Les Anecdotes #38 – The Creator (2023)

The Creator est un film réalisé par Gareth Edwards sortie le 20 Juillet 2005 au cinéma. On y retrouve John David Washington, Madeleine Yuna Voyles, Gemma Chan, Ken Watanabe, Allison Janney ou encore Sturgill Simpson.

Dans un futur proche, humains et intelligence artificielle (IA) se livrent une guerre sans merci.
Soldat américain infiltré en Asie, Joshua est séparé de sa femme Maya au cours d’un assaut. Supposant que celle-ci est décédée, il rentre aux États-Unis, complètement dévasté. Cinq ans plus tard, l’armée lui demande de revenir sur le terrain, craignant qu’une puissante intelligence artificielle n’ait créé une arme qui permette à l’Orient de gagner la guerre qu’elle livre à l’Occident. Sentant son utilisation proche, elle souhaite qu’il la trouve et la détruise.

1 – Une inspiration venue d’un road trip 💡

L’idée de The Creator est née lors d’un road trip de Gareth Edwards après Rogue One. En traversant l’Iowa avec sa petite amie, il aperçoit une usine avec un logo japonais au milieu des champs. Il imagine alors un robot qui sortirait pour la première fois de son usine, découvrant le monde. Cette vision deviendra le point de départ du film.


2 – Un blockbuster filmé comme un indé 🎬

Gareth Edwards a voulu tourner The Creator de la manière la plus traditionnelle possible, à rebours des méthodes actuelles. Lors d’une visite dans un studio de réalité virtuelle pendant la préparation du film, il tombe sur une affiche décrivant le processus de fabrication d’un film, et la prend pour une notice banale. Il découvre alors qu’elle a plus de 100 ans — une révélation qui le pousse à repenser totalement sa méthode : filmer sans fond vertsur des lieux réels, avec de petites caméras, en mode guérilla, et ne rajouter les éléments de science-fiction qu’en post-production, avec l’aide d’Industrial Light & Magic.


3 – Une caméra grand public pour un film futuriste 🎥

Pour The Creator, Gareth Edwards et son chef opérateur Oren Soffer, épaulés par Greig Fraser (DuneThe Batman), font un choix radical : tourner avec une Sony FX3, une caméra compacte et accessible, loin des standards hollywoodiens. Ce format léger leur permet de filmer en décors réels, souvent en conditions guérilla, avec une liberté de mouvement maximale.

Mais pas question de sacrifier le look : la FX3 est équipée d’accessoires pro, de rigs cinéma, et surtout d’optiques haut de gamme, pour un rendu digne des plus grosses productions. Greig Fraser, en superviseur visuel, veille à ce que l’image garde une cohérence cinématographique forte, malgré les moyens légers. Soffer parle d’une expérience « libératrice », mêlant souplesse de tournage et exigence esthétique, le tout sublimé ensuite par Industrial Light & Magic en post-production.


4 – Pourquoi deux chefs op ? 🎥

Greig Fraser est à l’origine du look visuel du film : il a participé au développement visuel, aidé au choix des caméras, des optiques, du workflow, et supervisé la cohérence esthétique. Mais en raison d’un emploi du temps très chargé (notamment sur Dune: Part Two), il n’a pas pu assurer la totalité du tournage.

Il recommande alors Oren Soffer, avec qui il collabore sur des pubs et courts-métrages. Soffer prend le relais en tant que directeur photo principal sur le plateau, tandis que Fraser reste impliqué en consultant visuel — une sorte de mentor à distance, garant de la « signature » visuelle du film.

C’est un fonctionnement de plus en plus courant sur des productions ambitieuses à petit budget, où un grand chef op prête son expertise sans être présent tous les jours sur le terrain.


5 – Des lieux bien réels pour un monde imaginaire 🌏

lutôt que de créer des décors numériques, Edwards choisit de filmer en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Népal, Cambodge, Japon) dans des temples, des usines et des rizières existantes. Les éléments futuristes sont ensuite ajoutés numériquement. Ce mélange donne au film une esthétique entre réalisme brut et rêve dystopique, rarement vue dans le genre.

Image BTS du film The Creator.

6 – Un format digne des épopées hollywoodiennes 📐

Pour The Creator, Gareth Edwards choisit un format d’image rare et audacieux : le 2.76:1, aussi appelé Ultra Panavision 70, un ratio ultra-large qu’on retrouve dans des classiques comme Ben-Hur (1959) ou Les Huit Salopards (2015).

Pourquoi un tel format ? Parce qu’il permet de magnifier les décors naturels filmés en Asie, en accentuant l’ampleur des paysages tout en conservant l’intimité des personnages au centre de l’image. C’est aussi une manière de rappeler les grandes fresques épiques d’Hollywood, mais avec une sensibilité moderne et sensorielle.

Edwards explique avoir voulu que chaque plan donne la sensation d’un tableau, où l’immensité du monde contraste avec la fragilité de l’humain (ou du robot).


7 – Écrit pour John David Washington ✍️

Le rôle principal de Joshua n’a pas été casté par hasard. Gareth Edwards a écrit le personnage spécifiquement pour John David Washington, après avoir été marqué par sa performance dans Monsters and Men (2018) de Reinaldo Marcus Green. L’acteur y incarne déjà un homme confronté à des dilemmes moraux et politiques, un écho parfait au héros de The Creator.


8 – Madeleine Yuna Voyles : un casting mondial 👧

Le rôle central d’Alphie, l’enfant androïde, a été attribué à Madeleine Yuna Voyles après un vaste casting international. Madeleine avait 6 ans lorsqu’elle a passé l’audition pour The Creator, et 7 ans pendant le tournage. Elle se faisait raser la tête chaque semaine sur le plateau, pendant six mois.
Sa présence à l’écran et sa sensibilité émotionnelle ont immédiatement convaincu Edwards qu’elle était le cœur du film.


9 – Une bande-son hybride, humaine et électronique 🔊

Au départ, Gareth Edwards envisageait d’utiliser une IA musicale pour recréer le style de Hans Zimmer. Satisfait du résultat, il change finalement d’avis et propose à Zimmer lui-même de composer la BO. Pour brouiller les pistes, le compositeur et son collaborateur Steve Mazzaro utilisent des instruments traditionnels asiatiques afin de dérégler l’oreille des spectateurs. Edwards voulait que « si quelqu’un écoutait cette musique sans savoir, il ne devinerait pas que c’est Hans Zimmer. »


10 – Benedict Wong remplacé par Ken Watanabe 🎥

Initialement prévu au casting, Benedict Wong (Doctor Strange, Marco Polo) doit finalement se retirer à cause de conflits de calendrier. Il est remplacé par Ken Watanabe, qui apporte au film une présence à la fois sereine et menaçante, en chef militaire ambigu.


11 – Des influences multiples 🎞️

Gareth Edwards puise dans un panthéon de films cultes pour construire l’univers visuel et narratif de The Creator. Parmi ses références :

  • Apocalypse Now (1979) pour l’absurdité de la guerre,
  • Blade Runner (1982) et Akira (1988) pour l’univers cyberpunk,
  • Baraka (1992) pour sa dimension contemplative,
  • E.T. (1982) pour la relation enfant/adulte,
  • Rain Man et La Barbe à Papa (1973) pour l’émotion inattendue.
  • The Hit de Stephen Frears, polar méconnu, est cité pour son ambiance étrange et sa tension feutrée.

12 – Le titre original était plus romantique 💔

Avant de devenir The Creator, le film portait le titre de travail True Love — un choix qui en dit long sur le véritable sujet du film : la capacité d’aimer au-delà de nos différences, qu’elles soient humaines ou artificielles.


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