Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu est un film d’animation réalisé par Guillaume Canet, sorti le 1er Février 2013 au cinéma en France. On y retrouve Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Vincent Cassel, Jonathan Cohen, Marion Cotillard, Ramzy Bedia, Pierre Richard, Philippe Katerine ou encore Julie Chen.
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. L’impératrice de Chine est emprisonnée à la suite d’un coup d’État fomenté par le prince Deng Tsin Qin. Sa fille, la princesse Fu Yi, parvient à fuir et se rend en Gaule pour demander l’aide des célèbres guerriers : Astérix et Obélix. Les deux Gaulois acceptent de l’accompagner dans un voyage jusqu’en Chine pour sauver sa mère et libérer l’Empire. Mais César, en quête de gloire, décide lui aussi de se lancer dans cette conquête orientale… avec son armée.
1 – Un tournage à l’arrêt, un projet en chute libre 🐉
À l’origine, L’Empire du Milieu devait être le premier Astérix tourné en Chine, avec une coproduction sino-française ambitieuse. Mais la pandémie de Covid-19 a anéanti les plans dès 2020. Les repérages en Asie ont été interrompus brutalement, les équipes rapatriées en urgence, et la Chine s’est désengagée du projet.
Conséquence directe : le scénario a été réécrit, les décors chinois ont été reconstruits en France (notamment à Brétigny-sur-Orge), et le budget a explosé.

2 – Un budget titanesque… difficile à rentabiliser 💰
Avec un budget estimé à plus de 65 millions d’euros, L’Empire du Milieu est devenu l’un des films français les plus chers de l’histoire. Pour sécuriser les financements, Pathé a dû convaincre une quinzaine de partenaires, dont Canal+, Netflix, France Télévisions ou encore des collectivités locales.
Mais ce coût astronomique s’est retourné contre le film à sa sortie : attentes énormes, pression médiatique, et critiques assassines.
3 – Guillaume Canet, réalisateur sous tension 🎬
Guillaume Canet n’était pas le premier choix pour réaliser L’Empire du Milieu. Avant lui, Alain Chabat a décliné, jugeant le scénario trop bancal. Franck Gastambide et Michel Hazanavicius ont aussi été approchés, sans suite.
Canet, grand fan de l’univers, a proposé sa propre version avec lui en Astérix et Gilles Lellouche en Obélix, séduisant Pathé avec un duo populaire et un ton familial. Mais le tournage s’est vite transformé en défi titanesque : scénario à réécrire, stars à gérer, décors à reconstruire, et planning post-Covid explosif. Il a confié avoir frôlé le burn-out, au point de songer à abandonner le projet à plusieurs reprises.
4 – Un tournage épuisant et chaotique 🥵
Le tournage s’est étalé sur plus de 80 jours, avec des canicules intenses, des délais de construction des décors raccourcis, des tensions sur le plateau, et des reports à répétition. Plusieurs membres de l’équipe ont parlé anonymement d’une “ambiance morose”, et d’un plateau désorganisé.
Certaines scènes ont dû être retournées plusieurs fois, notamment à cause de problèmes de coordination entre les équipes VFX et les chorégraphes de combat.
5 – Lellouche en Obélix : un rôle lourd à porter 🧱
Gilles Lellouche a longtemps hésité avant d’accepter le rôle d’Obélix, tenu auparavant par Gérard Depardieu dans quatre films. Canet l’a convaincu en misant sur leur amitié, mais Lellouche redoutait la comparaison. Il a suivi une préparation physique intense, pris du poids, et porté un costume rembourré avec faux ventre et prothèses… un vrai défi sous 35°C.
En coulisses, il confiera que c’était « le rôle le plus inconfortable de sa carrière », tout en reconnaissant que l’expérience restait “une aventure unique et démesurée”.
6 – Zlatan, une idée (pas si) folle de Canet ⚽
C’est Guillaume Canet qui a eu l’idée de caster Zlatan Ibrahimović dans le rôle d’Antivirus, un soldat romain surpuissant. Fan du joueur, Canet a écrit le personnage pour lui avant même d’avoir son accord.
Zlatan a accepté à condition de mourir en héros, et a tourné ses scènes en un temps record, avec son propre staff. Il a même improvisé certaines répliques et tenu à faire ses cascades.

7 – Un casting de stars… pas toujours coordonné 🎭
Entre les tournages de clips, de concerts, et de séries, la disponibilité des stars était un casse-tête : Jonathan Cohen, Angèle, Orelsan, McFly & Carlito, Bigflo & Oli… tous avaient des emplois du temps surchargés. Résultat : des scènes tournées dans l’urgence, parfois réécrites à la dernière minute, et des acteurs qui ne se croisaient jamais sur le plateau.
8 – Astérix ou Marvel ? 💥
Canet voulait un Astérix à la hauteur des blockbusters américains. Il s’est inspiré de films comme 300, Shang-Chi, Avengers ou encore Tigre et Dragon. Certaines scènes sont tournées en ralenti stylisé, avec combats chorégraphiés, plans-séquences et fond vert à foison.
Mais cette ambition a parfois nui à la lisibilité du film, perdu entre hommage et parodie.
9 – Un scénario à huit mains… et des mains qui changent ✍️
Le scénario a connu de nombreuses réécritures. À l’origine, le duo Mechelen/Hervé (auteurs des Tuche) imaginait une aventure façon OSS 117, sans Astérix et Obélix. Le studio voulait un film centré sur une espionne gauloise, sorte de James Bond au féminin. Ce projet a été abandonné, mais plusieurs éléments comiques sont restés dans la version finale… parfois mal intégrés.
Guillaume Canet a ensuite réécrit une grande partie du script, notamment pour renforcer le rôle d’Astérix (qu’il interprète lui-même) et revaloriser Obélix après Depardieu. Un rééquilibrage qui a rendu le ton du film parfois instable, entre comédie, aventure et introspection.

10 – Netflix a failli produire le film 📺
En 2020, Netflix a proposé de produire et diffuser directement le film sur sa plateforme, en plein confinement. Les négociations ont été sérieuses, mais Pathé et les ayants droit d’Astérix ont refusé, préférant un lancement événementiel en salle.
Aujourd’hui, certains estiment que le film aurait peut-être été mieux accueilli en streaming, où le public est plus indulgent qu’en salle face à des superproductions hybrides.
11 – Panoramix pris au piège (et clin d’œil à La Chèvre) 🐐
Pour ceux qui seraient passé à côté, la scène où Panoramix s’enfonce dans des sables mouvants n’est pas qu’un gag burlesque : c’est aussi un clin d’œil assumé au film La Chèvre (1981), dans lequel Pierre Richard tombe lui aussi dans des sables mouvants, aux côtés de Gérard Depardieu.
12 – Une postproduction interminable 🎞️
Le montage a pris plus de six mois, notamment en raison de la quantité énorme d’effets visuels à intégrer. Certaines séquences entières ont été retravaillées après les premiers tests publics, jugés “trop lents” ou “trop confus”.
Le monteur a même raconté qu’il existait trois montages alternatifs complets du film, avec des durées différentes, des gags supprimés, et un ordre des scènes changé. Une version “plus drôle” aurait été écartée au profit d’un ton plus épique voulu par Canet.
