Après Marco Polo en fin d’année 2014, puis la 3ème saison évènement de House of Cards en février, et juste avant le retour tant attendu pour sa saison 3 de Orange is the new Black, le géant américain du streaming Netflix vient de dévoiler sa toute nouvelle série de science fiction : Sense8 !

Attendue comme la messie par les fans de science fiction, elle s’apprête à recevoir le même accueil critique et public que Daredevil. Et si la qualité est la même que cette dernière, on accepte sans rechigner ! Alors que vaut Sense8 ?

Avant de revenir à la genèse du projet, un petit tour de l’histoire ;
Un coup de feu, un décès et un moment hors du temps vont irrévocablement lier huit individus jusque-là ordinaires. Éparpillés aux quatre coins du monde, leurs vies et leurs secrets s’entremêlent. Ils courent un grand danger.

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Plus concrètement, la série de 12 épisodes suit Nomi, Riley, Will, Wolfang, Kala, Lito, Sun et Capheus, 8 personnages éparpillés dans des lieux aux antipodes les uns des autres, qui ne se ressemblent absolument pas mais qui vont se retrouver embarqués dans aventure incroyable …

Derrière ce projet fort ambitieux, on retrouve Andy et Lana Wachowski ! Outre la trilogie Matrix, il y a 16 ans déjà, on leur doit cette année l’échec de Jupiter Ascending, space-opéra loufoque visuellement impeccable, à l’histoire légèrement niaise. Mais ils ont aussi co-réalisé le somptueux et grandiose Cloud Atlas, dont les intrigues s’embriquant les unes dans les autres fait forcément penser à Sense8 ! Et ce n’est pas la seule ressemblance, car outre les Wachowski, c’est Tom Tykwer qui réalise quelques épisodes de la série. Tom Tykwer qui avait réalisé Cloud Atlas (ainsi que, dans une autre mesure, la musique du film). Ainsi donc, si la série est estampillée Netflix, ces derniers ont laissé carte blanche aux Wachowski pour la création de la série. C’est ainsi que l’on retrouve aussi James McTeigue à la réalisation, qui n’est autre que l’assistant réalisateur des Wachowski sur la trilogie Matrix et le réalisateur de V pour Vendetta (produit par … Andy et Lana).

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Une fois posé le cadre, on peut donc passer à la suite ; La série nous entraîne non pas aux 4 coins du monde mais bien aux … 8 coins du monde ! De Chigago à Berlin, en passant par Mexico, l’Islande, Londres, l’Inde, Nairobie, San Francisco jusqu’à Séoul, la série nous offre un tour d’horizon du monde. De part son sujet, Sense8 semblait être intéressante et captivante sur le papier mais pouvait échouer à l’écran, en présentant une pléiade de personnages de différents horizons, juste là pour remplir le « quota » (une indienne, un européen, un africain, un mexicain, une asiatique …). Mais au final, c’est bien le contraire : Ce sont les personnages qui donnent la force à la série, tant et si bien que l’intrigue SF passe en second plan ! Ils sont 8 (plus les seconds rôles), et sont tous plus passionnants les uns que les autres ;

D’ailleurs, c’est par la prestation des acteurs que la série prend un souffle d’émotion et d’aventure palpitante ! Pour la plupart acteurs déjà connus (plus ou moins), ils présentent tous une palette très étendue. Jamie Clayton qui incarne la transexuelle et activiste Nomi est sidérante, Brian J. Smith (qu’on avait déjà vu dans Stargate Universe et Defiance) en policier dans le ghetto est ultra réaliste. Miguel Angel Silvestre (sex-symbole espagnol) incarne un acteur, véritable mise en abime assez forte tant sur l’Art que la société Mexicaine, Tena Desae (Star de Bollywood) en indienne face à un mariage forcé, Tuppence Middleton (Jupiter Ascending … tient tient, encore une habituée des Wachowski) en DJ islandaise s’étant reclue à Londres, Aml Ameen (Le « jeune » Cecil dans le Majordome, Le Labyrinthe) ou bien encore la star allemande Max Riemelt (un habitué de Dennis Gansel, et l’un des héros du succès La Vague) ou la star coréenne Bae Doona (Déjà apparue dans Cloud Atlas et Jupiter Ascending …).

Et c’est donc aussi par le choix de tous ces acteurs différents que l’on croit à cette diversité ! Sur 8 des personnages principaux, seulement deux sont des américains natifs. Le film brille aussi par l’utilisation de ce phénomène des sensitifs qui consiste à 8 personnes d’un même « cercle » de se connecter entre elles et d’avoir accès, du coup, à une sorte d’encyclopédie d’expérience. Le film casse la plupart des codes narratifs hollywoodiens, ce qui déstabilise au début. A aucun moment les 8 personnages se retrouvent ensemble ; non, c’est toujours 2 ou 3 à la fois. On découvre donc les différents protagonistes, sans réel fil conducteur, mais finalement chacune des histoires voit son utilité et se retrouve imbriquée dans la grande intrigue. Et c’est là la force de Sense8 ! L’analogie à Cloud Atlas est donc évidente, et prouve qu’en série cela marche aussi bien qu’en film (les Wachowski auraient-ils trouvé un nouveau terrain de jeux ? on l’espère).

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En conclusion, Sense8 porte son nom extrêmement bien ! Véritable expérience sensitive, le dernier projet des Wachowski est une réussite ! Il allie émotion à grand spectacle, course poursuite à science fiction et pléiade de personnages à une histoire bien construite. On ne peut que vous conseiller, très vivement, d’essayer. C’est votre choix ; Et puis, comme le dit l’un des personnages : « Est-ce que c’est nous qui faisons des choix, ou bien est-ce ces choix qui nous font ? »

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