Alors que la onzième saison de Grey’s Anatomy s’est achevée sur une note tragique aux États-Unis, avec le départ de Patrick Dempsey, les téléspectateurs français ont vécu celui de Cristina Yang à la saison précédente, sur TF1. Au Festival de Monte-Carlo, l’actrice Sarah Drew était présente pour parler de la série : cela fait désormais six ans qu’elle incarne le docteur April Kepner… Quel bilan tire-t-elle de cette expérience, et que peut-on attendre pour la suite ?

Vous avez d’abord joué un petit rôle dans Private Practice, spin-off de Grey’s Anatomy : comment en êtes-vous arrivée jusqu’au rôle d’April Kepner ?
Ça a été mon premier rôle avec Shonda, oui. Son équipe m’avait rappelée pour le tournage d’un pilote par la suite, qui n’a pas été choisi par la chaîne par la suite. Puis j’ai tourné deux épisodes de Grey’s, et on m’avait dit que je n’allais pas revenir. Mais lorsque l’épisode a été diffusé, mon agent m’a rappelé : l’équipe voulait que je revienne dans le casting ! J’ai hurlé de joie en apprenant la nouvelle.

Qu’est-ce que cela fait d’être dans une série constamment en mouvement, où les acteurs arrivent puis s’en vont à tour de rôle ?
C’est une bonne façon de voir les choses. Je trouve que la série parvient à se renouveler, à se réinventer, et l’arrivée de nouvelles personnes apportent constamment de l’énergie à l’histoire. Après tout, c’est comme ça dans la vie : on dit au revoir à certaines personnes, puis on en rencontre d’autres. Et nos personnages évoluent comme le reste du monde !

Quel part de vous-même insufflez-vous au personnage d’April ?
Il y a une très grande part de moi-même en elle : avant tout parce que, comme elle, je suis chrétienne et j’ai été vierge jusqu’à mon mariage. Je comprends bien que ce ne soit plus quelque chose d’important aujourd’hui, ou bien que ça puisse paraître ridicule, puisque les gens n’ont plus cette coutume d’attendre. Concernant le fait qu’April soit assez timide, c’était une volonté des scénaristes, évidemment. En tout cas, la plus grande similarité entre April et moi est certainement cette période où elle était enceinte, puisque je l’étais également. On a décidé d’incorporer ma grossesse à l’histoire, et ça a été quelque chose de très intense émotionnellement pour moi. En tout cas, les scénaristes sont très ouverts concernant l’élaboration de son personnage, ils acceptent ma participation ! Alors j’ai l’impression de me dévoiler à travers elle, c’est plutôt agréable !

Greys anatomy

Avez-vous peur pour votre personnage ?
Lorsque notre personnage meurt, on nous prévient tout de même un minimum, mais c’est la vie ! La série continuera quoiqu’il arrive. Alors je me concentre sur l’instant présent. Je vis des moments formidables, avec une équipe que j’adore. Si jamais je venais à quitter la série, ce ne serait pas un problème, je chercherai à incarner quelqu’un d’autre. Ça ne sert à rien d’avoir peur. Le fait que Grey’s dure depuis onze saisons est déjà quelque chose d’anormal : ça n’arrive pratiquement plus qu’une série dure aussi longtemps ! J’y suis depuis six ans et c’est déjà quelque chose d’incroyable. Peu importe ce qu’il se passera en plus, j’en serai heureuse. Concernant la fin de la saison 11, c’est un moment charnier pour April puisqu’elle est confrontée à un dilemme très important : elle doit choisir entre deux personnalités. Celle dont Jackson est amoureux, celle qu’il a toujours connue, et celle qu’April a obtenu sur le terrain en intervention. J’espère vraiment que « Japril » survivra à la saison 12 car je les trouve tellement mignons tous les deux…

Comment avez-vous vécu le départ de Patrick Dempsey ?
C’était un épisode si triste. Lire le script a été un moment bouleversant. On avait tout sauf l’impression de lire un épisode de Grey’s, plutôt le scénario d’un film d’action. Je n’ai pas pu retenir mes larmes ! Et quand j’ai vu Derek à l’écran, je me suis imaginée à sa place. Les gens nous envoyaient même des tweets d’eux en train de pleurer ! (rires). Les gens sont très attachés aux personnages, alors je peux comprendre leur colère. S’ils sont en deuil, c’est que les scénaristes ont réussi leur boulot, mais aussi Patrick Dempsey, de tout ce qu’ils ont fait pour construire ce personnage. Les gens ne seraient pas furieux s’ils n’étaient pas autant attachés aux personnages.

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