[AVIS] Aya et la Sorcière, une oeuvre qui ne marquera pas l’Histoire de Ghibli !

Aya et la Sorcière (Earwig and the Witch)
Réalisé par : Goro Miyazaki
Avec les voix de : Elina Solomon, Sylvia Bergé, Thierry Hancisse
Date de Sortie : 14 Juillet 2021
Durée : 1h22min

Synopsis :

Aya a grandi dans un orphelinat douillet depuis qu’elle est bébé et ne sait pas que sa mère avait des pouvoirs magiques. Aimée et choyée, la fillette de 10 ans n’a jamais voulu quitter son cocon et son cher ami Custard. Espiègle, rusée, elle mène son petit monde par le bout du nez ! Lorsqu’un couple étrange vient l’adopter, Aya se rebelle et suit sa nouvelle famille à reculons… Mais que peuvent bien cacher ce mystérieux Mandrake et cette inquiétante Bella Yaga ? Au rythme des enchantements, une aventure extraordinaire attend l’adorable effrontée… car ses prétendus parents ne sont autres que des sorciers !

Affiche du film Aya et la Sorcière

Dès les prémices du projet, Aya et la sorcière, réalisé par Goro Miyazaki (qui est donc, le fils du grand Hayao Miyazaki) fut le sujet de nombreux débats. Un nouveau film des studios Ghibli entièrement fait en images de synthèse, une première pour le studio japonais, ce qui n’a pas manqué de faire réagir de toute part. C’était sans oublier la ligne directrice des studios, à savoir : une liberté artistique totale sur les différents projets. Et au vu du résultat en 28 films et 36 ans d’existence…On ne va pas s’en plaindre.

Fils Miyazaki signe donc ici son troisième long métrage avec Aya et la sorcière après le très bon La Coline aux coquelicots (2011) et le beaucoup moins bon Les contes de Terremer (2006). Un téléfilm diffusé en décembre 2020 au Japon qui s’inspire du livre éponyme écrit par Diana Wynne Jones. Malheureusement, celui-ci n’a pas pu être diffusé lors du Festival de Cannes 2020 auquel il concourrait pour cause de Covid. 

Néanmoins, il bénéficie du label du prestigieux festival et c’est difficilement compréhensible. Que ce soit clair, Aya et la sorcière n’est fondamentalement pas un mauvais film. Il bénéficie d’une animation ,qui malgré quelques défauts notamment en terme d’émotions faciales, reste dans la digne lignée de ce que propose Ghibli depuis sa création. Une animation de haute facture concernant chaque détails, chaque éléments, parfaitement mis en valeur par la mise en scène de Goro Miyazaki. Pas toujours extraordinaire, elle reste néanmoins très efficace et sublimée par une esthétique irréprochable, voir particulièrement jouissive dans certaines séquences.

Image du film Aya et la sorcière

Ce n’est donc pas l’animation qui pose problème, bien que le style adopté le rapproche peut-être trop (?) des œuvres américaines proposées par Dreamworks par exemple. Car celle-ci nous amène merveilleusement bien dans ce monde fantaisiste proposé par le réalisateur japonais. Un monde mystérieux et attrayant, manquant parfois de ce coté onirique que l’on pouvait retrouver notamment dans La Coline aux coquelicots. Ici l’univers est intéressant quand l’histoire paraît bien plate. Agréable sans être brillante.

Un film qui rappelle celui d’un ancien de la maison Ghibli, Hiromasa Yonebayashi avec Mary et la fleur de la sorcière (2017). Un film intriguant avec un univers, une mythologie particulièrement dense et attrayante, qui finalement tombe à l’eau au vu du peu qu’elle est exploitée, voir mis à l’écart.

Fils Miyazaki se concentre en effet sur le développement en tant que jeune fille, d’Aya. Celle-ci qui évolue par ailleurs très peu durant tout le film. Le reste étant plus que secondaire dans ce que propose Goro Miyazaki. Ce qui laisse un petit goût d’amertume, d’inachevée à une œuvre dont le final nous fait sentir une certaine perplexité, et non une belle surprise. Car comment être attaché au reste ? Comment éprouver quoi que ce soit quand tout et particulièrement l’histoire principale autour de cette mystérieuse sorcière rouge fut survolée ? L’implication est moindre, voir nulle. Peut-être qu’une durée plus conséquente au film aurait été bénéfique.

Bien qu’attachant et sympathique, Aya et la sorcière ne parvient pas à convaincre. C’est une œuvre dont l’importance est définitivement moindre dans l’Histoire des studios Ghibli. Une œuvre qui rappelle Les contes de Terremer et ne frôle jamais la virtuosité de son deuxième long métrage. Pourtant le talent est là, il ronronne doucement à l’image de son film malgré un début rock’n roll.

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