[AVIS] Douleur et Gloire, Banderas alter ego de Pedro Almodóvar !

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Synopsis :
Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

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Habitué du Festival de Cannes, Pedro Almodóvar revient en compétition officielle 3 ans après son drame Julieta. Il y présente cette année ce Dolor y Gloria (Douleur Et Gloire), film qui a fait parler de lui sur la croisette mais qui a surtout remporté le prix d’interprétation masculine pour Antonio Banderas. Celui qu’il a lancé il y a plus de 30ans avec Le Labyrinthe des passions (la première apparition d’Antonio Banderas au cinéma) incarne ici son alter ego avec brio. Parce que oui si le personnage principal ne s’appelle pas Almodóvar mais Salvador Mallo, la ressemblance est frappante. Son style vestimentaire et sa coupe de cheveux ne trompent pas ! Douleur et Gloire est un film sur Pedro Almodóvar ! Pour l’anecdote d’ailleurs l’appartement de Salvador Mallo (Antonio Banderas) dans le film est une reproduction à l’identique de l’appartement de Pedro Almodóvar. Le réalisateur espagnol se livre ainsi à nous à travers son alter ego incarné par son acteur de coeur, un film à l’apogée de leur collaboration qui fait de ce 7e film une oeuvre sublime et très personnelle pour son réalisateur.

Dans Douleur et Gloire, Pedro Almodóvar y présente ses doutes du passé et ses remises en question. Il y raconte en partie sa vie passée à travers ce cinéaste en pleine dépression. Mais attention, le film n’est toute fois pas à prendre au sens littéraire, il ya une grande partie de fiction. Si son personnage principal ne s’appelle pas Pedro Almodóvar c’est qu’il y a une raison. Le film parle avant tout des boucles de la vie à boucler. Un film sur la réconciliation mais aussi sur les addictions qui aident Salvador Mallo à retrouver un certains passé dont il est enchainé. Pedro Almodóvar y présente une certaine addiction au passé On a tous ce bagage du passé qu’on se traine, entre les douleurs et les gloires. Pedro Almodóvar nous ouvre ainsi certains de ses bagages sans trop préciser lequel est vrai.

Accompagné par une incroyable Bande originale signée Alberto Iglesias son compositeur fétiche aussi récompensé à Cannes lors des Cannes Soundtracks, le film ouvre progressivement la vie de Pedro Almodóvar dans un rythme particulièrement lent et parfois redondant. La prestation bluffante d’Antonio Banderas nous tient cependant en haleine dans ce drame quasi autobiographique. Comme à son habitude Penélope Cruz y est aussi sublime et étincelante. Elle en fait ici son 7e film avec le réalisateur Espagnol comme Antonio Banderas. Elle y incarne sa mère, du moins la mère de Salvador Mallo qu’il regrette, en pleine hélant de nostalgie.

Pedro Almodóvar fait honneur à son cinéma et son humilité. Avec finesse il se livre sur son addiction au passé et sa nostalgie comme une ultime conclusion dans la carrière du cinéaste. S’il ne sera pas le dernier il marque tout de même un cap puissant et personnelle dans sa carrière; film qui marquera aussi Antonio Banderas pour sa première grande récompense dans sa carrière d’acteur. Antonio Banderas y partage d’ailleurs aussi quelques thématiques, l’accès à la gloire n’est pas sans douleur. Sobrement le réalisateur conclu le film par un plan de Salvador Mallo mettant en scène sa propre vie. Une mise en abîmé qui vient clôturer le film de la plus belle des manières.

Malgré quelques longueurs Douleur et Gloire est un magnifique film sur Pedro Almodóvar, sur l’art, sur l’amour et même la vie en général.

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