[AVIS] Dirty God, Maître-mot : espoir.

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Synopsis : Le visage à moitié brûlé et une petite fille de deux ans. C’est tout ce qu’il reste de la relation de Jade avec son ex, qui l’a défigurée à l’acide. À la violence de cette histoire, succède désormais celle du regard des autres. Pour ne pas couler, Jade n’a d’autre choix que de s’accepter, réapprendre à sourire et à aimer.

3.5

Les lumières de la salle du Club de L’Étoile s’éteignent, les premières images de Dirty God se dévoilent. En fait, non ; les premières images de Dirty God se mettent à nu. Mêlant tragique et beauté organique, la peau de Jade nous apparaît comme le résultat d’un instant de vie qui a basculé. L’image de cette peau, craquelée, creusée, cicatrisée ne peux que nous frapper. “I am human” souffle la musique de Rutger Reinders. Le ton du film de Sacha Polak est donné.

Les attaques à l’acide (ou vitriolage) sont revenus au coeur de l’actualité ses dernières années. Notamment à Londres en 2017, où la dangereuse pratique à refait surface dans les rues de la capitale. En peu de temps, le vitriol est devenu l’arme de prédilection des membres de gangs, cambrioleurs ou de n’importe quel individu malintentionné cherchant un moyen rapide et irréversible d’assouvir une vengeance personnelle (passionnel dans la majeure partie des cas), dont les femmes sont souvent les victimes.

Dirty God prends place en Angleterre et aborde la reconstruction de Jade, jeune femme dans la vingtaine ayant été victime d’une agression à l’acide par son ex petit ami. Jade le sait, la reconstruction sera lente et difficile. Mais à l’accident et aux nombreuses opérations de chirurgie reconstructrice viennent s’ajouter moult épreuves : Construire une nouvelle vie sentimentale, trouver rapidement un travail pour subvenir au besoin de sa petite fille, gérer les tensions avec une mère perverse narcissique et accepter le fait qu’une meilleure amie peut malheureusement disposer d’une “amitié” à condition.

Sacha Polak entame ici son troisième film. Habituée du drame avec ces deux précédents longs-métrages, Hemel (2014) et Zurich (2015), la réalisatrice explore ici un chemin moins sombre et plus positif que ses œuvres précédentes.

L’interprétation de Vicky Knight, jeune inconnue britannique de 23 ans, apporte beaucoup à la réussite du film. Ayant été victime d’un incendie criminel à l’âge de 8 ans et après avoir eu  33% de la moitié supérieure de son corps marqué à vie, l’actrice avait beaucoup de points communs avec son personnage ; Tel était la volonté de Sacha Polak de trouver une jeune femme marquée physiquement et psychiquement par un événement tragique afin de compléter les traits de son personnage. Néanmoins, l’actrice a dû faire un long travail afin de rentrer dans la peau de Jade. Mais l’implication de la jeune femme dans certaines scènes complexes et la justesse de sa performance sont à saluer sans ménagement. Katherine Kelly convainc également en mère empoisonnante, peu encline à faire confiance à Jade sur la manière d’élever sa fille.

Côté technique la photographie de Ruben Impens (Grave, Alabama monroe, La merditude des choses) apporte un cachet non négligeable au film. Oscillant entre chaleur humaine et froideur urbaine, la lumière illustre parfaitement le propos et le ton du film.

Le sujet de Dirty God est assez précis et dur, ce qui peut rebuter certains spectateurs ne se sentant pas concerné directement par les affres du vitriolage. Cependant, faire face avec courage, se battre et ne jamais perdre espoir est un sujet qui cinématographiquement et humainement parlant, ne faiblira jamais. Avec Dirty God, Sacha Polak nous offre une toile personnelle et distincte. Seul reproche que l’on peut faire au film, plus de petits instants légers voir comiques dans cet océan dramatique nous aurait permis de souffler un peu, sans égratigner le message du film.

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