide, un quartier réservé aux animaux de toute petite taille… et la métropole, dans laquelle tout est pensé pour tous. La crainte, c’était que ces fameux quartiers spécifiques fassent plus office de figuration qu’autre chose : c’est un peu, voire carrément le cas pour la zone désertique, mais les autres quartiers ont tous droit à leur petit moment de gloire à un moment ou à un autre ! Mention spéciale à un certain club sélect de la ville, avec les premiers personnages de Disney qui se permettent d’être à poil à l’écran (d’accord, Riley était un peu toute nue dans Vice-Versa aussi, mais passons). Zootopie est ce qu’aurait été notre société si elle avait été dirigée par les animaux, tous rendus bipèdes pour l’occasion. On ne peut qu’admirer le minutieux travail effectué sur la modélisation des bêtes, jusqu’au moindre petit poil, mais surtout pour leurs animations « humanisées » le plus possible. On a envie d’y croire, du petit hamster à l’immense girafe, les rapports de force et de grandeur entre espèces sont scrupuleusement respectés… et il vaut mieux parfois se méfier des plus petits que soi : ce n’est pas Mr. Big qui vous dira le contraire ! Et oui, ces personnages sont (très) attachants. Oui, ils nous font rire. Oui, Disney a certainement misé gros sur les paresseux dans ses diverses bandes-annonces, avec la scène la plus drôle du film, mais il y aura bien d’autres moments pour vous le donner le sourire, si cela peut vous rassurer ! Le malicieux Nick Wilde pensait peut-être faire face à une naïve petit lapine, mais celle-ci n’a pas dit son dernier mot…

ZOOTOPIA

À Zootopie, il est donc bon d’être soi-même. C’est le bon espoir qu’a Judy Hopps en se disant qu’elle pourra devenir la première lapine officier de police de la ville, accomplissant ainsi son plus grand rêve d’enfance. Or, une fois sur place, elle se rend compte que rien n’est encore acquis, et que l’intégration est un combat quotidien. Attendez… ça vous rappelle quelque chose ça, non ? Un certain « American Dream », peut-être ? Un personnage venu d’ailleurs, arrivant dans une grande ville où tout semble possible et dans laquelle ses idéaux s’effondrent dès son arrivée ? D’accord, ce n’est peut-être pas très fin pour le coup, mais fort heureusement pour nous, Zootopie sait retourner ces mythes de la culture populaire américaine vus et revus pour mieux les enrichir. Et encore, si ce n’était que ça : le film de Byron Howard et Rich Moore se permet également de glisser quelques hommages plus ou moins appuyés à la culture cinéma/séries de ces dernières années, du Parrain à Breaking Bad. En voyant certains d’entre eux, difficile de croire que Zootopie ne parle pas autant aux adultes qu’aux enfants, surtout lorsque le film joue habilement dans la méta-référence : si la ville de Zootopie ressemble comme deux gouttes d’eau au château de Disneyland, ce ne sont pas les seules références directes à Disney que vous retrouverez au sein de l’intrigue… et l’une d’entre elles est certainement la réplique la plus efficace du long-métrage ! Loin d’être une simple suite de références jusqu’à une morale banale du type « viens comme tu es », Zootopie va plus loin et livre un sous-texte sociétal remarquable sur le vivre-ensemble, malgré les différences. Un sous-texte dont l’écho se fait – involontairement – encore plus puissant en France à notre sens (peut-être sommes-nous allés chercher ceci un peu trop loin), mais entrer dans le détail serait vous gâcher l’histoire. Pour certains, cette métaphore sera peut-être un peu facile, mais elle est cruellement nécessaire et s’impose d’ores et déjà comme l’une des plus belles leçons que l’on peut apporter à la jeunesse – et pas seulement. Avec un tel univers, il est assez évident de penser à d’éventuelles suites à Zootopie, d’autant que les possibilités s’avèrent infinies : en un film, il n’est bien évidemment pas possible d’en explorer chaque recoin. Alors, que pourrait-on envisager ? Aussi bien d’autres longs métrages qu’une série d’animation, voire un spin-off sur Flash le paresseux, pourquoi pas ? Tout comme il pourrait être possible d’intégrer les oiseaux, oubliés dans ce film. Zootopie a tout pour poser les bases d’un nouveau pan de l’histoire Disney, alors autant en profiter.

Impossible de vous parler de la version française du film : il nous a été projeté en version originale. Si jamais nous le voyons en VF bientôt, nous mettrons cet article à jour ! Ceci dit, il nous a semblé que certaines répliques passaient moins bien en français qu’en anglais ; certains jeux de mots en langue originale ne fonctionnant pas du tout en français, il faut trouver un moyen un peu tarabiscoté pour les conserver… quitte à ce que la blague perde en saveur, malheureusement (dans les sous-titres, en tout cas).

Quand le cinéma d’animation devient, une nouvelle fois, le terreau d’une imagination débordante, cela donne Zootopie : une réussite tout aussi bien esthétique qu’idéologique, avec un sous-texte politique soigné ! Une véritable leçon pour les enfants comme pour les adultes.

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Gabin Fontaine Rédacteur pour Silence Moteur Action, Hollywood Rapporteur et Super assistant web Forum Des Images.