[AVIS] Bliss, quand Noé rencontre Winding Rfn !

Bliss
Réalisé par : Joe Begos
Avec : Dora Madison, Tru Collins, Rhys Wakefield
Date de Sortie : Prochainement
Durée : 1h 20min

Synopsis :
Frappée par un blocage créatif, la belle Dezzy est en proie à un doute existentiel doublé d’un alcoolisme grandissant. Tout dérape lors d’une virée dans les bas-fonds nocturnes de Los Angeles avec son amie Courtney…

Affiche du film Bliss

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Dès les premières minutes, le générique ne trompe pas; on sait où l’on met les pieds ! Présenté en compétition à l’Etrange Festival et première séance de cette édition 2019 le générique stroboscopique de Bliss offre à l’étrange toutes ses lettres de noblesse et n’est pas sans rappeler le cinéma stroboscopique, acide et coloré du cinéaste Gaspard Noé (Love, Climax…). Il nous faut peu de temps pour plonger dans l’univers du film. Filmé au 16mm aux couleurs de pellicules flamboyantes, la côte Est américaine transpire dans les premiers instants du film avant de plonger dans un bain d’acide et coloré dynamité à la poudre blanche. Bliss n’est pas à confondre avec Bliss de Mike Cahill avec Salma Hayek et Owen Wilson, Bliss de Joe Begos est unique en son genre; ça on peut le dire !

Après Almost Human et The Mind’s Eye, Joe Begos nous offre ici son film le plus audacieux ! Entre un Climax (Gaspard Noé) et un The Neon Démon (Nicolas Winding Rfn), Bliss raconte l’histoire d’une artiste effondrée en pleine recherche artistique, une recherche qui va la mener dans les bas fonds de Los Angeles mais aussi dans la drogue et tout ce qui va avec. Le syndrome de la feuille blanche n’a jamais été aussi présent pour l’artiste qui virée par son agent plonge dans un trip acidulé et mouvementé de plusieurs hallucinations.

Dora Madison est Dezzy

Sur la première partie on aime la musique, les couleurs pellicule, le beau 16mm mais dans sa deuxième partie Bliss nous perd dans son trip mélange de LSD et de cocaïne dans une ambiance punk qui lui ai propre. Camera épaule couplée de plans en mouvement flottants la mise en scène est des plus interessantes mais l’histoire nous perd dans son élan de création. Evidemment le film va bien plus loin que des hallucinations et s’enfonce dans un délire horrifique auquel il faut bien s’accrocher.

Ainsi l’enchainement électrique de plans nous gave d’images et offre un rythme efficace et déchainé mais le film tire un peu trop en longueur pour réellement prendre son pied. En fait on pourrait plus l’apparenté à un long clip. Doté d’un visuel minutieusement élaboré mais d’un Pitch simpliste et parfois trop métaphorique sur l’artiste possédé. Une artiste incarnée par Dora Madison avec brio, accompagnée de jeunes talents américains; Tru Collins, Rhys Wakefield, ou encore Jeremy Gardner. Dora Madison retrouvera d’ailleurs Joe Begos dans son prochain film VFW tout comme le chef opérateur Mike Testin qui a opéré ici un travail visuel de qualité !

C’est très beau, intense, électrique mais trop long. La force de Bliss c’est son univers, qui peut particulièrement déplaire à certains. Le début est magnifique mais rapidement le film bascule dans ce qu’on a le moins préféré.

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