Anecdotes
Spider-man par James Cameron
0 016 septembre 2026
C’est probablement le plus célèbre des Spider-Man qui n’ont jamais existé. Au début des années 1990, James Cameron, immense fan du personnage, convainc Carolco Pictures, le studio avec lequel il vient de produire Terminator 2, d’acquérir les droits du tisseur. Ils sont rachetés cinq millions de dollars à Menahem Golan, qui les avait récupérés après la dissolution de Cannon Films, pour un film budgété à cinquante millions. Fort du triomphe de Terminator 2, Cameron obtient carte blanche pour écrire, réaliser et produire.
Il livre deux versions. La première est un scénario complet coécrit avec Barry Cohen et Ted Newsom, mettant en scène un Peter Parker étudiant face au Docteur Octopus, rôle pour lequel Arnold Schwarzenegger a longtemps été évoqué. La seconde, écrite par Cameron seul et enregistrée en 1991, est un « scriptment », format hybride entre le traitement et le scénario, mêlant récit en prose et passages dialogués. C’est cette version qui est restée célèbre.
Un film interdit aux mineurs.
Le ton n’a rien à voir avec ce qu’on connaîtra ensuite. James Cameron y écrit un récit d’apprentissage adulte, chargé d’angoisse adolescente, d’hormones et de jurons, très éloigné du registre familial du genre. Même Stan Lee s’était déclaré impressionné. Certains commentateurs estiment qu’en retirant les références comics, le texte tiendrait comme un vrai film de science-fiction adulte sur le passage à l’âge adulte.


Electro en magnat à la Trump.
Le grand vilain n’est pas celui qu’on attend. Il s’appelle Carlton Strand, un petit voleur frappé par la foudre qui a bâti un empire criminel grâce à ses pouvoirs électriques. Le texte le décrit comme étant plus important que Donald Trump, une comparaison qui a pris une saveur particulière depuis. Dans les faits, il fonctionne davantage comme un substitut de Norman Osborn que comme l’Electro des comics. Il tente de recruter Spider-Man dans son organisation, lui propose de l’argent pour payer les frais d’hôpital de tante May, finance la campagne de dénigrement de J. Jonah Jameson, fait commettre des crimes par des hommes déguisés en Spider-Man, puis enlève Mary Jane. Sandman, de son côté, n’est guère plus que son homme de main. Le combat final se déroule au sommet du World Trade Center et se termine par la mort des deux vilains, Sandman transformé en statue de verre en fusion et Electro fracassé contre un immeuble.

Leonardo DiCaprio en Peter Parker
Le script mettant en scène un Peter âgé de dix-sept ans, James Cameron s’est mis à envisager Leonardo DiCaprio, alors en fin d’adolescence. Edward Furlong, son jeune héros de Terminator 2, a également été évoqué. Leonardo DiCaprio a raconté plus tard n’avoir eu que quelques conversations à ce sujet, mais si le film s’était fait, c’est très probablement lui qui aurait porté le costume.
Une innovation restée dans l’histoire
C’est James Cameron qui impose l’idée de lance-toiles organiques, produits par le corps de Peter plutôt que par un gadget mécanique. Une trahison du comic qui sera reprise par Sam Raimi dix ans plus tard, et qui restera l’un des choix les plus discutés de sa trilogie.

Pourquoi le film n’a jamais existé
Carolco s’effondre financièrement, cessant toute production active dès avril 1992. S’ajoute un imbroglio juridique considérable : le studio ne détenait pas les droits qu’il croyait posséder, des batailles se sont engagées sur les crédits d’écriture, et la Twentieth Century Fox a fait valoir que James Cameron était sous contrat exclusif avec elle. Le litige s’est étiré plusieurs années, jusqu’à ce que Sony récupère les droits. Entre-temps, James Cameron était passé à Titanic, et son contrat avec la Fox l’empêchait désormais de toucher au projet.
Une conséquence inattendue
Parce que le film était en développement, la série animée Spider-Man des années 1990 n’a pas eu le droit d’utiliser Electro ni Sandman. Le premier n’est apparu que tardivement, une fois devenu évident que le film ne se ferait jamais. Le second n’y a jamais figuré, remplacé par Hydro-Man. La série avait d’ailleurs été initialement conçue comme une sorte de suite au film, ce qui explique pourquoi Peter y est déjà Spider-Man dès le premier épisode, le long-métrage devant couvrir ses origines.






