[AVIS] Port Authority, MEET ME AT A BALL !

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Synopsis :
C’est l’histoire d’une rencontre, entre un jeune homme blanc qu’on prend pour un loser et qui tente de survivre dans un New York qui ne veut pas de lui, et une « famille » de danseurs noirs et queer de Harlem adeptes du « voguing ». Parmi eux, il y a une fille superbe. Mais voilà, elle n’est pas seulement une fille superbe.

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Danielle Lessovitz retenez bien ce nom car il s’agit d’une réalisatrice à suivre de près. Née à San Francisco et issue du documentaire, Danielle Lessovitz offre aux spectateurs, à travers son premier long métrage de fiction Port Authority, une ode à l’ouverture d’esprit qui ne fait jamais de mal. J’avais découvert la qualité de sa plume dans le très poignant Mobile Homes de Vladimir de Fontenay sélectionné en 2017 à la Quinzaine des réalisateurs et qu’elle avait co-écrit. On y suivait un couple en marge de la société, et c’est en partie ce que l’on retrouve dans son film distribué par ARP sélection qui sort en salle mercredi 25 septembre et qui faisait partie de la sélection Un certain regard au festival de Cannes.

Paul, incarné par Fionn Whitehead, remarqué dans Dunkerque de Christopher Nolan, est un jeune homme un peu pommé qui débarque sans le sous à la station de bus Port Authority. Alors qu’il devait être hébergé chez sa sœur qui ne viendra finalement jamais le chercher, Paul remarque un groupe de danseurs noirs et queer de Harlem, adeptes du voguing. Petite parenthèse pour celles et ceux qui n’ont peut-être jamais entendu parler de cette danse, je vous invite à aller visionner l’interview de Kiddy Smile menée par Mouloud Achour sur Clique TV, ou bien simplement à rechercher la définition dans Google.

Prêt à passer la nuit dans le métro new yorkais, Paul se fait plus ou moins heureusement sauver par Lee (McCaul Lombardi vu dans Nous, les coyotes de Marco La Via et Hanna Ladoul) une tête brûlée magouilleur sur les bords qui lui offre un lit dans un foyer, le temps qu’il puisse se retourner. Paul accepte dans le même temps de travailler pour lui comme déménageur du service immigration. Un job ingrat qui consiste à saisir les affaires des familles qui ne parviennent pas à payer leur loyer. Un soir, Paul fait la connaissance de Wye, interprétée par l’icône de la culture LGBTQ Leyna Bloom, une fille magnifique qu’il rencontre à un bal, comprendre ici une soirée où se retrouvent tous les danseurs que la grande ville New yorkaise exclut. Naît alors entre eux une relation faite de secrets, dans les recoins de la grosse pomme.

Pour un premier film, Port Authority était un pari risqué mais réussi. Notamment pour sa capacité à imprégner en douceur le spectateur qui partage la vision de Paul, dans une communauté minoritaire qui n’est jamais marginalisée, mais que l’on n’intègre pour autant pas d’un simple claquement de doigts. Avec une image stylisée, parfois laiteuse, et une caméra continuellement en mouvement, mon autre petite frayeur était que ce film soit finalement un long clip où les corps des danseurs seraient presque fétichisés mais il n’en est rien. Certes il y a quelques séquences de danse et des compétitions, mais on s’attarde plutôt sur les étapes de préparation pour y candidater. De même pour les questions voyeuristes que pourrait poser Paul à cette femme trans dont il tombe amoureux, elles sont évincées car le propos du film ne repose pas du tout là-dessus, il s’agit plutôt de faire se confronter ses aprioris poussiéreux à un amour respectueux et noble, et il se trouve que la danse apparaît comme un excellent médium pour y remédier.

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