[AVIS] Mémoires de Jeunesse (2015) James Kent

Mémoires de Jeunesse
Réalisé par : James Kent
Avec : Kit Harington, Alicia Vikander, Taron Egerton, Emily Watson, Hayley Atwell et Dominic West
Date de Sortie : 23 septembre 2015
Durée : 2h 10min

Synopsis :
Printemps 1914. Jeune femme féministe à l’esprit frondeur, Vera Brittain est résolue à passer les examens d’admission à Oxford, malgré l’hostilité de ses parents particulièrement conservateurs. Décidée à devenir écrivain, elle est encouragée et soutenue par son frère et sa bande d’amis – et notamment par le brillant Roland Leighton dont elle s’éprend. Mais les rêves de Vera se brisent au moment où l’Angleterre entre en guerre et où tous les jeunes hommes s’engagent dans l’armée. Elle renonce alors à écrire pour devenir infirmière. Tandis que la jeune femme se rapproche de plus en plus du front, elle assiste avec désespoir à l’effondrement de son monde.

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« Mémoires de Jeunesse » : le titre est déjà très évocateur sur les thèmes abordés tout au long du film. La jeunesse, cette période de la vie où les émois amoureux sont plus présents que jamais, ce moment de la vie pendant lequel on rêve, on imagine, et on a de l’espoir pour l’avenir. Et puis il y a la guerre. C’est là qu’intervient la première partie du titre du film : « Mémoires ».

On peut très largement dire que ce film est du déjà vu, que les amours d’un couple pendant la guerre ont de très nombreuses fois été dépeints au cinéma. Et c’est vrai ! Mais ici, il ne s’agit pas que de cela. Tout d’abord, il faut se souvenir. Se souvenir que ce film de James Kent est tiré d’une histoire vraie, d’après le livre de Vera Brittain, auteure anglaise. Il faut également avoir en « Mémoires » la condition des femmes à cette époque. On nous en parle à l’école, dans des reportages télé, sur internet, mais il n’est pas une fois de trop de le rappeler au cinéma, notamment lorsque le film traite cela de manière qui ne soit pas lourde ou compliquée. Mémoires de Jeunesse nous fait un rappel historique nécessaire.

Dans l’œuvre cinématographique de James KentAlicia Vikander joue le rôle de Vera Brittain, fille de parents conservateurs, très proche de son frère avec qui elle partage une complicité hors pair. Loin de nous emmener violement dans l’horreur des tranchées et du no man’s land, Mémoires de Jeunesse nous confronte à la guerre du point de vue de Vera, cette jeune fille acceptée à Oxford et à qui tout semblait réussir. Pourtant, les bouleversements psychologiques et les chocs émotionnels de Vera nous sont transmis de manière très vive, nous rappelant, encore une fois, que la Première Guerre Mondiale a fait des victimes dans chaque milieu social et de différentes façons.

Alicia Vikander et Taron Egerton

Dans ce film tiré du livre de la véritable Vera Brittain, l’écriture, l’espoir et le rêve tiennent un rôle très important. Ils permettent à nos héros de garder la tête hors de l’eau lors d’une période plus que difficile. Mais cela suffit-il ? Comment les mots peuvent-ils être plus forts que les armes ? Sont-ils réellement plus forts que les armes ? Vera Brittain et Roland trouveront leur force grâce à la poésie, mais ce fantasme de l’écriture salvatrice sera bien vite rattrapé par la réalité. Comme le personnage de Vera le dit elle-même, maintenant, « écrire, ça fait partie d’une autre vie ».

A la fois douce et battante, à la fois triste et débordante de joie, Alicia Vikander nous offre là une prestation de taille. Encore assez peu connue, l’actrice signe ici son premier grand rôle. Nous pouvons parier que ce n’est que le début d’une grande aventure cinématographique pour elle. Elle vit son rôle à fond, elle nous entraine avec elle dans les affres des années 14-18 et retourne nos émotions dans tous les sens. Son amour pour Roland, joué par Kit Harington, semble plus que véritable. Quant à lui, l’acteur reste un peu plus timide. On le sent moins à l’aise qu’Alicia Vikander, mais sa prestation reste admirable. Son personnage instable est parfois attachant, parfois presque détestable. Le rôle n’est pas aisé, et Kit Harington s’en sort bien malgré Alicia Vikander qui brille au-dessus de lui. Le grand point d’interrogation reste Taron Egerton (Kingsman) dont le nom ne figure pas sur l’affiche alors que l’acteur est époustouflant et qu’il est présent tout le long du film. Il tient le rôle du frère de l’héroïne. Il est pour elle, une épaule sur laquelle compter, un meilleur ami, un confident… Il représente la moitié de ce qu’elle est. Ils construisent leurs projets de vies l’un grâce à l’autre. Alors pourquoi sa présence n’est-elle pas plus soulignée dans le film, on se le demande encore ! Mais Taron Egerton est là, et ce n’est pas en moindre mesure.

Sur le fond comme sur la forme, Mémoires de Jeunesse s’en sort bien. Intéressant et esthétiquement attrayant, le film reste cependant le parfait exemple de ce que l’on redoutait. Si l’histoire entre nos personnages reste assez captivante, le reste du film nous offre qu’une sorte de sous film de guerre en léger manque d’émotion et d’identité. C’est parfois long, mais on tient cependant jusqu’au bout, grâce notamment au casting des plus intenses. Le film se tient mais ne reste néanmoins pas une référence du genre !

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