[AVIS] Doctor Sleep, une suite à la hauteur !

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Synopsis :
Un nouveau chapitre de Shining de Stanley Kubrick.

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

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Parfois on va au cinéma sans rien attendre du film que l’on va visionner. Parfois on a juste besoin de voir un film, peu importe sa qualité et parfois on appréhende ; on pense que le film sera mauvais à 90%.
Aujourd’hui, cette simple pensée traverse tout spectateur lorsqu’on lui parle de suite d’un film, d’une saga ou d’une licence qu’il a particulièrement appréciée. Et ce fut le cas de beaucoup pour la suite de Shining, j’ai nommé Docteur Sleep de Mike Flanagan, adaptation du roman du même nom du grand Stephen King, sorti en 2013.
Avec à la production, la société Vertigo Entertainment, habituée à des longs métrages assez libres et ambitieux comme Old Boy de Spike Lee ou encore Les Infiltrés de Martin Scorsese ; cette fois-ci, Stephen King, selon les dires de Flanagan, avait de quoi être satisfait.

Sorti il y a quelques jours, le film conte l’histoire de Danny Torrance, qui a dû surmonter le traumatisme de l’hôtel Overlook durant son enfance. Devenu adulte, il est désormais alcoolique comme son père et son Shining s’amenuise. Il tente de reprendre sa vie en main en aidant les autres grâce à ses pouvoirs et va croiser la route d’Abra Stone, une jeune fille qui possède un Shining extrêmement puissant et dont la vie est menacée par une mystérieuse organisation ; « Le Nœud Vrai » qui se nourrie des pouvoir psychiques des enfants dans le but d’être immortels.

Il faut bien l’avouer, Mike Flanagan a prit tout le monde à contre-pied. Docteur Sleep est à la fois un film hommage à Shining sans trop en faire, il est aussi une bonne suite et un très bon film.
On y retrouve la musique originale du film de Kubrick, certains plans iconiques de ce dernier ainsi que ses fameux fondus enchaînés, sans jamais que le film devienne une copie conforme.

Dans la réalisation, mis à part les quelques hommages à son prédécesseur, le cinéaste use d’une atmosphère très particulière, froide sans être glaciale. Cette atmosphère est parfaitement retranscrite par le jeu de lumière bien souvent bleue qui accompagne un épais brouillard que l’on retrouve quasiment à chaque apparition des antagonistes. C’est long, c’est pesant, angoissant et beau à la fois. On a le droit à quelques séquences magnifiées par la caméra de Flanagan et quelques effets spéciaux d’excellentes qualité, qui apportent cette petite touche surnaturelle et en même temps très spectaculaire. Ces effets sont accompagnés très fréquemment de plans séquences et parfois d’une caméra très aérienne qui rappellera certainement Shining. Bon nombre de plans zénithaux, larges et extrêmement bien centrés ne vont en aucun cas copier, mais plutôt innover, en témoigne ce jeu très flottant des plans qui suivent tel ou tel élément. Et autre grand point en terme de mise en scène, l’utilisation des costumes, du code couleur qui répond clairement au film Shining à tel point que c’est peut-être trop poussé. Flanagan a sa propre patte, sa propre vision de l’histoire et s’aide simplement du support d’origine en prenant le luxe d’expliquer les quelques parties flous du récit de Kubrick et en apportant cette touche d’originalité.

Le réalisateur prend le temps par exemple d’expliquer ce qu’est réellement le « Shining », le pourquoi du comment du pétage de plomb de Jack Torrance, des crises de Danny, des étrangetés de l’hôtel…Et tout ça avec un dosage parfait qui n’entrave aucunement son récit. Ici, on se concentre exclusivement sur Danny ; on suit son parcours, son évolution, ses tracas, etc…Et ça donne une des meilleures suites de ces dernières années.

Et tout ça est magnifiquement retranscrit par la bonne performance d’Ewan McGregor, toujours aussi loin du coté obscure de la force et toujours aussi convainquant. On retiendra aussi la superbe prestation de Rebecca Ferguson qui crève littéralement l’écran avec un jeu très inquiétant et travaillé au geste près ainsi que les débuts un peu timide de la jeune Kyliegh Curran. Un jeu d’acteur dans le ton du film et qui va porter le spectateur en lui faisant oublier « Shining » et son ambiance glaciale.

Danny est le personnage principal, dépressif, quelque peu torturé qui va s’affranchir de son traumatisme et vouloir trouver une sorte de rédemption. C’est d’ailleurs par ce bié, par cette recherche de lui-même qu’il va devenir le fameux Doctor Sleep en aidant des personnes dans le besoin.
Toutefois, l’arrivée dans sa nouvelle vie d’Abra et du « Nœud Vrai » vont l’amener à devoir faire un choix personnel, pour sa redemption.

On reste donc sur une base de scénario très banale, déjà vue mais cependant parfaitement exécutée. Loin du film d’horreur académique, les scènes horrifiques ne sont présentes que pour accompagner l’évolution du récit. On n’est pas dans de la peur pure et dure de certains actions ou événements mais plutôt dans de l’angoisse d’ambiance, plutôt sombre contrairement à Kubrick, qui va maintenir une certaine tension tout au long du métrage. Un métrage où plusieurs péripéties viendront surprendre le spectateur, tant le cinéaste prend, une nouvelle fois, à contre-pied nos attentes. Le film prend une bonne heure, le temps de tout installer et de faire partir de la salle le public le plus impatient et perturbateur…L’univers de Stephen King s’étend, on prend le temps de connaître nos nouveaux protagonistes, leurs ambitions ainsi que les enjeux fondamentaux du long métrage. Une tache parfaitement exécutée malgré quelques longueurs à noter, qui permet toutefois d’exploiter au mieux ce « nouvel » univers qui pousse bien plus loin encore le concept du Shining.

Tout ce travail va permettre d’avoir une deuxième partie qui va réunir tous ces personnages présentés afin de faire avancer le récit de manière significative avec plus « d’actions », avant d’arriver à la dernière partie du film, qui reste plutôt de l’ordre de l’hommage.

Et c’est d’ailleurs peut-être l’un des seuls points noir du film. Si l’on peut reprocher quelques transitions ou actions un peu simplistes dans le récit, on pourra aussi reprocher certaines scènes un peu trop nostalgiques. Ce n’est pas du bourrage de crane plein de références en tout genre cependant, avec du recule, on peut douter de la pertinence de certaines scènes par rapport à ce qu’avait déjà apporté le film jusqu’ici. Peut-être que l’on aurait pu explorer d’autres facettes ou endroits en concordance avec cet univers.

Seulement pour le reste…on ne peut que saluer le travail de Flanagan qui a su, à l’image peut-être d’un Denis Villeneuve avec Blade Runner 2049 ; faire une belle suite avec d’excellentes intentions, qui redore l’image de cet univers tout en explorant d’autres facettes.
Il ne s’agit pas du film de l’année mais d’un long métrage avec une identité propre qui mérite d’être découvert sans attente particulière et surtout, sans appréhension. Flanagan prouve de nouveau que l’on peut faire du très bon cinéma avec un matériel de base exceptionnel, sans pour autant le copier et ou gâcher. Et rien que pour ça, malgré ses défauts assez clairs, il mérite d’être visionné en masse.

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