[AVIS] Judy, l’oscar mérité !

Judy
Réalisé par Rupert Goold
Avec : Renée Zellweger, Jessie Buckley, Finn Wittrock
Date de Sortie : 26 Février 2020
Durée : 1h 58min

Synopsis :

Judy Garland, ancienne star du « Magicien d’Oz » décide de donner une série de concert à Londres afin d’éponger ses dettes. Malheureusement fragilisée par une vie consacrée à Hollywood, Judy souffre d’une carrière qui a ruiné sa vie.

Affiche du film Judy

3.5

Film produit par la nouvelle 20th Century Studios (anciennement Fox) et réalisé par Rupert Goold (True Story), Judy est un drame biographique qui se concentre sur les dernières heures de gloires de Judy Garland. La performance de Renée Zellweger est pour beaucoup dans le succès de ce film à la fois fort et poignant ; incarnant à la perfection cette star épuisée par la vie, lessivée par elle-même et son rôle perpétuel. 

Judy est un film qui comme beaucoup avant lui, traite de la déchéance, de la souffrance d’un artiste, d’une grande figure ; mais qui reste malheureusement parfois trop en surface.

Les enjeux sont placés dès les premières minutes et peu à peu, l’on découvre ce que l’on savait ou ce que l’on imaginait déjà sur la protagoniste. Le problème étant que la surprise générale de cette œuvre est qu’elle s’étire, sans aller plus loin dans ce qu’elle traite. La souffrance est visible, le public compatis mais peut-il la comprendre à l’issue de ce visionnage ? Le doute est permis.

Quelques scènes ou coups d’éclats ressortent et offrent de très beaux moments de cinéma au coté d’une femme que l’on apprend à apprécier difficilement, tant elle est devenue amer au fil du temps. Certains flashbacks nous aide à mieux comprendre, mieux apprécier sa personne ; seulement, ils se font rares. 

Image du film Judy

L’écriture du personnage et des dialogues de Judy rendent hommage à l’étoile scintillante qu’était l’actrice du Magicien d’Oz. On y retrouve une subtilité des paroles, des silences et des regards, sublimement interprétés par l’excellente Renée Zellweger. Sublime actrice, au combien rayonnante dans un rôle si profond, dure et sombre Quel talent incroyable pour faire ressentir un tel désarroi, un tel vide et une telle appétence pour la scène ; le seul lieu où elle ne joue plus qu’un seul rôle, son rôle. Une brillante interprétation pour un oscar bien mérité.

Quel personnage fascinant qui déambule d’hôtels en hôtels, de scènes en scènes, avec toujours cette douceur et cette gravité superbement captée par la caméra de Rupert Goold. La mise en scène est soignée, aussi étouffante que les plans rapprochés du réalisateur, et aussi bien pensé que le traitement de son personnage. L’ouverture du film est d’ailleurs  d’une somptuosité incroyable, témoignant du talent réel de Rupert Goold. Quelques uns de ces plans séquences souligneront d’ailleurs l’excellence de sa mise en scène, tant au niveau des décors et des costumes, qu’au niveau de sa direction des acteurs. Un cinéaste à suivre.

Seule fausse note technique de Judy, la musique. Un fait qui peut paraître assez paradoxal au vu du sujet principal de l’œuvre mais qui enlève toute la superbe qu’il aurait pu acquérir avec une BO moins convenue et plus émotionnelle. Retrouver le répertoire de la protagoniste suffit à quelques coups d’éclats filmiques ; trop peu pour rendre le film aussi grand que Judy Garland. La musique insipide suit un traitement de ce milieu si complexe dans ces années là, et si peu traité finalement, à l’image malheureusement de Judy.

Image du film Judy
Renée Zellweger est Judy Garland

La protagoniste ne se livre jamais totalement, tout comme le film, ce qui laisse un arrière goût d’inachevé et de « non dit ». Le réalisateur, au contraire de son actrice principale, reste en surface de ce qu’il veut montrer au spectateur. Dommage, surtout lorsque l’on réalise un film avec un sujet aussi profond, poignant et sensible. L’œuvre reste donc peu original et déjà vu, ce qui n’en fait pas pour le moins, un mauvais film, mais une belle œuvre qui ne restera pas dans les mémoires. Dommage que l’écriture du scénario soit aussi bancale dans le ton et dans la forme ; la profondeur étant au rendez-vous.

Malheureusement ce genre de projet semble se répéter d’année en année, avec Jacky ou encore Bohemian Rhapsody l’année d’avant ; Judy  semble suivre le même chemin des œuvres cinématographiques  mettant en lumière la performance, avant même le film.

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