[AVIS] Comment je suis devenu super-héros (2021) Douglas Attal

Comment je suis devenu super-héros
Réalisé par : Douglas Attal
Avec : Pio Marmaï, Vimala Pons, Antoine Gouy, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti, Swann Arlaud, Clovis Cornillac, Camille Japy
Date de Sortie : 9 Juin 2021
Durée : 1h48min

Synopsis :

Paris 2020. Dans une société où les surhommes sont banalisés et parfaitement intégrés, une mystérieuse substance procurant des super-pouvoirs à ceux qui n’en ont pas se répand. Face aux incidents qui se multiplient, les lieutenants Moreau et Schaltzmann sont chargés de l’enquête. Avec l’aide de Monté Carlo et Callista, deux anciens justiciers, ils feront tout pour démanteler le trafic. Mais le passé de Moreau ressurgit, et l’enquête se complique…

Affiche du film Comment je suis devenu Super-héros

2.5

Comment je suis devenu super-héros était le projet tant attendu du réalisateur Douglas Attal. Malheureusement sorti uniquement sur la plate-forme Netflix et non en salle comme il était prévu, l’adaptation du roman de Gérald Bronner a tout de même de quoi se démarquer des productions habituelles. Se voulant être le film de super-héros à la française, le projet attise le curiosité, autant qu’il surprend dans le bon sens.

Le cinéma français est capable de merveille, capable de diversité et la genèse de Comment je suis devenu super-héros est là pour le rappeler, pour notre plus grand plaisir.

Un film de super-héros, type blockbuster qui décide d’aborder ce genre, assez largement traité ces 20 dernières années, à la manière d’un thriller. Bien qu’assez maladroit dans sa première partie d’exposition, avec des dialogues pas toujours très inspirés, voir gênant ; le long-métrage parvient cependant à accrocher le spectateur grâce à son personnage principal. Plutôt atypique dans ses manières d’agir, de parler et surtout d’ignorer, il est la véritable accroche, le point principal sur lequel s’appuie le réalisateur afin d’exposer son univers réaliste. Moreau (Pio Marmai) n’étant au premier abord qu’un monsieur tout le monde qui ne fout pas grand-chose mais qui se détache de la masse, n’étant pas très sociable ou carrément insupportable.


Après un léger temps d’adaptation, l’univers et les personnages étant plus ou moins installés, le film entre dans une partie plutôt intéressante, voir presque alléchante. Avec un univers qui ressemble fortement à celui du manga japonais My Hero Academia, Douglas Attal prend le parti d’apporter une touche esthétique différente, intrigante mais extrêmement agréable à un genre qui souffre d’une uniformisation désolante depuis quelques temps.

C’est un film coloré, beau, avec une variété dans ses intentions de mises en scène qui fait du bien. Attal propose dans sa réalisation ainsi que dans son écriture des éléments sortant de l’ordinaire. Avec relativement peu d’efforts en terme d’originalité, le cinéaste nous offre un véritable moment de cinéma. Une douceur visuelle remarquable en terme d’effets spéciaux ainsi qu’ un humour assez piquant, délicieusement servi par la belle performance de Pio Marmai. Lui qui brille tant dans ce film au coté d’un Benoit Poelvoorde aussi touchant qu’hilarant. Mais on ne peut pas en dire autant de leur collègue Vimala Pons qui, il faut le dire, n’y peut rien. 

Son personnage porte en lui la quasi totalité de ce qui fait de ce film une œuvre bancale. Il ne peut donc rien être reproché à l’actrice qui tente, tant bien que mal de parvenir à effacer les nombreux défauts d’écriture. Car la nouvelle coéquipière de Moreau est définitivement le cliché ambulant qu’il fallait à tout prix éviter. Un cliché qui revient sans cesse à notre grand désarroi.

Image du film Comment je suis devenu super-héros
Leïla Bekhti est Callista & Benoît Poelvoorde est Henri Monté Carlo

Si l’envie de réaliser un film de super-héros à la française est une excellente idée sur le papier, il convient d’éviter de copier les défauts des autres, notamment, ici, ceux du cinéma américains. Le personnage de Cécile Shaltzmann (Vimala Pons) ne sort pas de sa fonction principale de faire-valoir, voir de personnage fonction. Elle existe pour rappeler tout ce qui est inutile et superflu dans ce genre de film. 

Consolation pour celle-ci, elle n’est pas le seul élément perturbateur. Douglas Attal tombe dans le piège d’une inspiration trop forte, au point que les clichés prennent le pas sur les quelques bonnes idées du long-métrage. On se rapproche bien trop du blockbuster américain, gâchant l’effet de surprise d’une mise en scène recherchée, d’intentions nobles qui tombent à l’eau. Le tout résonne alors qu’une fausse symphonie où la moitié de l’orchestre s’évertue à donner au public ce qu’il attend au lieu de le surprendre, de l’émerveiller.

Comment je suis devenu super-héros apparaît alors comme un film aux bonnes intentions, plutôt agréable mais qui ne parvient à dépasser le cadre de ses inspirations américaines. C’est donc sur une note amer que se termine le film qui en se sabotant tout seul nous laisse perplexe, incongru devant un tel spectacle dont les ambitions semblent tomber à l’eau. Cependant, on ne peut qu’apprécier la démarche qui se cache derrière ce film, l’envie de tâter la pop-culture à la française.

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