Anecdotes

Raptorman, le surprenant script avorté de Jurassic World

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26 septembre 2026

par Jarvis2903

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En juin 2002, Steven Spielberg annonce qu’un quatrième volet de Jurassic Park est en développement, avec Joe Johnston, déjà réalisateur de Jurassic Park III (2001), à la réalisation. Le scénariste William Monahan, futur auteur de Kingdom of Heaven (2005) et des Infiltrés (2006), est engagé, et une sortie est envisagée pour l’été 2005. Sam Neill confirme son retour dans le rôle d’Alan Grant, et le tournage est censé avoir lieu en Californie et à Hawaï.

Steven Spielberg se montre particulièrement enthousiaste à l’époque, allant jusqu’à affirmer qu’il tenait là la meilleure idée de la franchise depuis le tout premier film, et qu’il regrettait de ne pas y avoir pensé à temps pour en faire le sujet du troisième volet. Le projet d’origine prévoyait le retour d’Alan Grant et d’Ian Malcolm, avec des dinosaures se propageant au-delà des îles, avant de bifurquer vers un tout autre terrain, celui de la manipulation génétique et d’un possible lien évolutif entre dinosaures et humains. Keira Knightley était un temps évoquée pour un rôle important, et Richard Attenborough prévoyait de reprendre celui de John Hammond.

William Monahan quitte le navire en 2004 pour aller travailler avec Ridley Scott sur Kingdom of Heaven. John Sayles, scénariste de Piranhas, d’Alligator et de Hurlements, est alors chargé de réécrire le script. Ce dernier imagine un concept assez fou : un mercenaire nommé Nick Harris, envoyé par Hammond récupérer sur Isla Nublar la fameuse bombe de mousse à raser contenant l’ADN de dinosaures, perdue par Dennis Nedry dans le premier film. Sur place, il tombe sur un laboratoire clandestin produisant des hybrides mêlant ADN de raptor, d’humain et de chien. Ces créatures, dressées pour des missions commandos, portaient une armure, étaient contrôlées par ondes radio et injectées d’adrénaline et de sérotonine. Harris devait être enlevé puis contraint de les entraîner. Le script poussait la chose jusqu’à leur donner des noms de figures antiques, le chef de meute s’appelant Spartacus, ce qui n’était sans doute pas le plus avisé pour une créature hyper-intelligente maintenue en captivité.

Les versions suivantes sont allées encore plus loin, avec une espèce de mercenaires mi-dinosaures mi-humains, et même, d’après les dessins du concept artist Carlos Huante, une créature bipède à peau verte surnommée Raptorman par les fans, dont l’arme à feu était directement fusionnée à son bras. Jeremy Piven et Emmy Rossum étaient pressentis pour des rôles clés.

Le scénario a fuité en août 2004, apparemment à la suite du piratage de la boîte mail de Steven Spielberg, et John Sayles a confirmé par la suite son authenticité. Steven Spielberg avait d’abord qualifié l’idée de mère de toutes les idées, avant de perdre progressivement la foi jusqu’à trouver l’idée plus assez solide. Le projet prend du retard, s’enlise, et est officiellement mis en pause en 2008 avant d’être abandonné.

Une idée étonnante donc, qui malgré son rejet inspirera plusieurs éléments de Jurassic World. Le dressage des raptors par un humain vient directement de là, tout comme le militaire chargé de les entraîner, campé par Chris Pratt, et le personnage de Hoskins, joué par Vincent D’Onofrio, qui reprend l’idée du super-soldat imaginée par William Monahan. Quant à l’Indominus Rex, il est lui aussi une combinaison génétique, dans la lignée des hybrides de John Sayles, en version nettement plus sage.

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