[AVIS] Adieu les Cons, un spectacle époustouflant d’énergie, d’émotion et de cinéma !

« Adieu les cons » d’Albert Dupontel

Adieu les Cons
Réalisé par : Albert Dupontel
Avec : Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Kyan Khojandi, Grégoire Ludig, David Marsais
Date de Sortie : 21 Octobre 2020
Durée : 1h27min

Synopsis :

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Affiche du film Adieu les Cons

4.5

Adieu les cons est le nom (très inspiré en cette période) du dernier film du cinéaste français, Albert Dupontel. Couvert de louanges après la sortie d’Au revoir là-haut en 2017, l’auteur va devoir s’habituer une fois de plus aux compliments de tous, tant ce film pourrait bien être un des meilleurs films de l’année. Une nouvelle fois produit par Manchester Films, l’oeuvre s’attarde sur l’histoire de deux personnages dont le destin va les faire rencontrer pour un récit assez dingue.

Ainsi, l’on suit Suze, 43 ans, coiffeuse a qui il reste peu de temps à vivre suite à une maladie. Ayant 30 ans plus tôt accouché sous X, elle se met en quête de son enfant. Dans cette quête, elle fera la rencontre de JB, un informaticien de génie qui veut mettre fin à ses jours mais qui…se rate et blesse gravement un de ses collègues qui s’occupait de Suze. Celle-ci est seule réelle témoin de la tentative désespérée de JB, les autres pensant qu’il s’agit d’un attentat…Après chantage c’est le début d’une aventure entre la quête de l’ enfant de Suze et la fuite de JB qui vont devoir s’entraider.

Image du film Adieu les Cons
David Marsais (Préposé 2), Albert Dupontel (Jean-Baptiste Cuchas), Virginie Efira (Suze Trappet) et Grégoire Ludig (Préposé 1)

Adieu les cons c’est une comédie magistralement orchestrée, au rythme endiablée, entre comique de situation et dialogues d’une subtilité hilarantes. Dupontel explore les clichés, les utilisent avec panache, audace et bien souvent à raison. Tout le monde en prend pour son grade, dans cette critique sociétale au système si rapide, si grand qu’on en oublie trop souvent l’aspect humain, l’importance de l’autre, son histoire, ses forces et ses faiblesses. Adieu les cons c’est une histoire pleine de vigueur et de poésie qui vous laissera sans voix, entre rires et larmes, surprise, effroi et amour. C’est à la fois une ode à l’amour de son prochain et à l’amour du cinéma tellement le cinéaste met tout son cœur à l’ouvrage, avec un scénario des plus prenant, nous emportant dans une aventure urbaine folle, à la recherche d’objets puis de personnes puis d’autres choses…Et dans un monde qui ne prend plus le temps des bonnes choses, l’acte final résonne comme un appel audacieux à profiter de la vie, à l’image du film, avec panache. L’on appréciera d’ailleurs le parallèle lors de cet acte, entre cette œuvre et Thelma et Louise de Ridley Scott.

Un film profondément humain, qui sonne comme une quête initiatique avec sur la route différents personnages hauts en couleurs, rendant l’histoire d’autant plus appréciable que ne le rend déjà le jeu d’acteur de Dupontel et surtout de la magnifique, la sublime, Virinie Efira. Quelle prestation hors norme d’une comédienne qui éclaire cette œuvre de sa superbe, tant son jeu est juste, tant elle nous fait passer par différentes émotions avec un talent extraordinaire.

Image du film Lux Æterna
Virginie Efira (Suze Trappet) & Albert Dupontel (Jean-Baptiste Cuchas)

Cependant, malgré tout son talent, l’œuvre doit bien sa grandeur aussi à la réalisation de l’auteur français, qui nous offre là aussi, un spectacle des plus sublimes. On retiendra particulièrement une utilisation génialissime des lumières de nuits, éclairant avec douceur et contraste les visages des protagonistes ou la ville et ses grandes tours. Et au milieu de tous ces jeux de lumières, un long travelling  arpentant à la vitesse de Virginie Efira un escalier en collimation, vient éclairer nos pupilles de bonheur et de magie avec beauté et maestria.

Dupontel use ainsi de tous les artifices cinématographiques à sa disposition avec un montage profondément musical et atypique, notamment concernant les scènes de flashbacks. Sa caméra nous offre un spectacle époustouflant d’énergie, d’émotion et de cinéma. Oui, « Adieu les cons » est déjà un grand film qui résonnera encore longtemps dans nos esprits, tant les thèmes sont universaux et l’œuvre d’une beauté sans pareille.  Un des meilleurs films sorti cette année (bien qu’il n’y en ait eut que très peu malheureusement…) qui enchantera tous les publics et qui apporte, une fois de plus, une lumière non négligeable et bienvenue sur la qualité incroyable du cinéma français. Une œuvre à voir absolument, qui vous fera rêver, réfléchir, vous fera évader de ce monde, loin de tout, avec amour, loin des cons.

Pour l’anecdote, le film est dédié à Terry Jones, ancien membre des Monty Python décédé en janvier 2020 qui avait joué dans les précédents films d’Albert Dupontel Le Créateur et Enfermés dehors. Pour lui rendre hommage, Dupontel a ainsi invité le cinéaste britannique Terry Gilliam autre membre des Monty Phyton le temps d’une apparition.

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