À l’occasion de la sortie en France de L’Ennemi de la Classe, nous avons pu rencontrer le réalisateur Rok Bicek et lui poser quelques questions sur son film et ses projets à venir…

Avez-vous toujours voulu travailler avec Igor Samobor ?
Rok Bicek: Le rôle du professeur a été écrit pour Igor. Avec les co-scénaristes, on a décidé qu’il était le meilleur pour ce rôle. Il est l’un des meilleurs acteurs de notre pays, et surtout de sa génération. S’il n’avait pas accepté, je ne sais pas ce que j’aurais pu ressentir puisqu’il est le seul acteur apte à remplir ce rôle. En fait, il n’avait pas le temps d’être impliqué sur le projet au départ car il s’était engagé pour un autre film. Celui-ci s’est annulé par la suite, alors il a pu faire partie de l’équipe, heureusement pour nous !

L’école marque par ses couleurs froides : était-ce un choix de mise en scène pour renforcer la tension du film ?
Rok Bicek: Bien évidemment, les couleurs étaient importantes pour construire l’atmosphère du film. J’en ai longuement parlé avec mes chefs décorateur et costume. Il n’y a que Sabina qui a une couleur chaude, le jaune : un seul personnage porte cette couleur au début du film et au fur et à mesure, de plus en plus de jaune apparaît. Avec un cadre resserré, j’ai voulu créer une sensation de claustrophobie et donner l’impression que la caméra était une mouche posée sur un mur.

Quelles ont été vos inspirations visuelles pour ce film ?
Rok Bicek: J’ai été très inspiré par Caché, de Michael Haneke, à cause de la manière dont il dévoile l’histoire, beaucoup de choses demeurent mystérieuses alors j’ai souhaité en faire de même concernant la mort de Sabina. Je n’ai pas pu éviter Entre les murs, qui m’a servi afin de montrer à mes jeunes acteurs comment la jeune génération pouvait jouer dans un film et comment elle agissait dans d’autres pays.

Comment gérez-vous les changements d’ambiance, entre tension et humour ?
Rok Bicek: À vrai dire, nous ne calculions pas le fait qu’il devrait avoir de l’humour à tel ou endroit. Nous essayions de réaliser un tableau de la vie quotidienne, afin de montrer comment la vie peut continuer malgré le deuil. Le film est basé sur des faits réels, il copie la réalité et ne se passe pas de moments amusants, puisqu’ils construisent une atmosphère très efficace. D’ailleurs, chaque scène amusante est interrompue par un nouvel élément de tension, d’où les transitions facilitées.

Quand avez-vous appris que votre film allait être distribué en France ?
Rok Bicek: Il y a un an et demi, nous montrions le film dans un festival en coopération avec l’Ambassade de Slovénie, le traducteur est tombé amoureux du film et voulait absolument qu’il puisse être distribué en France.

Quels sont vos futurs projets ?
Rok Bicek: En ce moment, je suis en train de boucler mon second film appelé The Family, que j’ai filmé pendant plusieurs années. Il s’agit du combat d’un enfant, devenant jeune homme, qui lutte afin de garder une famille normale.

Avec quelles personnalités du cinéma français aimeriez-vous travailler ?
Rok Bicek: Et bien… le cinéma est né dans votre pays, alors j’aimerais beaucoup travailler avec certains d’entre eux, mais je devrais d’abord apprendre votre langue ! J’ai pu parler à quelques occasions avec la réalisatrice Céline Sciamma puisque nous étions en compétition pour le Prix Lux. Dans mon école de cinéma, deux de mes professeurs ont fait leurs études à Paris et ont travaillé sur la photographie de films appartenant à la Nouvelle Vague.

Quel est votre film favori ?
Rok Bicek: Pour moi, Quatre mois, trois semaines, deux jours de Christian Mungiu est celui qui atteint le haut du podium : je l’ai vu lors de ma deuxième année d’études en cinéma, j’avais 22 ans. Il m’a beaucoup appris sur la manière dont le temps et l’espace devaient être gérés dans un film.

Et le film que vous détestez le plus ?
Rok Bicek: Si un film ne me plait pas, je sors du cinéma : je n’ai pas envie de me torturer ! La vie est trop courte pour voir des films que l’on n’apprécie pas. Et selon moi, il n’y a pas de mauvais films : si un film ne vous plait pas, c’est qu’il n’était pas fait pour vous.

Pulp Movies tient à remercier Paname Distribution et Cilia Gonzalez pour l’organisation de cette
interview.

Retrouvez notre critique du film L’Ennemi de la Classe ici !

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