[AVIS] Ava, néant cinématographique !

Ava
Réalisé par : Tate Taylor
Avec : Jessica Chastain, John Malkovich, Common, Geena Davis, Colin Farrell, Diana Silvers
Date de Sortie : 1 Décembre 2020 sur Netflix
Durée : 1h36min

Synopsis :

Une tueuse d’élite assaillie par le doute doit lutter pour sa propre survie et celle de sa famille après l’échec d’une dangereuse mission.

Affiche du film Ava

1.5

Parfois lorsque l’on regarde un film on se demande, au-delà de sa qualité, si il mérite dans ses intentions que l’on soit bienveillant ou non avec lui. Le cinéma est un art avec une diversité de proposition infinie qui compte parmi elle des chefs-d’œuvre, des échecs ou encore des œuvres avec de bonnes intentions artistiques. Et ce qui doit toujours primé avant tout, c’est la volonté de créer quelque chose de potentiellement original, quelque chose de l’ordre de l’artistique. Qu’il soit un échec ou non, là n’est pas le plus important dans le fond. Le plus important c’est de faire du cinéma. Et donc ? Ava, est-ce du cinéma ?

Ava est le dernier film de Tate Taylor, produit par Voltage Pictures d’habitude plus inspiré ayant produit Démineurs ou encore Killer Joe. Distribué en France par Netflix, l’œuvre connaît un certains succès populaire au vu de son casting prestigieux dans lequel on retrouve Jessica Chastain dans le rôle principal, tentant de se débattre tant bien que mal pour nous offrir une bonne prestation.

Jessica Chastain est Ava

Ava c’est l’histoire d’une tueuse travaillant pour une organisation secrète. Mais lorsqu’un travail tourne mal, celle-ci tente de l’éliminer.

Dès les premières lignes du pitch (qui est aussi petit que la qualité du film) se pose un très gros problème, une énorme incohérence qui annonce celles à venir durant tout le long-métrage : rien ne tourne mal. Quand un film part sur de mauvaises bases, difficile de corriger le tire. Les incohérences, même infimes, s’enchaînent malgré une base potentiellement intéressante avec une protagoniste type Le Transporteur.

Ava est la femme forte par excellence, elle sait tout faire. Malgré un lourd passif d’addict, Ava est désormais une tueuse hors pair, une femme accomplie. En proie au doute  dans quelques scènes qui étirent le récit pour aucune raison valable, autre que complexifier un récit qui ne l’est définitivement pas. Ava reste toujours forte, dans n’importe quelle circonstance. Ses quelques doutes sur ses actes ne l’empêchent en aucun cas d’accomplir ses missions. 

On remerciera d’ailleurs le scénariste pour ses tentatives désespérées de donner un véritable développement à la protagoniste tant le reste de son travail est aussi indigeste que la réalisation. Une réalisation dont la mise est plus que suffisante, au point de remarquer les gadgets en plastiques (les armes) utilisés par les acteurs. Rien à retenir mis à part quelques plans en plongée qui apportent une petite touche esthétique bienvenue. Malheureusement on ne retrouve pas ce même élan artistique dans des scènes d’actions omniprésentes, brouillonnes à souhaits, dont on ne peut que retenir, potentiellement, le combat final. Un surplus d’action gratuite et souvent inefficace pour un film qui ne compte que sur la beauté de son actrice principale. 

Common est Michael

Et plus que de compter sur sa beauté, l’on compte sur son talent indéniable avec un rôle aussi bancale que le film dans son ensemble. Une oeuvre qu’elle porte, ou plutôt, qu’elle veut porter mais sans jamais y parvenir totalement.

Pas aidée par ses deux compères masculins John Malkovich et Colin ; l’un étant à des années lumières de sa performance dans la série The New Pope de Sorrentino, et l’autre retombant dans ses travers vu dans Daredevil en 2003. Seule Geena Davis s’en sort avec un rôle tout à fait quelconque qui ne fait clairement pas honneur à sa sublime carrière et à son talent incroyable.

Ava est une œuvre qui se perd dans ses incohérences et l’envie permanente de proposer toujours plus de combat, sans jamais parvenir à un seul coup d’éclat. C’est un véritable problème pour un film de cinéma puisque l’on ne croit en rien et il ne nous emmène nul part. C’est un chemin balisé emprunté une centaine fois, en bien moins réussi  et avec un résultat nul. C’est une œuvre pauvre qui ne mérite aucune bienveillance ni aucune publicité.  Ava est un non respect pour le cinéma ainsi que pour le spectateur.

Si vous cherchez du cinéma à regarder sur Netflix, oubliez cette proposition proche du néant qui pue la suffisance. Regardez Les Affranchis, Casino, Les 400 coups, 8 Femmes, les Ghibli, Your Name mais ne perdez pas votre temps. Il n’y a rien à voir dans Ava à part Jessica Chastain que l’on plaint sincèrement. Car il n’y a rien de risible dans ce film d’une tristesse absolue.

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