Anecdotes

Maman j’ai raté les 4 Fantastiques

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26 septembre 2026

par Jarvis2903

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Dans les années 90, Chris Columbus, réalisateur de Maman j’ai raté l’avion et futur producteur d’Harry Potter, est le premier à relancer sérieusement le projet 4 Fantastiques. Engagé par la Fox en 1995 pour écrire et réaliser le film, il y consacre environ deux ans, entouré d’une équipe de scénaristes comprenant Sam Hamm, Philip Morton et Michael France.

Sa vision : du Jack Kirby, pas du kitsch

Contrairement à ce que l’on lit parfois, Chris Columbus ne cherchait pas la parodie. Il a raconté en 2025 ce qu’il défendait en réunion, et c’était l’inverse du second degré : il estimait que les recherches visuelles devaient davantage évoquer Jack Kirby, le co-créateur des 4 Fantastiques, et l’âge d’argent de Marvel.

Il se battait aussi sur un point technique qui allait hanter toutes les versions suivantes du film. Pour lui, la Chose ne pouvait pas être un comédien dans un costume, parce que la taille du personnage était impossible à obtenir ainsi. Il voulait des effets numériques. Neuf ans plus tard, Tim Story engagera Michael Chiklis et lui fera porter un costume.

Un scénario plus fidèle que celui du film sorti en 2005

Le script développé à cette période, dont les versions signées Michael France ont circulé, en dit long sur ce que la Fox n’a pas voulu faire. Fatalis y renversait réellement le gouvernement de Latvérie et régnait depuis un château, salle du trône et Doombots volants compris, là où le film de 2005 se contentait d’un homme d’affaires new-yorkais. Son plan consistait à détruire la ville au moyen de nano-machines dissimulées dans un ouragan dont les nuages dessinaient son propre visage.

Le reste était à l’avenant : une séquence d’ouverture où l’équipe déjoue un attentat à Times Square, la Chose catapultant une bulle de champ de force à la fronde, un robot Adaptoïde capable de copier les pouvoirs des héros, et une porte ouverte sur une suite déjà titrée autour de la naissance de Franklin Richards. Le film consacrait peu de temps aux origines pour entrer directement dans le vif du sujet, et confiait à Ben Grimm la victoire finale sur Fatalis.

Un coup de fil sur le chemin du retour

La fin de l’aventure est brutale, et Chris Columbus l’a racontée lui-même. En sortant d’une réunion où il avait défendu ses positions, il reçoit un appel du patron de la Fox sur le trajet du retour, lui annonçant qu’il est viré et qu’il avait trop d’opinions.

Le cinéaste reconnaît que l’épisode l’a refroidi sur le genre. Il ajoute avoir ensuite perdu l’envie de faire des films de super-héros, à mesure qu’il voyait d’autres réalisateurs s’en emparer mieux que lui.

La longue traversée du désert

Après lui, le projet enchaîne les metteurs en scène sans jamais démarrer. Peter Segal est attaché en 1997 avant de renoncer. Raja Gosnell signe en 1999, puis part réaliser Scooby-Doo. Peyton Reed prend le relais en 2000, et c’est lui, et non Chris Columbus, qui porte l’idée d’un film d’époque situé dans les années 60, au ton assumé de comédie rétro, dans la lignée de son propre Down with Love. Il voulait une structure calquée sur A Hard Day’s Night des Beatles, sans aucune scène d’origines, avec une équipe déjà installée dans le Manhattan de l’époque. Il a défendu ce projet auprès de Tom Rothman, le patron de la Fox, vers 2002, avant de comprendre que le studio ne le ferait pas.

Tim Story ne sera engagé qu’en avril 2004, pour un tournage démarré à Vancouver dès le mois d’août.

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