C’est la surprise de l’été 2015 ! Alors que l’épisode final vient d’être diffusé aux Etats-Unis, il est temps de revenir sur notre série estivale préféré.

Derrière Mr Robot, un inconnu au bataillon. Sam Esmail, 38 ans, avec une petite filmographie derrière lui. Il nous prouve aujourd’hui son immense talent, en imaginant une série à la fois très réaliste et à l’ambiance glaçante, portée par un casting et une mise en scène à la qualité irréprochable ! Retour sur l’ovni Mr Robot.

Mr Robot suit Elliot Alderson, un jeune informaticien vivant à New-York et travaillant à la sécurité informatique de la plus grosse – et fictive – transnationale : E Corp. Ingénieur le jour, il se sent justicier la nuit et tente, en créant le groupe de hackers Fsociety, de mettre à bas cette société afin d’effacer les dettes du monde entier !

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Entre référence et hommage.
Mr Robot est clairement l’une des meilleures séries de l’année 2015. On le doit particulièrement à un scénario, aidé par une mise en scène, très efficace. Mais force est de constater que la série nous évoque des chefs d’oeuvres du cinéma bien connus de tous… Analyse. D’après nous, 3 auteurs semblent avoir inspiré Sam Esmail dans la création de Mr Robot.
Le premier serait David Fincher. On retrouve dans Mr Robot cette froideur à l’image caractéristique du réalisateur de Sev7n
mr, Fight Club ou Millenium. Une photographie très soignée, forte de symbolique et très étudiée ! De plus, c’est dans la psychologie des personnages de Fincher que l’on retrouve ceux, hauts en couleurs, de Mr Robot. Quid du Mark Zuckerberg de The Social Network accroc à l’informatique, que du parano reporter Robert Graysmith dans Zodiac ou du terrible et manipulateur Frank Undewood dans House of Cards. Mais c’est un autre film de l’ancien publiciste que nous évoque Mr Robot. Il s’agit de Fight Club, mettant en scène Edward Norton en personnage anti-système (ou plutôt anti-capitaliste). Le personnage principal de la série et du film sont tous deux assez insociables, dégoûtés de notre société de consommation. Ils trouvent alors en quelqu’un (Tyler Durden dans Fight Club, Mr Robot dans … Mr Robot) la force de combattre le système afin de se libérer eux mêmes, mais aussi de libérer le monde. En dire plus serait non seulement gâcher le film et la série, mais surtout tout ce qu’ont mis en place les réalisateurs pour nous faire tomber dans le panneau. Seulement voilà. Quand on a vu Fight Club, et/ou d’autres films de Fincher, il est plus aisé de comprendre des éléments de la série avant qu’ils ne soient expliqués. Si Esmail tente alors quelques pirouettes intéressantes, le résultat n’est pas tout à fait réussi.

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Le deuxième auteur qu’évoque Mr Robot sont en fait 2 auteurs, un frère et une soeur. Lana et Andy Washowski, réalisateur de la trilogie Matrix. On retrouve en commun de ces projets, l’ambition (dé)mesurée de présenter une Révolution 2.0. L’homme contre les machines dans Matrix, l’homme contre l’homme, via les machines dans Mr Robot. A l’instar d’un Neo, Elliot est l’élu, déterminé à détruire Evil Corp. On retrouve cette notion de révolution, contre le système, dans V pour Vandetta des Washowki.

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Enfin, on retrouve dans Mr Robot un air de Stanley Kubrick. L’immense réalisateur de Barry Lindon, l’Odyssée de l’Espace, Shining, Full Metal Jacket ou Orange Mécanique a probablement inspiré Esmail. On retrouve tout d’abord ce rapport à la violence imagée, très froide et dure.
Mais c’est aussi le rapport qu’entretient la série à la musique qui nous évoque Kubrick. Ce dernier était réputé pour faire ces films autour d’une musique (le danube bleu de Strauss dans 2001, la sarabande d’Haendel dans Barry Lindon ou la symphonie n°9 de Beethoven dans Orange Mécanique). Mr Robot possède, dans chaque épisode, une palette musicale très étendue allant de l’électro très informatique pour symboliser l’univers de Fsociety à la musique classique et d’opéra pour évoquer le monde politique et financier (de E Corp, All safe …). Bien évidemment, il mélange les genres entre eux, en témoigne le sublime remix de la Valse de Chostakovitch dans l’épisode final, brillamment utilisé.

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Un scénario efficace
Malgré toutes les inspirations (non exhaustives) listées ci-dessus, il en ressort de Mr Robot un sentiment d’originalité plus que bienvenu. La modernité de la série, portée par un scénario grandiose, aide en partie. Effectivement, tous les personnages sont extrèmement bien écrits, et bénificient tous d’une présentation très très efficace.
De Elliot, retranché sur lui même depuis la mort de son père, à sa psy, sa meilleure amie (dont on suit l’évolution avec intêret), groupe de hackers jusqu’à l’ambitieux Tyrell Wellick. Tous sont poussés par des motivations, et travaillés psychologiquement par leurs actes passés ou futurs. La série gagne en qualité avec, aussi, le réalisme. Tout ce qui est montré à l’écran concernant l’informatique est vrai et réalisé en temps réel ! De la vie privée des gens, aux téléphones portables, ordinateurs, centre de sécurité … tous les piratages sont vrais !

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Performance
Enfin, comment ne pas citer les excellentes performances du casting. Rami Malek, que l’on avait trouvé épatant dans la série The War at Home, interprète ici Elliot. Il donne au personnage un sentiment de folie, perdu et isolé au coeur de Gotham. Mr Robot est incarné par le très grand Christian Slater (Le Nom de la Rose, True Romance) et la meilleure amie de Elliot, Angela, est incarnée par Portia Doubleday que l’on avait aperçu dernièrement dans Her de Spike Jonze. Mention spéciale à Martin Wallströme acteur suédois qui fait ces débuts sur les écrans US. Il incarne avec brio Wellick, et on peut sans souci dire qu’il est la révélation de la série, à suivre dans ses prochains projets ! Mention aussi à Michel Gill dans le rôle du PDG de All Safe, et sorte de père spirituel de Elliot. L’acteur, que l’on avait beaucoup aimé en président dans House of Cards, apporte ici à son personnage un brin de douceur et d’innocence qui le rend absolument empathique !

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En conclusion, Mr Robotdéjà renouvelée pour une seconde saison – est une série à visionner d’urgence si ce n’est déjà fait ! Porté par un excellent scénario et des acteurs très convaincants, le projet fort ambitieux de Sam Esmail qui a su tirer de films cultes un produit totalement original et magnifique, est une série unique et très troublante.

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