Clark Spencer, producteur Disney à qui l’on doit notamment Lilo & Stitch (2002), Les Mondes de Ralph ou encore Volt, star malgré lui était à Paris pour présenter la dernière production Disney: Zootopie.

« Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, qu’on soit le predateur ou la proie, tout le monde à sa place à Zootopie ! Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque dont elle fera son souffre-douleur… »

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A l’occasion de la venue de Clark Spencer, nous avons eu la chance de voir quelques extraits du film, une dizaine de minutes en tout, qui annoncent un film grandiose. Le film marque aussi la première collaboration entre Disney et la chanteuse Shakira qui interprétera le personnage de Gazelle. Sans plus attendre place aux questions!

Vous avez choisi un lapin et un renard comme personnages principaux, pourquoi pas un éléphant et une sourie ?

Clark Spencer: (Rires) Je pense q’il y a deux raisons à cela. Tout d’abord, renards et lapins sont des ennemis naturels dans la vraie vie, et nous voulions absolument un film avec un rapport proie/ prédateur, deux animaux qui ne s’entendent pas mais qui vont se retrouver à vivre ensemble dans la ville de Zootopia. Et il fallait que ce soit des animaux que les gens comprennent, qu’ils connaissaient. La seconde raison, c’est que le réalisateur Byron Howard adore dessiner des lapins, et Robin des bois et l’un de ses films préférés. Il s’est dit j’adore cette histoire, j’adore ce personnage donc, prenons un renard ! Alors nous avions nos deux personnages principaux.

L’univers de Zootopia est vraiment original, comment avez vous choisi les éléments du décors ?

Clark Spencer: C’est difficile, parce qu’il a tellement de choses différentes. C’est un mélange entre des choses que l’on peut croire réelles, auquel on peu se référer et un mélange d’imagination.Par exemple, pour la création des immeubles, il fallait donner l’impression que c’était une création d’animaux, ça se voit dans les formes,les matériaux naturels, et les fenêtres qui ne sont pas alignées car il y a des animaux de différentes tailles. Si on prête vraiment attention à tous les bâtiments, on voit qu’il sont extrêmement différents, en plus il y a des bâtiments que l’on peut reconnaitre, ( qui réfèrent au monde humain ) , pour pas que ça fasse trop science fiction et que ce soit rattaché à la réalité. C’est vraiment un bon mélange entre des choses que l’on connait et d’autres que l’on ne connait pas. Il y a certaines ch oses que les animaux font :Judy utilise un téléphone,on a jamais vu des animaux faire cela, puis elle bouge son nez d’une façon qui nous rappelle que c’est un lapin.

Pourquoi avoir choisi de collaborer avec Shakira?

Clark Spencer: Nous adorons Shakira, nous sommes de grands fans. Zootopia est comme le monde réel, nous voulions que l’artiste qui participe au projet vienne réellement du monde de la musique, qu’il soit de renommée internationale,et que sa musique marche à travers le monde, c’était une première raison, car elle a une bonne image dans le monde. Une deuxième raison, elle est réellement impliquée dans de nombreuses oeuvres de charité,, elle se soucie vraiment du monde. Nous ne voulions pas choisir une pop star qui ne pensait qu’à son physique. Et Shakira est vraiment une personne sensible, la voix de Gazelle devait être faite par quelqu’un qui la comprendrait. Quand on lui a présenté le film elle est tombé amoureuse de l’histoire, nous sommes tombés amoureux d’elle, et c’est vrai, tout ce qu’elle disait nous nous laissait penser « tu es le personnage de Gazelle. »

Gazelle

 

Judy est douée pour la reproduction, pourtant elle est seule. Est – elle féministe ?

Clark Spencer: Et bien, je pense que quand nous avons commencé le film nous aimions l’idée que les personnages se battent contre les préjugés. Elle ne se laisse pas dicter sa conduite, le personnage s’entend souvent répété qu’il y a jamais eu de lapine policière, et au début du film les gens se disent « ça ne pourra jamais arriver. » Même ses parents essayent de la protéger pour pas qu’elle soit blessée et il y a beaucoup de conversations où ils disent que ça ne se réalisera jamais. En tant que parents, ils ont l’expérience et connaissent les difficultés du monde, mais Judy est un personnage si fort et déterminée qu’elle se donne les moyens de le faire quand même, et cela véhicule un beau message. Donc féministe non, mais c’est un personnage qui sait ce qu’il veut et se donne les moyens de faire, et c’est une valeur universelle. Comme je l’ai dit ce matin, avant je travaillais dans la finance, on me disait que je ne pouvais pas être producteur. Mais un jour quelqu’un m’a dit que si je voulais quelque chose, j’avais juste à aller le chercher.C’est ce que j’ai fait et ça a marché. Judy et Nick sont deux personnages qui arrivent là ou on ne les attendait pas, c’est un message important à faire passer car c’est universel.

 

Est ce que vous pensez faire une série comme Le Roi Lion ?

Clark Spencer: Quand on fait un film, on ne pense jamais à ce qui peut venir après. Des fois, on a une qui vient, mais elle ne correspond pas au projet, alors on la garde de coté, et quand on veut faire un nouveau film, ou une nouvelle série, on peut la reprendre. Mais sur le coup, quand on a cette idée, on y réfléchit pas profondément. le but est avant tout de créer un bon film, le reste vient après. parfois, cette histoire est la seule qui mérite d’être racontée sur les personnages. Et c’est ce que j’aime chez Jared, il n’est pas là pour créer continuellement la même chose.

En tant que producteur, comment voyez vous l’avenir du dessin animé et du film d’animation, alors que d’autres plateformes, comme Netflix, commencent à produire leurs propres films ?

Clark Spencer: Et bien je pense que c’est une bonne chose que beaucoup de monde fasse du cinéma d’animation parce que cela signifie qu’il y a plus de gens qui en regardent. Donc je ne vois pas ça comme une compétition mais comme une façon de montrer au monde comment le cinéma d’animation est bon. Les différentes plateformes repoussent les limites et ça peut même nous inspirer dans notre travail de création. La chose la plus compliqué c’est comment s’assurer que les gens vont aller au cinéma pour regarder quelque chose plutôt que le regarder sur leur téléphone, ou sur l’ordinateur. Pour moi, il faut créer un monde que l’on aura besoin de voir sur grand écran, l’expérience est meilleure quand on est dans un public que de le regarder seul.Ce que j’aime dans Zootopia c’est que c’est un mode énorme, et tu as envie de le voir sur grand écran, avec un bon son, le voir avec un public, rire avec eux, Donc notre mission en tant que réalisateurs est de créer une expérience si géniale qu’on va vouloir aller le voir au cinéma et pas nécessairement le voir sur une autre plateforme. Mais je suis excitée par le fait qu’il y a par semaine au moins un film d’animation qui sort dans le monde, et cela rappelle à quel point l’animation c’est génial.

Le film a l’air vraiment drôle. Si vous deviez choisir un autre film disney où l’humour serait exactement le même, lequel serait – il ?

Clark Spencer: C’est très dur, parce que ce que j’aime avec Jared, c’est qu’il a proposé de faire un film moderne sur les animaux, et je pense que je n’avais jamais vu ça auparavant. Moi, ce que j’aime sur ce projet, ce sont les deux incroyables réalisateurs que nous avons, Byron Howard et Rich Moore, et tous les deux sont juste l’amusement incarné, quand tu t’assois avec eux dans une pièce ils te font rire. Et ils ont une façon de voir le monde, quoiqu’il se passe, il en feront quelque chose de drôle. Pour moi, c’est un nouveau tournant pour Disney et j’en suis vraiment excité. Toutes ces années Disney ont créé des films très différents. Les gens pensent que c’est toujours la même chose mais non, nos studios ont créé des films drôles, d’autres émotionnellement profonds..

Cela fait 25 ans que vous travaillez pour disney, vous avez grandi avec les classiques. Qu’avez vous ressenti en voyant un film d’animation pour la première fois ?

Clark Spencer: Vous avez raison j’ai grandi avec les classiques et j’ai eu de la chance puisque mon premier film a été Lilo & Stitch qui a été dessiné à la main avec un travail de fond à l’aquarelle. Et ma première expérience dans le film d’animation, fait à l’ordinateur a été Volt, et j’aime les deux techniques pour différentes raisons. Quand je regarde un film comme Zootopia je me dit que c’est un monde tellement énorme que la création par ordinateur est le meilleur moyen de le transmettre. Mais on peut toujours considérer que l’histoire serait aussi bien raconté par des dessins faits à la main tous les deux sont de très bonnes techniques. ce qui est génial c’est que l’on continue à créer des technologies qui nous emmènent dans des endroits jamais atteints. C’est quelque chose d’excitant de toujours pousser le challenge plus loin. Il faut rappeler qu’il y a des gens qui travaillent les personnages image par image, 24 images par seconde, ça reste un travail très minutieux, presque un travail à la main. Ces gens prennent le temps de faire un choix sur tous les traits de visage du personnage, jusqu’où monte le sourcil, comment agencer le sourire.. Ils font ces choix exactement comme ils le feraient à la main. Les gens ont tendance à oublier que toute création commence avec un crayon sur un papier. Byron Howard a commencé a dessiné sur le papier pour ce film et à chaque création par ordinateur les premières esquisses sont à la main, et je pense que les deux sont une excellente combinaison.

J’ai une question, la scène où Judy rencontre Nick que j’avais déjà vu était plus longue. L’avez vous modifié entre temps ?

Clark Spencer: Oui, en effet. Il y a une chose intéressante sur la façon de préparer le film. Nous faisons les scènes d’une certaine manière, puis quand le film prend forme, les scènes changent en fonction de l’histoire.C’était une scène que l’on adorait, elle était drôle mais, montée comme cela elle nous faisait comprendre que Nick le renard mentait. Mais Judy ne le voyait pas et pensait qu’il disait la vérité. Et nous avons réalisé que présenté comme cela, Judy ne paraissait pas intelligente. Le public doit pouvoir se mettre dans la tête du personnage principal, donc nous avons changé la scène afin qu’il ne sache pas que Nick mentait. Il était important que le public et Judy aient la même vision des choses. C’est très difficile parfois, on adore une scène, mais tout doit être mis au service de l’histoire, alors on change.

Plus qu’à attendre la sortie du film le 14 Février prochain… Pour patienter vous pouvez toujours écouter en boucle le titre de Shakira, « Try Everything » !

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