[AVIS] 1917, voyage au cœur des tranchées !

George MacKay as Schofield in 1917, the new epic from Oscar®-winning filmmaker Sam Mendes.

1917
Réalisé par : Sam Mendes
Avec : George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong,
Benedict Cumberbatch et Colin Firth.

Date de Sortie: 15 janvier 2020
Durée : 1h 59min

Synopsis :
Pris dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner une mission à proprement parler impossible. Porteurs d’un message qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats, dont le frère de Blake, ils se lancent dans une véritable course contre la montre, derrière les lignes ennemies.

Affiche du film 1917

4.5

Nombreux sont les films sur la première guerre mondiale mais peu d’entre eux arrivent à réinventer le genre. Si 2019 nous avais offert le magnifique documentaire Pour Les Soldats Tombés de Peter Jackson en images réelles, 2020 est l’année de Sam Mendes (Skyfall) et de son 1917, une immersion haletante qui n’a pour objectif que de vous plonger dans la journée d’un binôme de soldats dépassés par les événements. Une réussite technique qui scénaristiquement s’appuie sur des détails réels pour un réalisme bluffant. Et pour cause, Sam Mendes n’a pas pour habitude d’écrire ses films, 1917 est l’exception qui confirme la règle. La raison ? Le réalisateur anglais dédie ce film à son grand père, ancien combattant de la guerre 14-18 qui lui a raconté de nombreuses histoires. Un film qui lui est très personnel et ça se ressent !

1917 c’est l’histoire de deux jeunes soldats britanniques, qui se voient assigner une mission d’une importance primordiale. Une sorte d’Il Faut Sauver le Soldat Ryan réadapté et plus immersif grâce notamment à l’effet plan séquence, le plus gros atout du film. Parce que oui 1917 est un unique (faux) plan séquence qui malgré une coupe bien visible au milieu du film est une parfaite réussite. C’est aussi grâce à Roger Deakins, l’un des plus grand directeur de la photographie au monde, déjà à l’oeuvre sur Skyfall, Les Noces funèbres et Jarhead, la fin de l’innocence de Sam Mendes. Il vient détrôner le directeur de la photographie Emmanuel Lubezki (Birdman, Le Fils de l’homme, The Revenant) dans les spécialistes du plan séquence. Mais comparer Birdman à 1917 serait minimiser l’ambition du film de Sam Mendes qui propose bien plus qu’un film intimiste comme l’avait fait excellemment bien Birdman. Dans 1917 nos deux héros vont devoir braver le no man’s land, les tranchées, la boue et les rivières dans un seul (faux) plan séquence. Parfois en intérieur, parfois dans un camion, parfois dans un torrent, la camera les suit partout utilisant beaucoup de ruses pour nous proposer l’immersion la plus totale.

Pourquoi parler de ‘faux’ plan séquence me diriez vous ? Tout simplement parce qu’à l’image de nombreux films en plan séquence, 1917 n’en est pas un. Mais le résultat l’est. Les coupes sont camouflées et parfaitement faîtes pour que le spectateur soit totalement dupé; la magie du cinéma !

Capture du film 1917 où Schofield (George MacKay) regarde Colonel Mackenzie (Benedict Cumberbatch)
Schofield (George MacKay) et Colonel Mackenzie (Benedict Cumberbatch)

La réussite de ce plan séquence réside dans la magnifique photographie de Roger Deakins, de la mise en scène sublime et minutieuse de Sam Mendes mais aussi dans les prouesses physiques des jeunes acteurs;  Dean-Charles Chapman qu’on a pu découvrir dans la série Game Of Thrones et George MacKay vu dans le fabuleux Captain Fantastic et dans le magnifique Pride de Matthew Warchus. Comme une pièce de théâtre, les deux jeunes acteurs n’ont pas eu le droit à l’erreur et sur ce point aucun des deux n’a perdu son sang froid. Qu’il faille sprinter, nager sur des cadavres ou marcher dans la boue les deux compères s’en sortent excellent bien, mention spéciale pour George MacKay qui mériterait d’être bien plus présent sur grand écran. Nos jeunes soldats vont rencontrer sur leur chemin quelques hommes plus aguerris comme Colin Firth, Andrew Scott, Benedict Cumberbatch, Mark Strong, ou encore Richard Madden. Un casting d’exception pour un film d’exception. Tout cela est mis en valeur par des décors somptueux qui représente plus d’un kilomètre de tranchées et de fausses ruines !

Cette immersion intense et haletante mise aussi beaucoup sur le son que ce soit les belles compositions sonores de Thomas Newman qui accompagne Sam Mendes depuis quelques films déjà ou le sound design signé Michael Fentum au générique de nombreux blockbuster comme Jason Bourne, quelques Harry Potter ou encore Seul sur Mars. Une immersion des plus complètes qui cependant peu parfois nous perdre avec quelques effets spéciaux douteux comme l’avion, la cascade ou d’autres petits détails du genre. Mais ce serait chipoter que de parler de ces ratés, tant la traversée du décors en plan séquence est une réussite !

Malgré toute la réussite du film il manque un petit quelque chose qui ferait passer 1917 pour un chef d’oeuvre absolue. En essayant de trouver ce qu’il manque dans ce film techniquement bluffant, on repense à la scène d’ouverture en plan séquence de The Revenant avec la scène de bataille contre les indiens, une leçon de cinéma !

1917 est de ces films qui tentent, qui s’essayent à réinventer un genre que l’on connait déjà bien ! Le film de guerre n’a jamais été aussi immersif ! Sans trop de patriotisme Sam Mendes montre l’atrocité de la guerre mais aussi son côté humain sans être trop moralisateur.

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